Le chemin étroit (Mt 7.13-14)

16 07 2008

Matthieu 7.13-14

Dans ces deux versets, Jésus nous appelle à entrer dans son royaume et il n’y a qu’un seul chemin pour y arriver. C’est la conclusion de son sermon sur la montagne. Il a d’abord parlé du bonheur des citoyens du royaume (5.1-12) et de leur implication dans le monde (5.13-16), de la justice qui se manifeste dans son royaume (5.17-48), de la véritable religion qui caractérise son royaume (6.1-36), de la relation aux autres (7.1-6, 12) et à Dieu (7.7-11) qu’ont les citoyens du royaume. Et maintenant, il demande à ses auditeurs d’entrer dans le royaume (7.13-14). Entrer dans son royaume, c’est devenir son disciple, c’est accepter Jésus comme son Sauveur et comme son Seigneur. Pour entrer dans ce royaume, il n’y a qu’une porte, qu’un seul chemin.

I. Deux portes

Les deux portes sont deux entrées dans l’éternité. Il y a deux entrées, mais il n’y a qu’une unique voie de salut. Ce n’est pas la porte par laquelle il est le plus facile d’entrer qu’il faut choisir, ce n’est pas celle qui est assez large pour nous laisser passer sans que nous n’ayons rien à changer. Il faut choisir la porte qui nous abaisse, qui nous humilie, celle qui nous oblige à abandonner notre orgueil et notre estime de soi, celle qui nous demande de placer notre confiance en Christ et non en nous-mêmes, mais qui paradoxalement nous comble d’une joie indescriptible. Quelle porte avons-nous choisi ?

II. Deux chemins

Les deux chemins sont deux façons de vivre. Il y a deux façons de vivre, mais une seule peut nous rendre vraiment heureux. Soit nous vivons comme bon nous semble sous notre propre autorité, soit nous vivons par la grâce de Dieu sous l’autorité du Seigneur pour son bon plaisir. Le vrai bonheur ne consiste pas à se gouverner soi-même, mais à accomplir le but principal de la vie de l’homme : glorifier Dieu en faisant de lui sans cesse notre joie. Quel chemin avons-nous choisi ?

III. Deux destinations

Les deux destinations sont la présence de Dieu ou la séparation d’avec lui. Il y a deux destinations, mais une seule comble les aspirations de l’être humain. L’homme est fait pour se réjouir de Dieu et toutes les joies qu’il trouve dans cette vie lui proviennent directement ou indirectement de Dieu. Si l’homme est donc absolument séparé de Dieu, c’est aussi de toute joie, de tout plaisir, de toute douceur et de toute amitié qu’il se privera en même temps. Mais dans la présence de Dieu, l’homme recevra de lui toute bonne chose, et par-dessus tout la présence-même de Dieu. Quelle destination avons-nous choisi ?

IV. Deux groupes

Les deux groupes sont ceux qui deviennent les disciples du Christ et ceux qui le rejette. Il y a deux groupes, mais un seul est heureux. Beaucoup rejettent le Christ et refusent de le suivre, pour leur propre condamnation, et selon les désirs de notre nature humaine. Mais ceux dont la nature a été changée, dont la volonté a été transformé pour embrassé ce sauveur sont « heureux » parce que le royaume des cieux leur appartient. A quel groupe avons-nous choisi d’appartenir ?

D’après un sermon de Ligon Duncan.





Le Christianisme, c’est bien, mais… je suis déjà quelqu’un de bien ! (Lc 18.18-27)

15 07 2008

Le Christianisme, c’est bien, mais… je suis déjà quelqu’un de bien : pourquoi aurais-je besoin d’un sauveur ?

Le message du Christianisme peut se résumer en une toute petite phrase : « Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs ».

Imaginez la scène suivante : vous vous promenez dans Paris, sur les quais, le long de la Seine. Au moment de passer sous le Pont Neuf, un individu vous jette une bouée de sauvetage en vous criant : « Attrape la bouée de sauvetage pour être sauvé de la noyade ». Qu’est-ce que vous feriez dans ce cas là ? Moi, je me dirais que cette personne est complètement tarée : je ne risque pas de me noyer en ayant mes deux pieds sur la terre ferme, et je n’ai certainement pas besoin d’une bouée de sauvetage.

Maintenant, imaginez que quelqu’un vous pousse dans la Seine alors que vous ne savez pas très bien nager. Vous commencez à vous affoler, à vous débattre. Vous êtes emporté par le courant, vous buvez la tasse. Et là, au moment de passer sous le Pont Neuf, un individu vous jette une bouée de sauvetage en vous criant : « Attrape la bouée de sauvetage pour être sauvé de la noyade ». Qu’est-ce que vous feriez dans ce cas là ? Vous attraperiez la bouée de sauvetage, et une fois les pieds sur la terre ferme, vous remercieriez votre sauveur.

C’est un peu pareil avec le Christianisme. Si on se dit qu’on est déjà quelqu’un de bien, alors le fait que Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs ne semblera pas s’appliquer à nous. Mais si on sait qu’on n’est pas quelqu’un d’assez bon, alors le message du christianisme nous semblera tout d’un coup beaucoup plus pertinent.

Et ce que nous dit la Bible, c’est que même si on est déjà quelqu’un de bien, on a quand même besoin d’un Sauveur. Et j’aimerais vous le montrer à partir d’un épisode tiré de la vie de Jésus qu’on trouve dans l’Evangile de Jésus-Christ rapporté par Saint-Luc au chapitre 18, verset 18 à 27. C’est l’histoire de quelqu’un de bien sous tout rapport. Il n’a jamais trompé sa femme, il n’a tué personne, il n’a jamais rien volé, il n’a jamais menti contre son prochain pour lui faire du mal, il respecte ses parents, bref, c’est déjà quelqu’un de bien. Et pourtant, Jésus va lui montrer que même s’il est déjà quelqu’un de bien, il n’est pas assez bon et qu’il a quand même besoin d’un sauveur. Voici ce que nous dit la Parole de Dieu dans ce passage :

‘Un chef interrogea Jésus et dit : « Bon maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? ». Jésus lui répondit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne commettras pas de meurtre ; tu ne commettras pas de vol; tu ne porteras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère ». « J’ai respecté tous ces commandements dès ma jeunesse », dit-il. Après avoir entendu cela, Jésus lui dit : « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi ». Lorsqu’il entendit ces paroles, l’homme devint tout triste, car il était très riche. Voyant qu’il était devenu tout triste, Jésus dit : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! En effet, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Ceux qui l’écoutaient dirent : «Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondit : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ».’

J’aimerais vous montrer trois choses dans ce texte. Premièrement, ce dont les gens bien ne veulent pas : un sauveur. Deuxièmement, ce dont les gens bien ont quand même besoin : un sauveur. Et troisièmement, ce que Dieu donne même aux gens bien : un sauveur. Lire la suite »





Etude de cas d’une mission (Luc 10.1-24)

4 06 2008

Luc 10.1-24

J’ai choisi ce passage pour deux raisons.

La première raison, c’est qu’il se situe à un tournant de l’Évangile de Luc. Dans toute la première partie – dans les 9 premiers chapitres – Luc s’est posé la question : “Qui est Jésus ?”. Et la réponse qu’il donne à cette question en décrivant sa vie, son enseignement et ses miracles, c’est que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, le Roi envoyé par Dieu.

Mais à partir de la fin du chapitre 9, Luc se pose une nouvelle question : “puisque Jésus est le Roi envoyé par Dieu, comment devons-nous vivre ?” Et donc, ce texte va nous dire quelque chose de la manière dont nous devons conduire notre vie si nous croyons que Jésus est ce Roi envoyé par Dieu.

La deuxième raison, c’est qu’on m’a demandé de parler sur le thème de la mission. Alors, je ne sais pas si vous avez déjà fait du latin, ni si vous avez aimé ça, mais vous savez peut-être que le mot mission nous vient du latin missio qui signifie “j’envoie”. Et regardez ce que dit Jésus au v.1 : “Après cela, le Seigneur désigna encore 70 autres disciples et les envoya devant lui deux par deux dans toutes les villes et dans tous les endroits où lui-même devait aller”. Jésus envoie ses disciples.

Autrement dit, il leur demande de partir en mission. Il les envoie en mission. Et donc, l’idée principale de ce texte que je vais partager avec vous pendant les 20 prochaines minutes, c’est que, puisque Jésus est le Roi envoyé par Dieu, ça fait de nous des personnes envoyés en mission.

En lisant ce texte, vous vous êtes peut-être dit : « ce texte parle de ces 70 et pas de nous ». Si vous vous êtes fait cette remarque vous avez raison, mais ça ne veut pas dire qu‘on ne peut pas en retirer quelques enseignements. Les instructions que Jésus donne ici au 70 sont des instructions uniques qu’il donne dans un contexte spécial : Jésus va venir physiquement visiter différentes villes et différents endroits du pays, et pour préparer le terrain, il envoie les 70. Dans ce sens, la mission des 70 est unique et on ne peut pas la répéter. D’ailleurs, nous n’avons pas à mettre en pratique les diverses instructions que Jésus donne ici, parce que plus tard, au chapitre 22, Jésus va changer ses instructions. Donc, on ne va pas pouvoir nous appliquer directement ce texte en concluant qu’il faut littéralement partir en mission avec une seule paire de chaussures…

Cependant, les principes qu’il y a derrière ces instructions pratiques peuvent nous être utiles et s’appliquent à nous. Les principes restent les mêmes, même lorsque leurs applications changent. Il s’agit d’étudier le cas de cette mission unique, particulière et dont les instructions pratiques ne s’appliquaient qu’à eux pour en retirer des principes généraux qui s’appliquent aussi à nous.

Et donc, nous pouvons voir dans ce texte que puisque Jésus est le Roi envoyé par Dieu, ça fait de nous des personnes envoyés en mission.

Et nous verrons principalement trois choses : les caractéristiques de la mission, le contenu de la mission et la dynamique de la mission. Lire la suite »





Un père qui sacrifie son fils unique (Gen 22)

19 05 2008

Genèse 22

Remarquez comment le narrateur introduit ce récit (v.1) : « après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve ». Nous trouvons donc dans ce passage LA mise à l’épreuve d’Abraham, c’est-à-dire, la plus grande épreuve qu’il ait jamais connue. Ce n’est pas que la vie d’Abraham ait été facile. Au contraire même. Imaginez-vous à la place de ce vieil homme. Sa vie a déjà été marquée par des grandes crises dans lesquelles il a dû abandonner ce qui lui était cher. Rappelez-vous : il a dû quitter son pays et sa famille. Il a aussi dû se séparer de son neveu Lot. Un peu plus tard, il a dû abandonner les plans qu’il avait pour Ismaël, le fils qu’il avait eu avec une servante. Mais le plus dur restait à venir. Car voici que Dieu appelle Abraham. « ‘Abraham !’. Celui-ci répondit : ‘Me voici !’. Dieu dit : ‘Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t’en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai’ ».

Dieu demande à Abraham l’impossible : il lui demande de lui sacrifier son propre fils, son fils unique, qu’Abraham aime terriblement ! C’est sûr, Abraham ne comprend pas ce qui lui arrive. Il y a au moins trois bonnes raisons de ne pas écouter ce que Dieu lui demande de faire.

D’abord, c’est complètement illogique ce que Dieu demande, parce que ce qu’il demande est contraire aux promesses que Dieu lui a faite avant. Dieu a promis à Abraham de faire de lui une grande nation et que par sa descendance toutes les nations seront bénies en son nom. Et en plus, Dieu a promis que c’est par Isaac qu’une descendance sera assurée à Abraham. Et donc, si Dieu à Abraham de lui sacrifier Isaac, ça veut dire qu’il revient sur ses promesses, ça veut dire que Dieu est en train de se renier lui-même.

Ensuite, c’est contre la Loi de Dieu de verser le sang de quelqu’un d’innocent. Abraham connaissait certainement ce que Dieu avait dit lors de l’établissement de l’alliance avec Noé : « Si quelqu’un verse le sang de l’homme, son sang sera versé par l’homme, car Dieu a fait l’homme à son image » (Gn 9.6). C’est mal de commettre un meurtre. A combien plus forte raison est-ce monstrueux d’être l’assassin de son propre fils !

Et c’est ça le pire : Dieu demande à Abraham de lui sacrifier ce qu’il a de plus cher, son fils unique, celui qu’il aime le plus au monde. Voici l’épreuve insupportable que Dieu impose à Abraham : Qui Abraham va-t-il mettre à la première place de sa vie ? Son fils Isaac, ou le Seigneur son Dieu ? Est-ce que Dieu est vraiment son Dieu, ou est-ce qu’Abraham a fait de son fils Isaac une idole qu’il place au-dessus de tout y compris de Dieu ?

C’est à ces questions que la suite du récit répond en nous montrant la foi extraordinaire d’Abraham. Abraham va surmonter cette épreuve insurmontable. Sa foi va résister et en ressortir encore plus forte. Mais face à une telle foi, les lecteurs que nous sommes sont en même temps confrontés à leurs propres manquements ? Car, nous le savons bien : à la place d’Abraham, nous aurions évidemment échoué.

Mais avant de nous intéresser à la manière dont ce texte s’applique à nous, je vous invite à observer trois choses que nous montre ce texte : (I) l’obéissance d’Abraham, (II) la confirmation de l’alliance et (III) la providence de Dieu. Lire la suite »





Le règne victorieux du Christ (Ps 2)

10 05 2008

Psaume 2

Saviez-vous que le grand réformateur Martin Luther avait l’habitude d’appeler le livre des psaumes sa « petite Bible » ? Il voulait dire par là que les psaumes donnait comme un aperçu, un concentré même du message de la Bible. Et c’est d’ailleurs pour ça que nous commençons ce soir à Interfac une série de 4 études dans le livre des Psaumes. Le but de cette série est assez claire : voir ensemble que Jésus-Christ est le personnage principal du livre des psaumes comme il l’est aussi du reste de toute la Parole de Dieu. Il faut en effet bien comprendre que tous les livres de la Bible, y compris ceux de l’Ancien Testament, nous ont été donnés pour que nous dirigions nos regards vers Jésus-Christ. Et c’est particulièrement vrai des psaumes. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les interprétations que les auteurs du Nouveau Testament donnent de différents psaumes, par exemple du psaume 2, du psaume 8, du psaume 22 ou encore du psaume 110 – c’est-à-dire les 4 psaumes que nous étudions dans cette série. A chaque fois, les auteurs du Nouveau Testament utilisent ces différents passages pour les appliquer directement ou indirectement à la personne et à l’œuvre de Jésus-Christ. Et en réalité, ce que les apôtres font de ces psaumes et de l’Ancien Testament en général, ils ne l’ont pas inventé tout seul. C’est du Seigneur Jésus-Christ lui-même qu’ils ont appris à interpréter de cette manière l’Ancien Testament et les psaumes en particulier.

Luc, dans le chapitre 24 de son Évangile, nous rapporte que le jour-même de sa résurrection, dans la soirée, le Seigneur Jésus-Christ se présenta à ces disciples, qui furent saisis de frayeur et d’épouvante car ils croyaient voir un esprit. Après les avoir rassurés en leur montrant qu’il était bel et bien corporellement ressuscité, Jésus leur dit : « C’est ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous : il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes ». Et afin qu’ils puissent saisir comment toute la Bible parlaient de Jésus, « il leur ouvrit l’intelligence afin qu’ils comprennent les Écritures ». A partir de ce moment là, les disciples furent capable de voir dans les Psaumes, et dans tous l’Ancien Testament en général, le évangile de Jésus-Christ qu’ils allaient bientôt devoir proclamer jusqu’aux extrémités de la terre. Puis il leur dit : « Ainsi, il était écrit – et il fallait que cela arrive – que le Messie souffrirait et qu’il ressusciterait le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem ».

Ce qu’on voit dans le livre des Actes des Apôtres et dans tout le Nouveau Testament, c’est que ce discours du Christ ressuscité a profondément marqué ses disciples et influencé leurs prédications et leurs écrits. Tout l’Ancien Testament, et les psaumes en particulier, nous parlent de Jésus-Christ.

Les psaumes, et l’Ancien Testament en général, font référence à Jésus-Christ de deux manière différentes, c’est-à-dire parfois de façon directe, et parfois de façon indirecte.

Les références directes à Jésus-Christ sont les textes qui se réfèrent directement et principalement à Jésus-Christ. En général, on appelle ces textes des prophéties. Par exemple, l’annonce par le prophète Esaïe de la naissance d’un enfant sur qui « reposera la souveraineté [et qu’]on appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de paix » fait directement référence à la naissance de Jésus-Christ. J’espère que les autres prédicateurs seront d’accord avec moi, mais je pense que les psaumes 2, 22 et 110 rentrent dans cette catégorie.

Mais il existe un autre type de référence à Jésus-Christ qui est du domaine de la préfiguration. C’est le genre de texte qui nous dirigent vers Jésus-Christ alors que ce n’est pas l’objectif principal du texte de nous parler de lui. Par exemple, l’histoire de Jonas nous parle d’abord d’un prophète qui dans le cadre de sa mission est avalé par un poisson et qui est rejeté sur une plage le troisième jour. Mais cette histoire préfigurait aussi, dans un deuxième temps, celui qui est plus grand que Jonas et qui, pour accomplir sa mission, doit mourir puis ressusciter le troisième jour. Le psaume 8 rentre, je crois, dans cette catégorie, celle de la préfiguration.
Mais revenons au psaume 2 qui fait référence directement à la personne de Jésus-Christ. Ce psaume nous parle en effet de Dieu et de son Christ. Le Saint-Esprit – par l’intermédiaire des Apôtres Pierre et Jean en Actes 4 et par celui de l’Apôtre Paul en Actes 13 – n’a pas laissé l’Église dans l’incertitude en ce qui concerne la personne à qui s’applique ce texte. L’idée principale de ce texte, c’est que le royaume de Christ est établi par Dieu et qu’il faut par conséquent se soumettre à lui. Ce texte est composé de quatre scènes chacune composée de 3 versets : (I) La rébellion des nations contre le règne du Christ, (II) La réaction de Dieu le Père à la rébellion des nations, (III) La proclamation par Dieu le Fils de son propre règne, et (IV) Le conseil qui est donné aux rois de se soumettre au roi établi par Dieu le Père. Lire la suite »





Lorsqu’un croyant souffre… (Job 19)

5 05 2008

Job 19

C’est l’histoire d’un homme aveugle de naissance. Sa vie a été assez compliquée, même si sa famille l’a bien soutenu. En partie à cause de son handicap, il n’a pas pu trouver de travail. Et du coup, il passe ses journées là dans la rue à faire la manche, en espérant que des personnes généreuses lui donneront un peu de ce qu’ils ont en trop. C’est quelque chose d’humiliant d’être là, et cet homme en souffre. Mais il ne peut pas faire autrement. Il n’a pas de diplôme et il est aveugle. Alors qui voudrait lui donner du travail ? Mais le plus dur, ce n’est pas d’être au chômage ; le plus dur, c’est plutôt d’entendre ce que les gens pensent de lui – surtout les religieux. La semaine dernière par exemple, il a entendu des parents dire à leur enfant : « si tu ne veux pas devenir aveugle comme cet homme sur le trottoir, il faut que tu sois bien sage, sinon Dieu te punira comme lui ». Ca, c’est le plus dur.

Et voici que s’approchent plusieurs hommes. A ce qu’il peut entendre, notre aveugle se rend compte que c’est encore des hommes religieux qui passent devant lui. Il espère qui lui donneront une petite pièce et qu’ils lui épargneront leur remarque désobligeante. Mais il entend parmi ces hommes une de ces questions qui le glace : « Maître, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Et voilà, ça recommence. Encore un cours de morale sur qui a péché. Mais cette fois ci, la réponse va le surprendre. Nous la trouvons dans l’Evangile de Jean au chapitre 9. Et voici ce que répond Jésus à ces disciples : « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péchés, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient révélées en lui ». Et la suite du récit nous montre comment Jésus a guérit cet aveugle de naissance.

L’attitude des disciples de Jésus dans cette histoire est vraiment similaire à celle des « consolateurs pénibles » que sont les amis de Job. Pour eux c’est vite vu : la raison pour laquelle Job a perdu ses biens, ses enfants et sa santé est très simple. Dieu est saint, par conséquent il doit punir tous les péchés. Puisque Job souffre, c’est qu’il est puni par Dieu. Puisqu’il est puni par Dieu, c’est parce qu’il l’a bien mérité. Job a du commettre un péché terrible pour que la colère de Dieu se manifeste ainsi contre lui.

Mais Job sait qu’il n’a pas commis de péché qui lui mérite tout ça. Il ne sait pas pourquoi Dieu le soumet à une telle épreuve. Mais dans cette épreuve, Job se révèle être un vrai croyant. Car même s’il se lamente sur son triste sort, il ne maudit pas Dieu, il ne cesse pas de croire en lui, mais il continue à l’implorer, à s’adresser à lui en lui posant encore et toujours cette question : « pourquoi ? ». Mais même s’il garde la foi, il a le sentiment d’être abandonné par Dieu, et c’est ce que nous voyons dans ce texte, où Job est amené à se poser cette question que les croyants se posent tous lorsque leur souffrance durent : « Dieu est-il avec moi ou contre moi ?» Dieu est-il avec moi ou contre moi ?

C’est à cette question que Job réfléchit dans ce chapitre, et c’est à cette question que nous réfléchirons avec Job maintenant, et nous pouvons retirer de ce texte principalement trois enseignements sur la souffrance des croyants: (I) lorsqu’un croyant souffre, ce n’est pas toujours à cause d’une faute qu’il a commise ; (II) lorsqu’un croyant souffre, il se sent abandonné par Dieu ; et (III) lorsqu’un croyant souffre, il a encore une espérance. Lire la suite »





Dieu est-il coupable de tout ce qui ne va pas dans le monde ?

17 04 2008

En quelques mots, j’aimerais souligner juste un ou deux points. La première chose, c’est que la vision biblique du monde connaît une tension à propos du problème du mal, car la Bible affirme à la fois la toute-puissance de Dieu, l’existence du mal et la justice. Mais voilà, si Dieu est tout-puissant, et si le mal existe, est-ce que ça n’implique pas que Dieu est injuste, qu’il est coupable de ce qui ne va pas dans le monde ? La Bible répond non à cette question. Alors de deux choses l’une : ou bien la Bible se trompe, et vous pouvez très bien arriver à cette conclusion, ou alors la tension que maintient la vision biblique concernant le problème du mal est une tension qui rend bien compte de la complexité du monde dans lequel nous vivons. La Bible vit avec cette tension et l’assume. Par exemple, on en trouve dans le livre du prophète Habakuk qui se plaint ainsi à Dieu de ce qui ne va pas dans le monde : « Jusqu’à quand, Eternel, vais-je crier à toi ? Tu n’écoutes pas. J’ai crié vers toi pour dénoncer la violence, mais tu ne secours pas ! Pourquoi me fais-tu voir le mal et contemples-tu l’injustice ? Pourquoi l’oppression et la violence sont-elles devant moi ? Il y a des procès et des conflits partout. Aussi, la loi est sans vie, le droit est sans force, car le méchant triomphe du juste et l’on rend des jugements corrompus » (Hab 1.2-4).

La Bible ne prétend pas répondre à la question de l’origine du mal. Elle dit au contraire qu’il faut vivre par la foi, sans savoir pourquoi Dieu permet que le monde soit comme il est, mais en sachant cependant que Dieu n’est pas le coupable de tout ce qui ne va pas dans le monde, et qu’au contraire l’homme a une grande responsabilité dans tout cela.

Car lorsqu’on pose la question : « Dieu n’est-il pas coupable de tout ce qui ne va pas dans le monde ? », on est en fait en train de se trouver une excuse, pour dire que finalement, si Dieu existe, ce n’est pas de la faute des hommes, tout ce qui ne va pas, mais c’est la faute de Dieu. Autrement dit, nous cherchons à nous débarrasser de notre responsabilité.

La Bible va cependant à l’encontre de cette réaction que nous pouvons naturellement avoir. Elle énonce que l’homme est doublement coupable de ce qui ne va pas dans le monde. Premièrement, parce que chacun de nous, individuellement, nous sommes des personnes fondamentalement égocentriques qui ne cherchons que notre intérêt et qui semons par conséquent la zizanie. Et deuxièmement, par cet égocentrisme nous attirons sur notre monde le jugement de Dieu. Et donc nous sommes d’une certaine façon responsables même du mal qui ne provient pas directement du cœur mauvais de l’homme (par exemple les tsunamis ou les épidémies) car un des jugements de Dieu sur l’humanité rebelle, c’est le dérèglement de la création. Et puisque nous sommes doublement coupables, il nous faut trouver un sauveur qui prendra sur lui notre culpabilité.

Intervention prononcée dans le cadre des Dialogues Veritas des universités de la Rive Gauche, à Paris, le 4 avril.





Pourquoi Dieu aurait-il créé des hommes imparfaits ?

16 04 2008

Pour répondre brièvement à cette question, je vais distinguer quatre états distincts par lesquelles ont peut caractériser l’histoire de l’humanité, si l’on s’en tient à la Bible.

Le premier état de la nature humaine était celle de l’intégrité initiale : dans ses premières pages, la Bible raconte l’histoire de la création du monde et du premier homme, Adam, que Dieu a fait « très bon », c’est-à-dire capable de se soumettre volontairement à Dieu dans une relation harmonieuse avec lui. Cependant, Adam a été créé soumis à Dieu, mais il avait en lui-même la capacité de se rebeller. Autrement dit, il était initialement intègre, capable d’obéir à Dieu, mais également potentiellement capable de se rebeller.

Et ce que nous voyons dans l’histoire humaine et dans notre propre vie, c’est que cette potentialité de rébellion s’est réalisée. La nature humaine est depuis dans son second état, celui de l’entière corruption. Depuis la rébellion d’Adam qui a décidé d’être son propre maître, tous les hommes se rebellent contre Dieu pour ne pas avoir de compte à lui rendre – et je tiens à souligner que c’est vrai y compris des hommes religieux, car ils cherchent par leur religion à contrôler Dieu. Mais en se rebellant ainsi, l’homme s’est privé de sa capacité à se soumettre à Dieu si bien qu’il est incapable désormais d’aimer Dieu ou son prochain. Dieu n’a pas créé l’homme ainsi, imparfait. C’est ce qu’il est devenu après s’être rebellé. Et c’est ce que nous sommes tous, des rebelles, depuis la rébellion d’Adam.

En tant que rebelles à notre créateur, tout ce que nous méritons, c’est sa colère, car nous avons commis envers lui un crime de lèse majesté, un acte de haute trahison. Mais en Jésus, Dieu est devenu homme, un homme parfait qui a fait ce que des hommes devenus imparfaits étaient incapables de faire, vivant la vie pour laquelle nous avons été créé et que nous n’avons jamais vécu, souffrant la mort que nous mérite notre rébellion, et revenant à la vie pour nous rendre à la vie avec lui. C’est le troisième état de la nature humaine : la restauration en-cours. Dans le deuxième état d’entière corruption nous n’étions capables que de nous rebeller contre Dieu. Mais si nous mettons notre foi dans le Christ ressuscité, alors il commence petit à petit à nous transformer, de sorte que ce n’est plus constamment que nous nous rebellons contre lui, mais que de plus en plus nous sommes capables de nous soumettre à Dieu en faisant de lui notre joie.

Et ce que les personnes qui font confiance à Jésus savent, c’est que cette lutte entre les principes de rébellion et celui de soumission à Dieu que le chrétien trouve dans sa propre vie prendra un jour fin, à savoir lorsque notre nature humaine entrera dans son quatrième état, celui du bonheur parfait, de la perfection. Nous ne serons alors plus capables de nous rebeller à Dieu car nous serons alors parfaitement transformés à l’image de Jésus comme des personnes qui trouvent en Dieu leur bonheur éternel.

Intervention prononcée dans le cadre des Dialogues Veritas des universités de la Rive Gauche, à Paris, le 3 avril, au 21 rue Serpente.





Peut-on démontrer Dieu par la raison ? (Rom 1.18-21)

13 04 2008

« J’aimerais bien croire en Dieu, mais je ne le peux pas : il n’y a pas assez de preuve de son existence ! », c’est ce que m’a dit une fois l’une de mes meilleures amies. Son verdict est assez ferme : Dieu ne s’est pas montré assez convaincant. S’il existait, certainement, il nous donnerait de meilleures de son existence. Voilà en quelque sorte l’excuse invoquée par beaucoup pour ne pas croire en Dieu. Dieu ne serait pas assez crédible.

Alors, peut-on démontrer Dieu par la raison ? En réalité, cette question est un peu trop vague, car même si on arrivait à démontrer par la raison l’existence d’un principe divin, ça ne nous aiderait pas à savoir en quel Dieu il faut croire. Donc la question qui m’intéresse, c’est de savoir si le Dieu de la Bible se démontre par la raison, et la question qui va avec, c’est de savoir si on peut vraiment invoquer honnêtement le manque de preuves pour rejeter l’existence du Dieu que nous révèle Jésus-Christ. Et pour répondre à cette question, je ne vais pas utiliser la philosophie, mais la Bible. Peut-on démontrer l’existence du Dieu de la Bible par la raison et peut-on encore invoquer un quelconque manque de preuve pour ne pas croire en lui ?

Voici un extrait de la Bible qui va nous aider à y répondre : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et injustice des hommes qui par leur injustice tiennent la vérité prisonnière, car ce qu’on peut connaître de Dieu est évident pour eux, puisque Dieu le leur a fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde, elles se comprennent par ce qu’il a fait. Ils sont donc inexcusables, puisque tout en connaissant Dieu, ils ne lui ont pas donné la gloire qu’il méritait en tant que Dieu et ne lui ont pas montré de reconnaissance ; au contraire, ils se sont égarés dans leurs raisonnements et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres » (Rom 1.18-21). Dans ce texte qui décrit la relation entre l’homme et Dieu, il y a trois éléments de réponses à notre question. Lire la suite »





Qui ira au paradis ? (Lc 18.9-14 ; 23.39-43)

10 04 2008

Luc 18.9-14 ; 23.39-43

C’est l’histoire de quatre hommes. Les trois premiers hommes sont sur trois croix. Condamnés à mort par la justice de leur pays, ils viennent d’être crucifiés et attendent dans une agonie lente et douloureuse la mort qui viendra bientôt les prendre. Le quatrième homme, quant à lui, est au pied des trois croix et observe attentivement le triste spectacle de cette triple crucifixion. Et la question que nous posons à ces quatre homme est la suivante : qui ira au paradis ?

Présentation des protagonistes

L’homme au pied des trois croix est un religieux de son temps qui répond à cette question de la même manière que tous les hommes religieux ou moralistes de tous les temps.

Le premier homme crucifié est un brigand qui ne croit ni en Dieu, ni au diable, ni au ciel, ni à l’enfer, ni au bien, ni au mal : cet homme ambitieux a été condamné à la crucifixion parce qu’il a tenté de soulever la population contre le pouvoir en place. C’est un homme moqueur qui apporte à notre question la réponse des hommes irréligieux ou cyniques.

Le deuxième homme crucifié, quand à lui, est aussi un brigand ; il mérite tout à fait d’être là où il est : c’est un dangereux tueur en série, et la loi de son temps pour les meurtriers de ce type, c’était la crucifixion. Et là, sur sa croix, il découvre une troisième réponse possible à notre question. Cette approche ne correspond ni à l’approche moraliste ou religieuse, ni à l’approche cynique ou irréligieuse, mais elle correspond à l’approche de l’Évangile, c’est-à-dire de la bonne nouvelle d’un paradis qui est accessible à ceux qui ne sont pas capables de le mériter mais qui l’obtienne par les mérites d’un autre, à savoir Jésus-Christ, qui est le dernier de nos trois hommes crucifiés.

Ce que je veux faire pendant les 10 minutes qu’il me reste, c’est passer en revue ces trois approches. Lire la suite »








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