Dieu est-il coupable de tout ce qui ne va pas dans le monde ?

17 04 2008

En quelques mots, j’aimerais souligner juste un ou deux points. La première chose, c’est que la vision biblique du monde connaît une tension à propos du problème du mal, car la Bible affirme à la fois la toute-puissance de Dieu, l’existence du mal et la justice. Mais voilà, si Dieu est tout-puissant, et si le mal existe, est-ce que ça n’implique pas que Dieu est injuste, qu’il est coupable de ce qui ne va pas dans le monde ? La Bible répond non à cette question. Alors de deux choses l’une : ou bien la Bible se trompe, et vous pouvez très bien arriver à cette conclusion, ou alors la tension que maintient la vision biblique concernant le problème du mal est une tension qui rend bien compte de la complexité du monde dans lequel nous vivons. La Bible vit avec cette tension et l’assume. Par exemple, on en trouve dans le livre du prophète Habakuk qui se plaint ainsi à Dieu de ce qui ne va pas dans le monde : « Jusqu’à quand, Eternel, vais-je crier à toi ? Tu n’écoutes pas. J’ai crié vers toi pour dénoncer la violence, mais tu ne secours pas ! Pourquoi me fais-tu voir le mal et contemples-tu l’injustice ? Pourquoi l’oppression et la violence sont-elles devant moi ? Il y a des procès et des conflits partout. Aussi, la loi est sans vie, le droit est sans force, car le méchant triomphe du juste et l’on rend des jugements corrompus » (Hab 1.2-4).

La Bible ne prétend pas répondre à la question de l’origine du mal. Elle dit au contraire qu’il faut vivre par la foi, sans savoir pourquoi Dieu permet que le monde soit comme il est, mais en sachant cependant que Dieu n’est pas le coupable de tout ce qui ne va pas dans le monde, et qu’au contraire l’homme a une grande responsabilité dans tout cela.

Car lorsqu’on pose la question : « Dieu n’est-il pas coupable de tout ce qui ne va pas dans le monde ? », on est en fait en train de se trouver une excuse, pour dire que finalement, si Dieu existe, ce n’est pas de la faute des hommes, tout ce qui ne va pas, mais c’est la faute de Dieu. Autrement dit, nous cherchons à nous débarrasser de notre responsabilité.

La Bible va cependant à l’encontre de cette réaction que nous pouvons naturellement avoir. Elle énonce que l’homme est doublement coupable de ce qui ne va pas dans le monde. Premièrement, parce que chacun de nous, individuellement, nous sommes des personnes fondamentalement égocentriques qui ne cherchons que notre intérêt et qui semons par conséquent la zizanie. Et deuxièmement, par cet égocentrisme nous attirons sur notre monde le jugement de Dieu. Et donc nous sommes d’une certaine façon responsables même du mal qui ne provient pas directement du cœur mauvais de l’homme (par exemple les tsunamis ou les épidémies) car un des jugements de Dieu sur l’humanité rebelle, c’est le dérèglement de la création. Et puisque nous sommes doublement coupables, il nous faut trouver un sauveur qui prendra sur lui notre culpabilité.

Intervention prononcée dans le cadre des Dialogues Veritas des universités de la Rive Gauche, à Paris, le 4 avril.





Pourquoi Dieu aurait-il créé des hommes imparfaits ?

16 04 2008

Pour répondre brièvement à cette question, je vais distinguer quatre états distincts par lesquelles ont peut caractériser l’histoire de l’humanité, si l’on s’en tient à la Bible.

Le premier état de la nature humaine était celle de l’intégrité initiale : dans ses premières pages, la Bible raconte l’histoire de la création du monde et du premier homme, Adam, que Dieu a fait « très bon », c’est-à-dire capable de se soumettre volontairement à Dieu dans une relation harmonieuse avec lui. Cependant, Adam a été créé soumis à Dieu, mais il avait en lui-même la capacité de se rebeller. Autrement dit, il était initialement intègre, capable d’obéir à Dieu, mais également potentiellement capable de se rebeller.

Et ce que nous voyons dans l’histoire humaine et dans notre propre vie, c’est que cette potentialité de rébellion s’est réalisée. La nature humaine est depuis dans son second état, celui de l’entière corruption. Depuis la rébellion d’Adam qui a décidé d’être son propre maître, tous les hommes se rebellent contre Dieu pour ne pas avoir de compte à lui rendre – et je tiens à souligner que c’est vrai y compris des hommes religieux, car ils cherchent par leur religion à contrôler Dieu. Mais en se rebellant ainsi, l’homme s’est privé de sa capacité à se soumettre à Dieu si bien qu’il est incapable désormais d’aimer Dieu ou son prochain. Dieu n’a pas créé l’homme ainsi, imparfait. C’est ce qu’il est devenu après s’être rebellé. Et c’est ce que nous sommes tous, des rebelles, depuis la rébellion d’Adam.

En tant que rebelles à notre créateur, tout ce que nous méritons, c’est sa colère, car nous avons commis envers lui un crime de lèse majesté, un acte de haute trahison. Mais en Jésus, Dieu est devenu homme, un homme parfait qui a fait ce que des hommes devenus imparfaits étaient incapables de faire, vivant la vie pour laquelle nous avons été créé et que nous n’avons jamais vécu, souffrant la mort que nous mérite notre rébellion, et revenant à la vie pour nous rendre à la vie avec lui. C’est le troisième état de la nature humaine : la restauration en-cours. Dans le deuxième état d’entière corruption nous n’étions capables que de nous rebeller contre Dieu. Mais si nous mettons notre foi dans le Christ ressuscité, alors il commence petit à petit à nous transformer, de sorte que ce n’est plus constamment que nous nous rebellons contre lui, mais que de plus en plus nous sommes capables de nous soumettre à Dieu en faisant de lui notre joie.

Et ce que les personnes qui font confiance à Jésus savent, c’est que cette lutte entre les principes de rébellion et celui de soumission à Dieu que le chrétien trouve dans sa propre vie prendra un jour fin, à savoir lorsque notre nature humaine entrera dans son quatrième état, celui du bonheur parfait, de la perfection. Nous ne serons alors plus capables de nous rebeller à Dieu car nous serons alors parfaitement transformés à l’image de Jésus comme des personnes qui trouvent en Dieu leur bonheur éternel.

Intervention prononcée dans le cadre des Dialogues Veritas des universités de la Rive Gauche, à Paris, le 3 avril, au 21 rue Serpente.





Peut-on démontrer Dieu par la raison ? (Rom 1.18-21)

13 04 2008

« J’aimerais bien croire en Dieu, mais je ne le peux pas : il n’y a pas assez de preuve de son existence ! », c’est ce que m’a dit une fois l’une de mes meilleures amies. Son verdict est assez ferme : Dieu ne s’est pas montré assez convaincant. S’il existait, certainement, il nous donnerait de meilleures de son existence. Voilà en quelque sorte l’excuse invoquée par beaucoup pour ne pas croire en Dieu. Dieu ne serait pas assez crédible.

Alors, peut-on démontrer Dieu par la raison ? En réalité, cette question est un peu trop vague, car même si on arrivait à démontrer par la raison l’existence d’un principe divin, ça ne nous aiderait pas à savoir en quel Dieu il faut croire. Donc la question qui m’intéresse, c’est de savoir si le Dieu de la Bible se démontre par la raison, et la question qui va avec, c’est de savoir si on peut vraiment invoquer honnêtement le manque de preuves pour rejeter l’existence du Dieu que nous révèle Jésus-Christ. Et pour répondre à cette question, je ne vais pas utiliser la philosophie, mais la Bible. Peut-on démontrer l’existence du Dieu de la Bible par la raison et peut-on encore invoquer un quelconque manque de preuve pour ne pas croire en lui ?

Voici un extrait de la Bible qui va nous aider à y répondre : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et injustice des hommes qui par leur injustice tiennent la vérité prisonnière, car ce qu’on peut connaître de Dieu est évident pour eux, puisque Dieu le leur a fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde, elles se comprennent par ce qu’il a fait. Ils sont donc inexcusables, puisque tout en connaissant Dieu, ils ne lui ont pas donné la gloire qu’il méritait en tant que Dieu et ne lui ont pas montré de reconnaissance ; au contraire, ils se sont égarés dans leurs raisonnements et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres » (Rom 1.18-21). Dans ce texte qui décrit la relation entre l’homme et Dieu, il y a trois éléments de réponses à notre question. Lire la suite »





Qui ira au paradis ? (Lc 18.9-14 ; 23.39-43)

10 04 2008

Luc 18.9-14 ; 23.39-43

C’est l’histoire de quatre hommes. Les trois premiers hommes sont sur trois croix. Condamnés à mort par la justice de leur pays, ils viennent d’être crucifiés et attendent dans une agonie lente et douloureuse la mort qui viendra bientôt les prendre. Le quatrième homme, quant à lui, est au pied des trois croix et observe attentivement le triste spectacle de cette triple crucifixion. Et la question que nous posons à ces quatre homme est la suivante : qui ira au paradis ?

Présentation des protagonistes

L’homme au pied des trois croix est un religieux de son temps qui répond à cette question de la même manière que tous les hommes religieux ou moralistes de tous les temps.

Le premier homme crucifié est un brigand qui ne croit ni en Dieu, ni au diable, ni au ciel, ni à l’enfer, ni au bien, ni au mal : cet homme ambitieux a été condamné à la crucifixion parce qu’il a tenté de soulever la population contre le pouvoir en place. C’est un homme moqueur qui apporte à notre question la réponse des hommes irréligieux ou cyniques.

Le deuxième homme crucifié, quand à lui, est aussi un brigand ; il mérite tout à fait d’être là où il est : c’est un dangereux tueur en série, et la loi de son temps pour les meurtriers de ce type, c’était la crucifixion. Et là, sur sa croix, il découvre une troisième réponse possible à notre question. Cette approche ne correspond ni à l’approche moraliste ou religieuse, ni à l’approche cynique ou irréligieuse, mais elle correspond à l’approche de l’Évangile, c’est-à-dire de la bonne nouvelle d’un paradis qui est accessible à ceux qui ne sont pas capables de le mériter mais qui l’obtienne par les mérites d’un autre, à savoir Jésus-Christ, qui est le dernier de nos trois hommes crucifiés.

Ce que je veux faire pendant les 10 minutes qu’il me reste, c’est passer en revue ces trois approches. Lire la suite »





Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie ?

9 04 2008

Les paroles du prophète Jérémie, au chapitre 18 nous donne une image de la raison pour laquelle Dieu se mêle de notre vie. « Voici la parole adressée à Jérémie par l’Eternel: ‘Lève-toi et descends à la maison du potier. Là, je te ferai entendre mes paroles.’ Je suis descendu à la maison du potier et j’ai vu qu’il façonnait un objet sur un tour, mais le vase d’argile qu’il façonnait ne donnait rien dans sa main. Alors, il a recommencé un autre vase en le faisant comme il lui plaisait. Et voici la parole de l’Eternel qui m’a été adressée: ‘Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, communauté d’Israël? déclare l’Eternel. Vous êtes dans ma main comme de l’argile dans la main du potier, communauté d’Israël ‘. »

Ce texte a été écrit en premier lieu aux Israélites environ 600 ans avant Jésus-Christ. Le peuple avec qui Dieu avait passé une alliance s’était détourné de Dieu et ne ressemblait à rien, comme un vase d’argile qui tourne mal. Alors, comme un potier, Dieu annonce ici à la communauté d’Israël qu’il va se mêler à nouveau de leur vie, qu’il va recommencer son œuvre de création, une œuvre de recréation. Pourquoi est-ce pertinent pour nous ? C’est que si le peuple avec qui Dieu avait passé une alliance avait besoin d’être recréé, à combien plus forte est-ce le cas pour ceux qui n’ont jamais été dans une relation d’alliance avec lui, et c’est peut-être votre cas à vous aussi.

Cette image du potier et de l’argile est d’ailleurs reprise plus tard dans le récit biblique pour parler de la relation de toute créature avec son créateur. Alors pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie ? Parce qu’il est mon créateur, et qu’à ce titre il a le droit de faire ce qu’il veut de ma vie, comme un potier fait ce qu’il veut de son argile.

La réalité, c’est que nous sommes tous par nature des êtres en rébellion contre Dieu ; nous ne le reconnaissons pas comme notre maître, nous voulons décider pour nous-mêmes de la façon dont nous voulons conduire notre vie. Nous tous, nous sommes des êtres orgueilleux, égoïstes et égocentriques qui ne désirons qu’une chose : être autonome, c’est-à-dire être pour nous-mêmes notre propre loi. Cette rébellion, c’est ce qu’on appelle péché. Mais voilà, le jugement de Dieu sur notre vie de rébellion et de mépris à son égard : « le vase d’argile qu’il façonnait ne donnait rien dans sa main ». C’est pourquoi Dieu a la liberté, en tant que potier de se mêler de ma vie pour faire de moi une nouvelle création, un autre vase qui cette fois va lui plaire.

Et en ce qui me concerne, c’est ce qu’il déjà a fait : il a brisé en moi l’incrédulité, le mépris, l’indifférence que j’avais pour lui. Certes, ça ne veut pas dire que je suis parfait. En fait, durant toute cette vie, il va me façonner pour faire de moi un vase qui lui plaît, c’est-à-dire qu’il va me rendre de plus en plus semblable à l’image de son fils Jésus-Christ. Et ce faisant, en se mêlant de ma vie, il me rend enfin vraiment heureux.

Intervention prononcée dans le cadre des Dialogues Veritas des universités de la Rive Gauche, à Paris, le 2 avril, au 21 rue Serpente.





La vision de la bête et de l’autre bête (Apoc 13)

7 04 2008

Apocalypse 13

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par laquelle ? Allez, par la mauvaise !

La mauvaise nouvelle, c’est que ce texte est compliqué et que nous ne serons sans doute pas tous d’accord sur la façon dont il faut le comprendre. La bonne nouvelle, cependant, c’est que je ne vais pas essayer de vous imposer mon interprétation personnelle, mais que je vais me contenter de vous faire réfléchir à vos propres présuppositions, à faire quelques observations et à donner quelques applications valables pour tous, quelques soient nos différentes interprétations.

Si ça fait quelques semaines que vous êtes avec nous à Interfac, vous avez pu vous rendre compte semaine après semaine dans notre étude de l’Apocalypse que l’angle d’attaque privilégié par les différents enseignants était largement symboliques… et peut-être que ça ne correspond pas à votre vision de comment il faudrait lire l’Apocalypse, ou en tout cas, ce n’est peut être pas ce que vous avez entendu dans votre église.

Si vous êtes dans ce cas, je crois c’est une bonne chose d‘être confronté à des enseignements différents, car il est toujours bon de se rendre compte que nous avons des présupposés qui orientent notre interprétation. Lorsque nous lisons un texte biblique – Apocalypse 13 par exemple – nous ne le lisons pas comme si c’était le premier passage de la Bible que nous lisions. Tous les textes que nous lisons, nous les lisons dans le contexte de notre théologie et de notre vécu, nous le lisons avec un point de vue préexistant. Autrement dit, lorsque nous lisons un texte, nous nous attendons à trouver certaines choses si bien que nous sommes en quelque sorte conditionnés à les trouver dans le texte qu’elles y soient vraiment ou non. Lire la suite »








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