Lorsqu’un croyant souffre… (Job 19)

5 05 2008

Job 19

C’est l’histoire d’un homme aveugle de naissance. Sa vie a été assez compliquée, même si sa famille l’a bien soutenu. En partie à cause de son handicap, il n’a pas pu trouver de travail. Et du coup, il passe ses journées là dans la rue à faire la manche, en espérant que des personnes généreuses lui donneront un peu de ce qu’ils ont en trop. C’est quelque chose d’humiliant d’être là, et cet homme en souffre. Mais il ne peut pas faire autrement. Il n’a pas de diplôme et il est aveugle. Alors qui voudrait lui donner du travail ? Mais le plus dur, ce n’est pas d’être au chômage ; le plus dur, c’est plutôt d’entendre ce que les gens pensent de lui – surtout les religieux. La semaine dernière par exemple, il a entendu des parents dire à leur enfant : « si tu ne veux pas devenir aveugle comme cet homme sur le trottoir, il faut que tu sois bien sage, sinon Dieu te punira comme lui ». Ca, c’est le plus dur.

Et voici que s’approchent plusieurs hommes. A ce qu’il peut entendre, notre aveugle se rend compte que c’est encore des hommes religieux qui passent devant lui. Il espère qui lui donneront une petite pièce et qu’ils lui épargneront leur remarque désobligeante. Mais il entend parmi ces hommes une de ces questions qui le glace : « Maître, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Et voilà, ça recommence. Encore un cours de morale sur qui a péché. Mais cette fois ci, la réponse va le surprendre. Nous la trouvons dans l’Evangile de Jean au chapitre 9. Et voici ce que répond Jésus à ces disciples : « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péchés, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient révélées en lui ». Et la suite du récit nous montre comment Jésus a guérit cet aveugle de naissance.

L’attitude des disciples de Jésus dans cette histoire est vraiment similaire à celle des « consolateurs pénibles » que sont les amis de Job. Pour eux c’est vite vu : la raison pour laquelle Job a perdu ses biens, ses enfants et sa santé est très simple. Dieu est saint, par conséquent il doit punir tous les péchés. Puisque Job souffre, c’est qu’il est puni par Dieu. Puisqu’il est puni par Dieu, c’est parce qu’il l’a bien mérité. Job a du commettre un péché terrible pour que la colère de Dieu se manifeste ainsi contre lui.

Mais Job sait qu’il n’a pas commis de péché qui lui mérite tout ça. Il ne sait pas pourquoi Dieu le soumet à une telle épreuve. Mais dans cette épreuve, Job se révèle être un vrai croyant. Car même s’il se lamente sur son triste sort, il ne maudit pas Dieu, il ne cesse pas de croire en lui, mais il continue à l’implorer, à s’adresser à lui en lui posant encore et toujours cette question : « pourquoi ? ». Mais même s’il garde la foi, il a le sentiment d’être abandonné par Dieu, et c’est ce que nous voyons dans ce texte, où Job est amené à se poser cette question que les croyants se posent tous lorsque leur souffrance durent : « Dieu est-il avec moi ou contre moi ?» Dieu est-il avec moi ou contre moi ?

C’est à cette question que Job réfléchit dans ce chapitre, et c’est à cette question que nous réfléchirons avec Job maintenant, et nous pouvons retirer de ce texte principalement trois enseignements sur la souffrance des croyants: (I) lorsqu’un croyant souffre, ce n’est pas toujours à cause d’une faute qu’il a commise ; (II) lorsqu’un croyant souffre, il se sent abandonné par Dieu ; et (III) lorsqu’un croyant souffre, il a encore une espérance.

I. Lorsqu’un croyant souffre, ce n’est pas toujours à cause d’une faute qu’il a commise.

Lorsqu’un croyant souffre, ce n’est pas toujours à cause d’une faute qu’il a commise. C’est très clair dans le cas de Job. Dans le premier chapitre, Dieu parle de Job de la manière suivante : « Il n’y a personne comme lui sur la terre, c’est un homme intègre et droit. Il craint Dieu et se détourne du mal ». Ca, c’est un beau compliment que Dieu fait à Job. Job est innocent. Comme pour l’aveugle-né, ce n’est pas à cause de son propre péché qu’il souffre. Ca veut dire, qu’il n’y a pas toujours une relation directe, un lien de causalité totale entre la souffrance qu’on reçoit dans cette vie et le mal que l’on a commis.

Et tout le problème des consolateurs de Job, c’est qu’ils ne comprennent pas ça. Ils sont englués dans leur vision réductrice de la souffrance. « Dieu est juste et si tu souffres, c’est parce qu’il puni ton péché. Job, si tu souffres, c’est parce que tu as commis des péchés secrets. Arrête de dire que tu es innocent, confesse à Dieu tes péchés. Ne t’obstine pas à clamer ton innocence, mais reconnais que tu es un misérable pécheur, et Dieu rétabliras ta cause ».

Voilà en substance la consolation pénible que les amis de Job lui apportent dans les chapitres qui précèdent notre passage. Et c’est pourquoi, nous lisons à partir du v.1 du chapitre 19 que « Job prit la parole et dit : « Jusqu’à quand me tourmenterez-vous et m’écraserez-vous par vos discours ? Voilà dix fois que vous cherchez à me confondre. N’avez-vous pas honte de m’agresser de cette manière ? Même si j’avais vraiment commis une faute, cela ne regarderait que moi. […] Vous voulez vous grandir à mes dépens, […] vous voulez tirer argument contre moi de mon déshonneur »

Les amis de Job sont des consolateurs pénibles parce que finalement ils ne cherchent plus à le consoler. Si Job souffre terriblement, c’est parce qu’il est un terrible pécheur. Point final.

Mais Job sait qu’il est innocent. Il est utile ici de dire ce que signifie l’innocence de Job. Job savait qu’il était pécheur, et il ne prétend pas être sans aucun péché. Mais il savait aussi que Dieu avait promis de le racheter de ses péchés, et c’est pour ça que le premier chapitre nous dit que Job offrait des holocaustes pour chacun de ses enfants. Il savait que ses péchés étaient pardonnés. Son intégrité et sa droiture était le fruit de sa foi en la promesse de Dieu de le délivrer. Et c’est pour ça que Job a été si surpris que ces choses horribles lui arrivent. Alors que Job était d’accord avec ses amis que Dieu est saint et qu’il doit punir le péché, il savait aussi que ce n’était pas pour cette raison qu’il souffrait. Job savait qu’il n’avait rien fait pour provoquer tout ça. Ses amis l’accusaient d’avoir commis des péchés horribles qui avaient enflammés la colère de Dieu contre lui. Mais Job savait que ce n’était pas vrai. Bien sûr, il était encore un pécheur, mais un pécheur justifié par grâce. Et donc il était innocent. Et sa conscience était pure de tout péché, car Job menait une vie intègre et droite.

Les amis de Job se trompaient. Tous ceux qui souffrent ne sont pas des pécheurs particulièrement plus pécheurs que les autres. Job le savait, et c’est pour ça qu’il refuse l’acharnement que ces amis manifestent contre lui. Lorsqu’un croyant souffre, ce n’est pas toujours à cause d’une faute qu’il a commise, et les personnes autour de lui, et particulièrement ses amis, ne doivent pas penser qu’ils sont meilleurs que lui parce qu’ils ne souffrent pas. Les amis ne sont pas censés être des vautours qui se nourrissent du malheur des autres. Lorsqu’un croyant souffre, ce n’est pas toujours à cause d’une faute qu’il a commise.

II. Lorsqu’un croyant souffre, il se sent abandonné par Dieu.

Lorsqu’un croyant souffre, il se sent abandonné par Dieu. Job se sentait abandonné par Dieu, il avait l’impression que Dieu était devenu son ennemi, que Dieu était contre lui. Et c’est pourquoi il se lamente ainsi à partir du v.5 : « Si vous voulez vous grandir à mes dépens, si vous voulez tirer argument contre moi de mon déshonneur, sachez alors que c’est Dieu qui m’accable et m’enveloppe de son filet ».

Job est comme un oiseau qui est fait prisonnier d’un filet : il cherche à s’enfuir mais il ne le peut pas. Il clame son innocence, mais personne ne l’écoute. Job appelle à l’aide, mais qui le sauvera, puisque c’est Dieu lui-même qui l’attaque ? V. 7 : « Je dénonce la violence dont je suis victime et personne ne répond, j’appelle au secours et il n’y a personne pour me rendre justice ! Il m’a barré la route et je ne peux passer, il a couvert mes sentiers de ténèbres ».

Le Dieu que Job aime et qui normalement devrait le protéger n’a pas cherché à défendre sa réputation d’intégrité et de droiture. Job se sent terriblement abandonné, au bord du désespoir. V. 9 : « Il m’a dépouillé de ma gloire, il a retiré la couronne de ma tête. Il m’a brisé à tout point de vue et je m’en vais, il a arraché mon espérance comme un arbre ».

Job a l’impression qu’il est sous la malédiction de Dieu, il a l’impression que Dieu est devenu son ennemi et qu’il est encerclé par lui. V.11 : « Il s’est enflammé de colère contre moi, il m’a traité comme l’un de ses adversaires. Ses troupes viennent en masse, elles ont construit une route jusqu’à moi, elles ont installé leur camp autour de ma tente ». Imaginez, c’est les vacances, vous êtes tranquillement en Dordogne en train de faire du camping, et brusquement vous êtes réveillés par des bruits de sirènes, d’hélicoptères et un brouhaha monstrueux : vous sortez de votre tente et vous vous retrouvez assiégez par 400 soldats, 20 chars d’assauts et 4 hélicoptères alors que vous n’êtes qu’un paisible campeur. Ca doit faire un drôle d’effet. Job a l’impression que c’est ce qui lui arrive. Dieu l’a abandonné, il est devenu son ennemi, et il est attaqué par lui.

Abandonné par Dieu, Job se sent alors terriblement seul. Car non seulement Dieu le pourchasse, mais ses proches, sa famille, ses amis, ses serviteurs le fuient. Job est désormais ignoré de tous, oublié même de ceux qu’il aime. V.13 : « Il a éloigné mes frères de moi. Ceux qui me connaissent se détournent de moi comme des étrangers. Je suis abandonné de mes proches, ceux que je connais m’oublient. Ceux qui séjournent chez moi et mes servantes me considèrent comme un étranger, je ne suis plus à leurs yeux qu’un inconnu . J’appelle mon serviteur et il ne répond pas, je dois me mettre à le supplier ».

La souffrance de Job est indescriptible. Même son épouse le repousse, même ses frères son dégoûtés, mêmes les gamins se moquent de lui. V.17 : « Mon haleine est repoussante pour ma femme et je provoque le dégoût de mes propres frères. Même des gamins me méprisent ; si je me lève, je suis la cible de leurs insultes ».

Plus personne ne veut s’approcher de Job. Chacun pense qu’il est un horrible pécheur, et probablement aussi Job ne sent pas non plus très bon à cause de sa maladie. Et donc instinctivement, tout le monde s’éloigne de lui. Job n’est plus personne, il n’a plus de biens, plus d’enfants, plus d’honneur, et plus de santé. Il ne vit plus, il survit. V.19 : « Tous ceux à qui je confiais mes secrets m’ont en horreur, ceux que j’aimais se sont tournés contre moi. Je n’ai plus que la peau et les os, il ne me reste que les gencives ».

Job se sent abandonné. Dieu est devenu sans raison son ennemi, et maintenant tout le monde fuit Job, même ses amis, et même sa femme. Job a de quoi se plaindre. Job n’a plus rien à lui, il est dévasté. Tout ce qu’il demande, c’est juste de la pitié. V.21 : « Ayez pitié, ayez pitié de moi, vous, mes amis! En effet, c’est la main de Dieu qui m’a frappé. Pourquoi me poursuivez-vous comme Dieu le fait ? Pourquoi n’en avez-vous jamais assez de vous attaquer à moi ? ».

Dieu est-il avec moi ou contre moi ? se demande Job. On dirait bien que Dieu est contre Job, on dirait bien que Dieu s’acharne contre lui.

Mais avant de passer à la fin de notre texte, nous devons nous arrêter ici un instant. Car Job vient de s’exclamer que c’est la main de Dieu qui l’a frappé. Mais est-ce vraiment le cas ?

Nous devons garder à l’esprit qu’en tant que lecteur nous connaissons quelque chose de l’histoire de Job, que ni Job ni ses amis ne connaissaient, à savoir que l’épreuve terrible que traverse Job a commencé lorsque Dieu a attiré l’attention de Satan sur Job. A ce moment là, Satan a cru pouvoir saper les fondements de l’Evangile, et c’est pour ça qu’il met Dieu au défi de lui enlever sa richesse et sa famille afin de voir si Job respectera toujours Dieu. Pour Satan, les choses étaient claires : Job n’est qu’un opportuniste qui n’est intègre et juste que dans son propre intérêt. Satan ne croit pas que Job aime sincèrement Dieu, mais qu’il aime uniquement les choses que Dieu lui donne. Et donc, si Dieu lui enlève toutes les bénédictions qu’il a reçues, Job maudira Dieu en face. Du moins c’est ce que pense Satan.

Alors que fait Dieu ? Il relève le défi. Et il accepte que tout ce qui va arriver à Job lui arrive. Dieu décide de livrer Job à Satan. Mais ça veut dire que même si Dieu permet souverainement que tout ce qui arrive à Job lui arrive, la main qui frappe Job, c’est celle de Satan lui-même.

Mais Job ne sait pas tout ça. Il sait que Dieu est tout-puissant, et il voit tous les malheurs qui lui arrivent. Et donc il en conclut que c’est la main-même de Dieu qui le frappe.

Pourtant, au fond de lui-même, Job sait aussi que Dieu est juste et qu’il est bon. Il sait que Dieu, le Dieu à qui il offre des sacrifices et qu’il sert dans une relation d’alliance… Job sait que ce Dieu devrait être avec lui, et non contre lui.

Job commence à se rendre compte qu’il a besoin d’un médiateur, d’un intermédiaire, de quelqu’un qui soit son avocat devant Dieu. Et c’est ce que nous trouvons dans la dernière partie de notre texte :

III. Lorsqu’un croyant souffre, il a encore une espérance.

Lorsqu’un croyant souffre, il a encore une espérance. Job espère que quelqu’un intervienne pour rétablir la justice. Il réclame sa réhabilitation. V.23 : « Si seulement mes paroles pouvaient être écrites, si seulement elles pouvaient être enregistrées dans un livre ! Je voudrais qu’elles soient pour toujours gravées dans le roc avec un burin de fer et avec du plomb ». Remarquez que cette prière de Job a assez bien été exaucée. Ce n’est pas dans le roc que les paroles de Job ont été gravées, mais dans le livre de la Parole éternelle de Dieu, de sorte qu’aujourd’hui, plusieurs milliers d’années plus tard, nous pouvons encore constater l’innocence de Job.

Mais au fond, ce n’est pas vraiment ça que Job réclame. Il ne veut pas seulement être réhabilité aux yeux de tous. Il veut surtout être assuré que Dieu n’est pas contre lui mais au contraire qu’il est avec lui. Et tout d’un coup, Job reprend confiance. Au plus profond de son désespoir, Job aperçoit au loin une vérité qui le fait sortir des ténèbres. V.25 : « Pour ma part, je sais que celui qui me rachète est vivant et qu’il se lèvera le dernier sur la terre ».

A nouveau, Job confesse sa foi. Même s’il se sent abandonné, même si sa réputation est ternie, même s’il va bientôt mourir, même si actuellement Dieu l’attaque, Job sait qu’au final celui qui le rachète est vivant. Dieu n’est pas mort. Dieu ne l’a pas définitivement abandonné. Job sait qu’il a un rédempteur céleste. Le mot hébreux go el qui est derrière la traduction « celui qui me rachète » désigne normalement un proche, quelqu’un de la famille qui devait prendre soin de vous en cas de problème, qui devait vous défendre en cas de procès et prouver votre intégrité, et qui devait vous venger si l’on vous faisait du mal. Le go el, c’était le « vengeur de sang » qu’on rencontre parfois dans les livres de l’Ancien Testament et dont la mission était de s’assurer que la justice était bien rendue lorsqu’un membre de la famille était assassiné. Ou dans d’autre cas, le go el, c’était celui qui prenait dans sa maison la veuve de son frère pour prendre soin d’elle. Par exemple, dans le livre de Ruth, Boaz est le go el de Ruth qui prend la jeune femme chez lui, et qui devient ainsi son défenseur.

Donc ici, Job est en train de dire que, même si plus personne dans sa famille ne cherche à défendre sa réputation, à prouver qu’il demeure un homme intègre et juste, même si tous ses amis, ses frères, sa femme le fuient comme un pestiféré, Job sait que Dieu est celui qui le rachète, qu’il est son défenseur, son avocat, et qu’à la fin, il se lèvera et démontrera qu’il est bel et bien un vrai croyant considéré comme innocent par Dieu.

Autrement dit, dans ce verset, Job réclame à Dieu d’être son défenseur, son avocat.

Et donc, nous arrivons à une situation paradoxale. Dans la première partie du chapitre, nous avons vu que Dieu semblait contre Job, comme si Dieu l’attaquait et cherchait à le détruire, mais dans la deuxième partie du passage Job proclame sa confiance que c’est Dieu lui-même qui va le défendre. D’un côté, Dieu est en colère contre Job, mais de l’autre côté Dieu est aussi le go el de Job, celui qui défend Job de la colère de Dieu. Dieu est celui qui rachètera Job de l’opprobre que Dieu déverse sur Job.

Mais l’espérance de Job ne s’arrête pas là. Au v.26, il déclare : « Quand ma peau aura été détruite, en personne je contemplerai Dieu. C’est lui que je contemplerai, et il me sera favorable. Mes yeux le verront, et non ceux d’un autre. Au plus profond de moi, je n’en peux plus d’attendre ». Vous avez bien lu : Job n’en peux plus d’attendre le moment de la résurrection d’entre les morts, c’est-à-dire le moment où ses souffrances présentes ne deviendront qu’un pâle souvenir à la lumière de la gloire éternelle, et où sont corps ravagé sera pleinement renouvelé. Voilà l’espérance de Job au milieu de l’affliction : Dieu est son go el, celui qui le rachète, et un jour, au dernier jour, Job sait qu’il vivra éternellement dans un monde parfait lorsque Dieu établira son royaume et rétablira toute chose dans l’harmonie et la paix. Et c’est pourquoi, lorsqu’un croyant souffre, nous apprend Job, il a encore une espérance.

Conclusion

Lorsqu’un croyant souffre, ce n’est pas toujours à cause d’une faute qu’il a commise ; et lorsqu’un croyant souffre, il se sent abandonné par Dieu ; et lorsqu’un croyant souffre, il a encore une espérance.

Ce serait cependant une erreur de nous arrêter là. Le livre de Job n’a pas simplement été écrit pour nous raconter les tribulations de ce pauvre homme. Et il n’a pas non plus été écrit pour s’appliquer directement à la vie des chrétiens, comme si nous pouvions nous identifier directement à Job.

Car, en fait, le livre de Job dirige nous regard vers celui qui est plus grand que Job, celui qui était encore plus innocent que Job, celui qui a souffert encore plus que Job, celui qui s’est senti encore plus abandonné que Job, celui qui au milieu de sa souffrance a encore mieux conservé que Job la vision de la joie éternelle.

Il s’agit évidemment de Jésus. Job a été persécuté ? Jésus l’a été plus, et il a fini comme un criminel condamné à la crucifixion. Job s’est senti abandonné ? Jésus l’a été plus : lui le Fils éternel de Dieu, il a vécu l’enfer sur la Croix, l’angoisse indicible d’être cosmiquement abandonné, séparé de la personne du Père, avec qui il était pourtant en communion de toute éternité. Job s’est senti isolé ? Jésus l’a été plus, ses plus proches disciples se sont lâchement enfuient, et c’est absolument tout seul qu’il a porté dans son âme et dans son corps le poids de la colère éternelle de Dieu contre le péché du genre humain. Job demandait à Dieu de le protéger de la colère de Dieu ? Jésus est ce go el, celui qui nous rachète et nous délivre, corps et âmes, par son précieux sang, celui qui nous protège de la colère de Dieu, celui qui nous défend et qui, continuellement par son intercession, plaide pour nous auprès du Père. En Jésus-Christ, Dieu le Fils nous défend de la colère de Dieu le Père en prenant sur lui-même cette colère. Job espérait en la résurrection ? Jésus est ressuscité comme le premier-né de tous les ressuscité, montrant par là que l’espérance de Job n’était pas vaine.

Alors que faire maintenant ? Si vous avez mis votre foi en Jésus-Christ, votre rédempteur, votre go el, alors vous pouvez avoir la même espérance que Job. Au milieu de la souffrance, lorsque vous semblez abandonnés de Dieu et des hommes, vous pouvez vous rappeler que votre rédempteur est vivant, qu’il intercède pour vous et plaide auprès du Père de sorte que vous êtes désormais considérés comme justes par Dieu.

Mais si vous n’avez pas mis votre confiance à Jésus, si vous êtes dans le cas des amis de Job qui cherchaient leur félicité et leur salut en eux-mêmes, alors je vous invite à entendre cet avertissement avec lequel Job conclut son discours. V.28 : « Vous direz alors: ‘Pourquoi le poursuivions-nous?’ quand on découvrira le bien-fondé de ma cause. Redoutez pour vous l’épée: les punitions par l’épée sont terribles ! Vous reconnaîtrez ainsi qu’il y a un jugement ».

Ceux qui pensent se tenir devant Dieu par leurs propres forces, ceux qui pensent mériter leur salut, ceux qui pensent qu’ils n’ont pas besoin d’un médiateur, d’un intermédiaire, d’un avocat devant Dieu, ceux qui pensent ainsi ont encore Dieu pour ennemi, et pas de bouclier qui les protègent de la colère. Si c’est votre cas, je vous en prie, écoutez l’avertissement de Job, et mettez votre foi en celui qui vous rachète. Prions.

Prédication donnée le dimanche 4 mai 2008, le matin à l’Eglise Protestante Evangélique de la Rue des Ternes et le soir à l’Eglise Evangélique Baptiste de Paris-Centre (Rue de Sèvres).


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