Le règne victorieux du Christ (Ps 2)

10 05 2008

Psaume 2

Saviez-vous que le grand réformateur Martin Luther avait l’habitude d’appeler le livre des psaumes sa « petite Bible » ? Il voulait dire par là que les psaumes donnait comme un aperçu, un concentré même du message de la Bible. Et c’est d’ailleurs pour ça que nous commençons ce soir à Interfac une série de 4 études dans le livre des Psaumes. Le but de cette série est assez claire : voir ensemble que Jésus-Christ est le personnage principal du livre des psaumes comme il l’est aussi du reste de toute la Parole de Dieu. Il faut en effet bien comprendre que tous les livres de la Bible, y compris ceux de l’Ancien Testament, nous ont été donnés pour que nous dirigions nos regards vers Jésus-Christ. Et c’est particulièrement vrai des psaumes. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les interprétations que les auteurs du Nouveau Testament donnent de différents psaumes, par exemple du psaume 2, du psaume 8, du psaume 22 ou encore du psaume 110 – c’est-à-dire les 4 psaumes que nous étudions dans cette série. A chaque fois, les auteurs du Nouveau Testament utilisent ces différents passages pour les appliquer directement ou indirectement à la personne et à l’œuvre de Jésus-Christ. Et en réalité, ce que les apôtres font de ces psaumes et de l’Ancien Testament en général, ils ne l’ont pas inventé tout seul. C’est du Seigneur Jésus-Christ lui-même qu’ils ont appris à interpréter de cette manière l’Ancien Testament et les psaumes en particulier.

Luc, dans le chapitre 24 de son Évangile, nous rapporte que le jour-même de sa résurrection, dans la soirée, le Seigneur Jésus-Christ se présenta à ces disciples, qui furent saisis de frayeur et d’épouvante car ils croyaient voir un esprit. Après les avoir rassurés en leur montrant qu’il était bel et bien corporellement ressuscité, Jésus leur dit : « C’est ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous : il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes ». Et afin qu’ils puissent saisir comment toute la Bible parlaient de Jésus, « il leur ouvrit l’intelligence afin qu’ils comprennent les Écritures ». A partir de ce moment là, les disciples furent capable de voir dans les Psaumes, et dans tous l’Ancien Testament en général, le évangile de Jésus-Christ qu’ils allaient bientôt devoir proclamer jusqu’aux extrémités de la terre. Puis il leur dit : « Ainsi, il était écrit – et il fallait que cela arrive – que le Messie souffrirait et qu’il ressusciterait le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem ».

Ce qu’on voit dans le livre des Actes des Apôtres et dans tout le Nouveau Testament, c’est que ce discours du Christ ressuscité a profondément marqué ses disciples et influencé leurs prédications et leurs écrits. Tout l’Ancien Testament, et les psaumes en particulier, nous parlent de Jésus-Christ.

Les psaumes, et l’Ancien Testament en général, font référence à Jésus-Christ de deux manière différentes, c’est-à-dire parfois de façon directe, et parfois de façon indirecte.

Les références directes à Jésus-Christ sont les textes qui se réfèrent directement et principalement à Jésus-Christ. En général, on appelle ces textes des prophéties. Par exemple, l’annonce par le prophète Esaïe de la naissance d’un enfant sur qui « reposera la souveraineté [et qu’]on appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de paix » fait directement référence à la naissance de Jésus-Christ. J’espère que les autres prédicateurs seront d’accord avec moi, mais je pense que les psaumes 2, 22 et 110 rentrent dans cette catégorie.

Mais il existe un autre type de référence à Jésus-Christ qui est du domaine de la préfiguration. C’est le genre de texte qui nous dirigent vers Jésus-Christ alors que ce n’est pas l’objectif principal du texte de nous parler de lui. Par exemple, l’histoire de Jonas nous parle d’abord d’un prophète qui dans le cadre de sa mission est avalé par un poisson et qui est rejeté sur une plage le troisième jour. Mais cette histoire préfigurait aussi, dans un deuxième temps, celui qui est plus grand que Jonas et qui, pour accomplir sa mission, doit mourir puis ressusciter le troisième jour. Le psaume 8 rentre, je crois, dans cette catégorie, celle de la préfiguration.
Mais revenons au psaume 2 qui fait référence directement à la personne de Jésus-Christ. Ce psaume nous parle en effet de Dieu et de son Christ. Le Saint-Esprit – par l’intermédiaire des Apôtres Pierre et Jean en Actes 4 et par celui de l’Apôtre Paul en Actes 13 – n’a pas laissé l’Église dans l’incertitude en ce qui concerne la personne à qui s’applique ce texte. L’idée principale de ce texte, c’est que le royaume de Christ est établi par Dieu et qu’il faut par conséquent se soumettre à lui. Ce texte est composé de quatre scènes chacune composée de 3 versets : (I) La rébellion des nations contre le règne du Christ, (II) La réaction de Dieu le Père à la rébellion des nations, (III) La proclamation par Dieu le Fils de son propre règne, et (IV) Le conseil qui est donné aux rois de se soumettre au roi établi par Dieu le Père.

I. La rébellion des nations contre le règne du Christ.

C’est ce que nous trouvons dans les v.1-3 : « Pourquoi cette agitation parmi les nations et ces préoccupations dépourvues de sens parmi les peuples ? Les rois de la terre se soulèvent et les chefs se liguent ensemble contre l’Éternel et contre celui qu’il a désigné par onction : ‘Arrachons leurs liens, jetons leurs chaînes loin de nous !’ »

Nous trouvons dans ces premiers versets la rébellion de la nature humaine à l’encontre du roi établi par Dieu. Ce que le premier verset décrit, c’est un complot, un projet d’émeute, de révolution par laquelle on veut destituer le roi établi par Dieu. Cette description de la rébellion des hommes contre le règne de Dieu est typique. Et permettez-moi de bien attirer votre attention là-dessus : ce que ce texte décrit ici, c’est l’essence de ce que la Bible appelle le péché. Contrairement à ce qu’on pense souvent, le péché ce n’est pas d’abord une liste de choses qu’il ne faut pas faire. Le péché, c’est avant tout une attitude qui consiste à vouloir vivre sa vie indépendamment de son créateur, à vivre comme si Dieu n’existait pas, à n’en faire qu’à notre tête, à être notre propre maître, notre propre roi, notre propre Dieu. En réalité, Dieu est notre roi, qu’on le veuille ou non, mais nous, les êtres humains, nous ne voulons pas qu’il règne sur nous, alors nous faisons des complots contre lui pour essayer de renverser le roi, celui que Dieu a établi par onction.

Je m’arrête un instant pour signaler que le mot « onction » qu’on trouve dans le v.2 est celui qui donne en Hébreux le mot « Messie » et en grec le mot « Christ ». Dans l’Ancien Testament, on établissait les prêtres, les prophètes et les rois par onction, c’est-à-dire en leur versant de l’huile sur la tête. Et dans ce psaume, c’est surtout la fonction de Christ-Roi qui est visé, même si les offices de prêtre et de prophète appartiennent aussi au Christ.

Bref, ce texte nous montre la rébellion des nations et des rois contre Dieu et contre son Christ. Chacun est, par nature, rebelle à Dieu et à son Messie. Mais le Nouveau Testament nous montre que ce texte ne prophétisait pas seulement l’opposition générale des humains au roi établi par Dieu, car cette prophétie trouve un accomplissement précis dans l’histoire.

De quoi s’agit-il ? Vous venez de le voir dans le texte que vous avez étudié en petit groupe juste avant : les apôtres Pierre et Jean une fois qu’ils sont relâchés retrouvent les autres chrétiens et ils s’adressèrent tous ensemble à Dieu en citant les v.1-2 du psaume 2 accompagnés d’un commentaire très intéressant : « Pourquoi cette agitation parmi les nations et ces préoccupations dépourvues de sens parmi les peuples ? Les rois de la terre se sont soulevés et les chefs se sont ligués ensemble contre le Seigneur et contre celui qu’il a désigné par onction. Il est bien vrai qu’Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et les peuples d’Israël contre ton saint serviteur Jésus, que tu as consacré par onction ; ils ont accompli tout ce que ta main et ta volonté avaient décidé d’avance ». Autrement dit, même s’il est vrai que toutes les nations et tous les peuples, et tous les rois et tous les chefs et chaque être humain est en rébellion contre Dieu et contre son Messie, cela s’est tout particulièrement concrétisé, dans l’Histoire, par le complot des Juifs et des Romains, d’Hérode, de Ponce Pilate et des habitants de Jérusalem contre Jésus-Christ, complot qui a conduit à sa crucifixion.

Et donc, non seulement ce texte parle de la rébellion des hommes en général, mais il nous annonce aussi de manière cachée les souffrances du Christ au main des hommes rebelles parmi lesquels il a vécu.

Jésus-Christ a donc dû faire face à une rébellion qui a conduit à sa crucifixion. Mais observez que cette révolte n’a pas eu l’effet escompté. Le v.1 nous le dit bien : cette agitation, ce complot était dépourvu de sens. C’était un projet inutile, sans raison et sans fondement par lequel ils ne pouvaient pas empêcher que la volonté de Dieu s’accomplisse. Et en effet, par leur rébellion-même, nous apprennent les apôtres en Actes 4, même en commettant le pire péché possible, en crucifiant le Fils de Dieu, les hommes rebelles « ont accompli tout ce que la main et la volonté de Dieu avaient décidé d’avance ». Nous voyons ici que Dieu utilise même la rébellion des hommes contre eux pour accomplir ses propres plans. Et c’est pourquoi nous trouvons à partir du v.4 :

II. La réaction de Dieu le Père à la rébellion des hommes.

« Celui qui siège dans le ciel rit, le Seigneur se moque d’eux. Puis il leur parle dans sa colère, il les épouvante dans sa fureur : ‘C’est moi qui ai établi mon roi sur Sion, ma montagne sainte’ ».
Après avoir observé la rébellion des hommes sur la terre, nous voyons ici la réaction de Dieu qui est assis dans le ciel. Et comment réagit-il ? Il se rit d’eux, il se moque d’eux !

« Quoi ! La nature humaine se rebelle contre Dieu et contre le roi qu’il a établi ? Quelle bonne blague ! Ne voyez-vous pas, humains, combien votre tentative est vaine, combien votre chance de renverser Dieu est nulle ! ».

Ici, Dieu montre clairement que les rebelles ne peuvent rien faire qui puisse le menacer. Ils ne peuvent aucunement contrecarrer ses plans. Et ils ne pourront certainement pas échapper à son jugement.

Remarquez qu’il est dit ici que Dieu est assis. Il est sur le trône inébranlable de sa majesté, et à ses pieds, il y a une armée de fourmis qui essaient de renverser son trône. Mais tous leurs efforts sont bien vains, elles ne pourront pas le détrôner.

Mais Dieu ne fait pas que se moquer de la rébellion. Ils s’adressent maintenant à ceux qui osent se dresser contre lui. Il parle avec colère et épouvante les rebelles dans sa fureur. Et il confirme ce qu’il a déjà décidé : « ‘C’est moi qui ai établi mon roi sur Sion, ma montagne sainte’ ».

Ce verset a laisser penser à plusieurs commentateurs que ce psaume ne parlait pas de Jésus-Christ mais du couronnement des rois d’Israël. Mais il y a deux problèmes à ça.

Le premier problème, c’est qu’ils contredisent les Apôtres, ce qui n‘est pas rien. Et le deuxième problème, c’est qu’au v.8, il est dit du Roi établi par Dieu qu’il règnera jusqu’aux extrémités de la terre, ce qui n’était bien sur pas le cas des Rois d’Israël qui ne régnaient que sur Israël.

Et donc, il vaut mieux comprendre ce verset de la manière suivante : c’est le royaume de Christ préfiguré dans le texte par le royaume de David, et c’est le rassemblement de l’Église, de la Jérusalem céleste qui préfigurée par Sion, la montagne sacrée de Dieu. C’est d’ailleurs l’interprétation donnée par l’auteur de l’épître aux Hébreux. Au chapitre 12, il déclare en effet que le culte chrétien à s’approcher « du mont Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et ses dizaines de milliers d’anges en fête, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans le ciel », et « de Jésus qui est le médiateur d’une nouvelle alliance, et du sang purificateur porteur d’un meilleur message que celui d’Abel ». Le mont Sion, la montagne sacrée de Dieu est donc en réalité le lieu où le peuple de Dieu rencontre son Dieu par la médiation de Jésus-Christ et de son sacrifice, c’est-à-dire dans le rassemblement de l’Église.

Et donc, ce verset dirige nos regard vers celui qui est plus grand que David et que tous les rois d’Israël, vers celui qui est plus saint que la montagne sacrée de Sion : Jésus-Christ lui-même qui est le chef et l’époux de son Église.

Et c’est d’ailleurs Jésus-Christ lui-même qui tire à partir du v.7 les conséquences de ce que Dieu vient annoncer. Car nous voyons juste après cette déclaration de Dieu le Père…

III. La proclamation par Dieu le Fils de son propre règne.

« Je veux proclamer le décret de l’Éternel. Il m’a dit : ‘Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui ! Demande-le-moi, et je te donnerai les nations en héritage, les extrémités de la terre en possession. Tu les briseras avec un sceptre de fer, tu les briseras comme le vase d’un potier’ ».

Dieu vient de confirmer qu’il établi son roi sur Sion, sa montagne sainte, et voici que s’avance immédiatement le Fils de Dieu qui vient pour proclamer le décret de l’Éternel, c’est-à-dire ce que Dieu a décidé, la résolution qu’il a prise.

De quel décret s’agit-il ? Jésus l’explique immédiatement : il s’agit de la proclamation à propos de lui-même qu’il est le Fils de Dieu, que le monde entier est son héritage et qu’il est établi Chef, Seigneur et Roi au-dessus de toute chose.

Au v.7, Dieu le Père dit à Jésus-Christ « ‘Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui’ ». Est-ce que ça veut dire que Jésus a été créé par Dieu, qu’il n’existe pas de toute éternité mais qu’il est lui aussi une créature, comme le croient par exemple les Témoins de Jéhovah ?

Eh bien pas du tout. Pour s’en convaincre, il faut bien comprendre l’application que l’Apôtre Paul fait de ce texte en Actes 13. Voici ce qu’il déclare dans la ville d’Antioche de Pisidie à partir du v.26 : « Mes frères, descendants d’Abraham et vous qui craignez Dieu, c’est à vous que cette parole de salut a été envoyée. En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs n’ont pas reconnu qui était Jésus, mais en le condamnant ils ont accompli les paroles des prophètes qu’on lit chaque sabbat. Bien que n’ayant rien trouvé en lui qui mérite la mort, ils ont demandé à Pilate de le faire mourir. Après avoir accompli tout ce qui est écrit à son sujet, ils l’ont descendu de la croix et l’ont déposé dans un tombeau. Mais Dieu l’a ressuscité. Il est apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem et qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. Et nous, nous vous annonçons cette bonne nouvelle : la promesse faite à nos ancêtres, Dieu l’a accomplie pour nous, leurs descendants, en ressuscitant Jésus, conformément à ce qui est écrit dans le Psaume 2 : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui. Il l’a ressuscité, de telle sorte qu’il ne retournera pas à la décomposition ».

Ici, le v.7 du Psaume 2 est cité pour appuyer la déclaration que Jésus est ressuscité. L’idée de Paul est la suivante : la résurrection démontre que Jésus est le Fils de Dieu. Autrement dit, le Psaume 2 ne parlent pas du moment où Jésus à commencer à exister (puisque d’autres passages nous disent qu’il existe de toute éternité) mais du moment où Jésus « a été déclaré Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection », comme nous le dit Paul en Romans 1.4.

Autrement dit, le psaume 2 nous parle de l’installation de Jésus dans la royauté éternelle : c’est à partir de la résurrection que Jésus-Christ est officiellement établi par Dieu sur le trône inébranlable du royaume éternel de Dieu.

A partir de ce moment là, de la résurrection, Jésus-Christ va réclamer à son Père son héritage qui englobe l’univers tout entier. Et à partir de ce moment là, son royaume va grandir, grandir, jusqu’à ce que Jésus mette tous ses ennemis sous ses pieds et que son royaume remplissent l’univers. Cette victoire certaine de Jésus-Christ dans l’histoire, c’est aussi le message principal de l’Apocalypse que nous avons étudié les semaines passées : Jésus-Christ est vainqueur ! Et c’est pour ça qu’il n’est pas du tout étonnant que le Psaume 2 soit cité dans l’Apocalypse au chapitre 19 où il est dit de Jésus que : « de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants pour frapper les nations. Il les dirigera avec un sceptre de fer et il écrasera lui-même le raisin dans la cuve à vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant. Il portait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : ‘Roi des rois et Seigneur des seigneurs‘ ». Le message de l’Apocalypse comme celui du Psaume 2 est très clair ; malgré les souffrances et les persécutions du monde présent, il faut garder courage et ne pas se fier aux apparences : Jésus-Christ règne déjà et un jour il établira un monde parfait.

Alors, où nous conduit cette vision du règne du Christ ? A la quatrième partie de ce passage :

IV. Le conseil qui est donné aux rois de se soumettre au roi établi par Dieu le Père.

v.10 : « Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse ! Juges de la terre, laissez-vous instruire ! Servez l’Éternel avec crainte et réjouissez-vous tout en tremblant. Rendez hommage au fils, de peur qu’il ne s’irrite et que vous n’alliez à votre perte, car sa colère s’enflamme rapidement. Heureux tous ceux qui se confient en lui ! ».

Puisque Jésus a été déclaré Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection, il faut en tenir compte. Ca veut dire qu’on doit cesser de vivre comme si on n’avait ni Dieu, ni maître. Ca veut dire qu’il faut arrêter de n’en faire qu’à notre tête. Ca veut dire qu’il faut abandonner l’idée que nous pouvons vivre de façon autonome, en excluant Dieu de notre vie, ou en le laissant à la périphérie de nos préoccupations, mais surtout pas au centre.

Remarquez que même les rois, même les juges de la terre sont appelés à changer de conduite et à se soumettre. Si même ceux qui ont le plus de puissance sont appelés à changer d’attitude, à cesser de vivre en rébellion contre Dieu et son Christ, ça signifie qu’on doit tous écouter le conseil donné dans les derniers versets de ce psaume.

Il faut se conduire avec sagesse, mais remarquez que d‘après le v.10 ça implique d’abord de se laisser instruire. Autrement dit, il faut d’abord reconnaître avec humilité que nous ne savons pas gouverner notre propre vie comme il le faudrait, que par nous-mêmes nous sommes incapables de vivre correctement.

Alors que faut-il faire ? Il faut servir l’Éternel avec crainte et en même temps se réjouir en lui tout en tremblant. Il y a là un paradoxe qui décrit l’état d’esprit dans lequel nous devons nous approcher de Jésus-Christ. Nous ne devons pas avoir peur de lui comme s’il était un tyran qui traite ceux qui s‘approchent de lui de manière arbitraire. Nous pouvons au contraire nous approcher de lui avec joie en sachant qu’il accueille tout ceux qui viennent à lui pour lui rendre hommage. Mais en même temps, nous ne nous approchons pas non plus de lui en sautant de joie dans tous les sens, ou en riant à gorge déployée comme s’il était notre pote, un ami vraiment marrant. Remarquez l’équilibre : nous venons à lui avec une joie mêlée de crainte.

Et on peut le comprendre ainsi : ce que nous avons en lui est un grand sujet de joie. Dieu nous offre en effet un grand salut en son Fils unique sans que nous le méritions et même contre ce que nous méritions. Nous sommes des rebelles à Dieu qui avons décidé de vivre sans lui.

Pourtant, il propose d’amnistier ce crime passible de la peine capitale à la seule condition que nous mettions notre confiance dans son Fils qui a été mis à mort par les rebelles dont nous faisions partie puis qui est ressuscité en ayant ainsi été déclaré Fils de Dieu avec puissance.
Mais c’est là même la raison pour laquelle nous devons aussi le craindre. Car comment échapperons-nous au jugement si nous négligeons un si grand salut ? Il nous faut donc faire preuve d’une grande joie à laquelle on doit allier une forme de crainte. Cette crainte se définit comme l’attitude de celui qui révère et adore Dieu à cause de sa grandeur et sa majesté, qui s’humilie devant lui à cause du néant et de la vanité de l’homme, et qui est attentif et vigilant à la volonté de Dieu car il ne veut surtout pas offenser celui qui est notre Roi ni se priver d‘aucun de ses bienfaits.

C’est de cette manière que nous devons lui rendre hommage, en venant à lui dès maintenant, tant qu’il en est encore temps, avant qu’il ne soit trop tard et que sa colère s’embrase en un instant contre tous les rebelles qui auront négligé son amnistie.

Mais si nous venons à lui, au Fils de Dieu, et que nous lui faisons confiance, alors nous serons heureux, vraiment heureux. « Heureux tous ceux qui se confient en lui ! »

Conclusion

Ce psaume nous parle de la personne et de l’œuvre de Jésus-Christ qui est le roi établi par Dieu contre qui la nature humaine se rebelle pour rejeter son autorité. Cette rébellion générale a conduit à la souffrance du Christ durant tout le temps de sa vie sur la terre et particulièrement à la fin de celle-ci lorsqu’il a été crucifié. Les hommes rebelles qui ont commis cet acte ignoble ont cependant accompli à leur insu tout ce que la main et la volonté de Dieu avait décidé d’avance. Après sa mort, Jésus-Christ est ressuscité pour être déclaré Fils de Dieu avec puissance. Puis il est monté au ciel et s’est assis à la droite du Père où il règne avec pour objectif de s’assujettir tous ses ennemis et de prendre possession de tout l’univers. Un jour il sera trop tard, car il viendra juger les vivants et les morts et sa colère s’embrasera en un instant, mais aujourd’hui, c’est encore le jour du salut, et il est encore temps de venir chercher refuge en lui, de mettre notre confiance en lui et d’accepter l’amnistie par laquelle notre condamnation pour rébellion est effacée.

Que chacun s’examine soi-même. Considérez votre rébellion contre Dieu et contre son Christ. Voyez comment vous ordonnez votre vie. Par nature, nous ne vivons que pour nous-mêmes en cherchant notre bonheur dans les loisirs, dans le travail, dans les voyages, dans l’argent, dans les biens qu’on possède, dans le mariage ou dans les relations amoureuses, dans l’estime que les gens ont de nous, dans le sexe, dans notre évolution de carrière, etc. Ah ! Si seulement j’avais assez d’argent pour m’offrir plus de vacances… si seulement je trouvais l’âme sœur… si seulement j’avais cette promotion… si seulement j’étais célèbre…

Nos aspirations trahissent ce que nous sommes : des êtres égoïstes et auto-centrés qui excluons Dieu de notre vie ou qui le laissons en marge de notre vie et non au centre comme ça devrait être le cas. Nous avons chacun nos idoles, car une idole, ce n’est au fond rien d’autre que d’avoir quelque chose au centre de notre vie qui n’est pas Dieu.

Que chacun examine alors la réaction de Dieu à notre rébellion : il s’en moque dans la mesure où nous ne pouvons rien faire qui le menace, il est terriblement en colère dans le mesure où par notre rébellion nous méprisons la majesté suprême de Dieu, et en même il confirme à nouveau la royauté de son Fils éternel. Cette installation de son Fils sur le trône est à la fois un terrible avertissement, et en même temps une opportunité unique : il est encore temps de le reconnaître pour votre Roi.

Jésus-Christ est ressuscité, et la puissance de sa résurrection doit se diffuser dans toute notre vie. Celui qui n’a pas encore mis sa confiance dans le Fils doit le contempler, venir à lui et croire que ceux qu’il sauve ceux qui s’approchent de lui avec foi pour lui rendre hommage. Et celui qui croit déjà en lui doit vivre en cohérence avec le fait que Jésus-Christ est le Seigneur de sa vie : il doit régler ses aspirations selon celles de son Chef et de son Roi de sorte à mettre tous les domaines de sa vie (son rapport à l’argent, au travail, à la sexualité, à la famille), toute sa vie en ligne avec la volonté de son Roi.

Jésus-Christ est ressuscité, et la puissance de sa résurrection doit se diffuser dans toute notre vie. Ca veut aussi dire qu’on peut avoir confiance en la providence de Dieu, car puisque même le pire des péchés commis par des hommes rebelles, c’est-à-dire la crucifixion du Fils éternel de Dieu, a accompli tout ce que la main et la volonté de Dieu avait décidé d’avance, alors ça veut dire que Dieu contrôle toute chose, qu’il tient tout dans sa main. Et si c’est le cas, alors nous pouvons apprendre à être patient dans l’adversité, reconnaissant dans la félicité, et avoir bonne confiance pour notre avenir en notre Dieu et Père fidèle dont aucune créature ne pourra nous séparer de sa main, car toutes les créatures sont tellement en sa main qu’elles ne peuvent faire le moindre mouvement sans sa volonté.

Et donc, même au milieu des pires difficultés, nous devons lever les yeux vers Jésus-Christ et reprendre espoir. Car, contrairement aux apparences, Jésus-Christ est Seigneur, il est le Roi établi par Dieu au-dessus de toute chose et qui est en train de soumettre progressivement mais infailliblement tous ses ennemis, de sorte qu’un jour il règnera jusqu’aux extrémités de la terre. Et non seulement lui, mais nous aussi avec lui, selon l’application que l’Apocalypse fait du Psaume 2 : « Au vainqueur, à celui qui accomplit mes œuvres jusqu’à la fin, je donnerai autorité sur les nations. Il les dirigera avec un sceptre de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père ». Jésus-Christ règne, et un jour nous règnerons avec lui. Merci de votre attention.

Prédication donnée le vendredi 9 mai 2008 à l’Interfac des GBU de Paris.


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