Un père qui sacrifie son fils unique (Gen 22)

19 05 2008

Genèse 22

Remarquez comment le narrateur introduit ce récit (v.1) : « après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve ». Nous trouvons donc dans ce passage LA mise à l’épreuve d’Abraham, c’est-à-dire, la plus grande épreuve qu’il ait jamais connue. Ce n’est pas que la vie d’Abraham ait été facile. Au contraire même. Imaginez-vous à la place de ce vieil homme. Sa vie a déjà été marquée par des grandes crises dans lesquelles il a dû abandonner ce qui lui était cher. Rappelez-vous : il a dû quitter son pays et sa famille. Il a aussi dû se séparer de son neveu Lot. Un peu plus tard, il a dû abandonner les plans qu’il avait pour Ismaël, le fils qu’il avait eu avec une servante. Mais le plus dur restait à venir. Car voici que Dieu appelle Abraham. « ‘Abraham !’. Celui-ci répondit : ‘Me voici !’. Dieu dit : ‘Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t’en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai’ ».

Dieu demande à Abraham l’impossible : il lui demande de lui sacrifier son propre fils, son fils unique, qu’Abraham aime terriblement ! C’est sûr, Abraham ne comprend pas ce qui lui arrive. Il y a au moins trois bonnes raisons de ne pas écouter ce que Dieu lui demande de faire.

D’abord, c’est complètement illogique ce que Dieu demande, parce que ce qu’il demande est contraire aux promesses que Dieu lui a faite avant. Dieu a promis à Abraham de faire de lui une grande nation et que par sa descendance toutes les nations seront bénies en son nom. Et en plus, Dieu a promis que c’est par Isaac qu’une descendance sera assurée à Abraham. Et donc, si Dieu à Abraham de lui sacrifier Isaac, ça veut dire qu’il revient sur ses promesses, ça veut dire que Dieu est en train de se renier lui-même.

Ensuite, c’est contre la Loi de Dieu de verser le sang de quelqu’un d’innocent. Abraham connaissait certainement ce que Dieu avait dit lors de l’établissement de l’alliance avec Noé : « Si quelqu’un verse le sang de l’homme, son sang sera versé par l’homme, car Dieu a fait l’homme à son image » (Gn 9.6). C’est mal de commettre un meurtre. A combien plus forte raison est-ce monstrueux d’être l’assassin de son propre fils !

Et c’est ça le pire : Dieu demande à Abraham de lui sacrifier ce qu’il a de plus cher, son fils unique, celui qu’il aime le plus au monde. Voici l’épreuve insupportable que Dieu impose à Abraham : Qui Abraham va-t-il mettre à la première place de sa vie ? Son fils Isaac, ou le Seigneur son Dieu ? Est-ce que Dieu est vraiment son Dieu, ou est-ce qu’Abraham a fait de son fils Isaac une idole qu’il place au-dessus de tout y compris de Dieu ?

C’est à ces questions que la suite du récit répond en nous montrant la foi extraordinaire d’Abraham. Abraham va surmonter cette épreuve insurmontable. Sa foi va résister et en ressortir encore plus forte. Mais face à une telle foi, les lecteurs que nous sommes sont en même temps confrontés à leurs propres manquements ? Car, nous le savons bien : à la place d’Abraham, nous aurions évidemment échoué.

Mais avant de nous intéresser à la manière dont ce texte s’applique à nous, je vous invite à observer trois choses que nous montre ce texte : (I) l’obéissance d’Abraham, (II) la confirmation de l’alliance et (III) la providence de Dieu.

I. L’obéissance d’Abraham

Comment réagit Abraham à la demande insoutenable formulée par Dieu ? V.3 : « Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac ». Non seulement Abraham accepte d’obéir à Dieu, mais en plus il se lève de bon matin, sans hésiter. Il sait ce qu’il doit faire, et alors il le fait, même si ça doit lui fendre le cœur. Les trois jours qui suivent ont dû être horribles pour lui. V.4 : « Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour aller à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham leva les yeux et vit l’endroit de loin. Il dit à ses serviteurs : ‘Restez ici avec l’âne. Le jeune homme et moi, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous‘ ». Abraham ne savait pas encore que Dieu allait pourvoir un bélier qui allait prendre la place d’Isaac sur l’autel, alors pourquoi annonce-t-il à ses serviteurs qu’il reviendra bientôt avec son fils puisqu’il sait qu’il va le sacrifier ? Est-ce qu’il est en train de leur mentir ? C’est ce qu’on pourrait croire, mais ce n’est pas le cas. Car voici comment l’auteur inspiré de l’épître aux Hébreux commente ce passage, au chapitre 11, aux v.17-19 : « C’est par la foi qu’Abraham a offert Isaac lorsqu’il a été mis à l’épreuve. Oui, il a offert son fils unique en sacrifice, bien qu’il ait reçu les promesses et que Dieu lui ait dit : c’est par Isaac qu’une descendance te sera assurée. Il pensait que Dieu était capable même de le ressusciter des morts. C’est pourquoi il a retrouvé son fils par une sorte de résurrection ». Voilà pourquoi Abraham annonce à ses serviteurs qu’il reviendra avec Isaac : il faisait confiance à Dieu, il savait que Dieu tiendrait sa promesse que par Isaac une descendance lui sera assurée. Mais si Dieu voulait qu’Abraham tue Isaac, ça voulait dire que Dieu allait rendre Isaac à la vie, qu’il allait le ressusciter car il croyait que Dieu en avait le pouvoir.

Notez bien comment le récit continue au v.6 : « Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et porta lui-même le feu et le couteau. Ils marchèrent tous les deux ensemble ». Isaac porte lui-même le bois sur lequel son père va bientôt le frapper, et pourtant, ils marchent ensemble. Puis au v.7, Isaac pose une question qui a dû briser le cœur de son père : « Isaac s’adressa à son père Abraham en disant : ‘Mon père !’. Il répondit : ‘Me voici, mon fils !’. Isaac reprit : ‘Voici le feu et le bois, mais où se trouve l’agneau pour l’holocauste?’ ». Abraham n’a pas le courage de dire la vérité à son fils, alors il reste vague : « ‘Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste‘. Et ils continuèrent à marcher tous les deux ensemble ». Mais en faisant cela, il annonce sans le savoir que Dieu va effectivement procurer un substitut pour prendre la place d’Isaac sur l’autel.

Puis vient le moment fatidique où Abraham doit enfin sacrifier son fils unique. V.9 : « Lorsqu’ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit un autel et rangea le bois. Il attacha son fils Isaac et le mit sur l’autel par-dessus le bois. Puis Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils. Alors l’ange de l’Eternel l’appela depuis le ciel et dit : ‘Abraham ! Abraham !’. Il répondit : ‘Me voici !‘. L’ange dit : ‘Ne porte pas la main sur l’enfant et ne lui fais rien, car je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils unique’ ».

L’épreuve est terminée. A la place, Dieu donne un substitut qui remplace Isaac sur l’autel. V.13 : « Abraham leva les yeux et vit derrière lui un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Abraham donna à cet endroit le nom de Yahvé-Jiré. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui : ‘A la montagne de l’Eternel il sera pourvu’ ».

Voici quelle était la foi d’Abraham, voici l’histoire de sa mise à l’épreuve, voici son obéissance exemplaire. Et cette obéissance va lui valoir une récompense, car la suite du récit nous montre que Dieu se manifeste alors pour confirmer son alliance. C’est mon deuxième point :

II. La confirmation de l’alliance.

A partir du v.15, le Seigneur Dieu confirme ici à Abraham les promesses de l’alliance qu’il a précédemment établi avec lui. C’est ce que nous trouvons à partir du v.15 : « L’ange de l’Eternel appela une deuxième fois Abraham depuis le ciel. Il dit : ‘Je le jure par moi-même – déclaration de l’Eternel -, parce que tu as fait cela et que tu n’as pas refusé ton fils unique, je te bénirai et je multiplierai ta descendance : elle sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel, pareille au sable qui est au bord de la mer. De plus, ta descendance possédera les villes de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance, parce que tu m’as obéi’ ».

Ici, nous voyons que l’obéissance d’Abraham est récompensée, et quelle est sa récompense ? C’est une assurance encore plus grande que Dieu honorera bien les promesses de l’alliance qu’il a déjà faites précédemment par pure grâce. Car ce que Dieu fait ici, c’est simplement répéter les promesses qu’il a faites à Abraham depuis le début. Dieu avait promis principalement trois choses à Abraham : de le bénir, de multiplier sa descendance et de donner un pays à cette descendance. Et que fais Dieu ici ? Il annonce à nouveau qu’il va bénir Abraham, multiplier sa descendance et lui donner un territoire.

Alors, est-ce qu’Abraham a mérité toutes ces choses par son obéissance ? Pas du tout : Dieu lui avait déjà promis toutes ces choses par pure grâce, sans qu’Abraham ait a mérité quoi que ce soit pour obtenir la réalisation de ces promesses.

Mais il y a quelque chose de nouveau dans ce que Dieu dit ici. Regardez bien le v.16. Dieu dit : « Je le jure par moi-même – déclaration de l’Eternel -, parce que tu as fait cela et que tu n’as pas refusé ton fils unique, je te bénirai et je multiplierai ta descendance ». Dieu jure par lui-même. Pourquoi ? C’est à nouveau l’auteur de l’épître aux Hébreux qui nous éclaire, au chapitre 6, v.16-18 : « Or, les hommes jurent par plus grand qu’eux et le serment est une garantie qui met fin à toute contestation. C’est pourquoi Dieu, voulant montrer plus clairement encore aux héritiers de la promesse le caractère irrévocable de sa décision, est intervenu par un serment. Ainsi, par deux actes irrévocables dans lesquels il est impossible que Dieu mente, nous sommes puissamment encouragés, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée ».

Lorsqu’on jure quelque chose, c’est pour donner une garantie qu’on tiendra la promesse qu’on a faite. Par exemple, si on dit « Croix de bois, croix de fer, si je mens, j’vais en enfer », on est en train de jurer que ce qu’on dit est vrai, et que si ce n’est pas le cas, on veut bien aller en enfer. Ou alors, si on dit « j’le jure sur la tête de ma mère », ça veut dire que si on ment, alors on voudra bien donner la tête de sa mère pour expier la parole que l’on n’a pas tenu.

Et voici comment Dieu récompense l’obéissance d’Abraham : puisqu’Abraham lui a été si obéissant qu’il a donné son fils pour lui, puisqu’Abraham a vraiment mis Dieu à la première place de sa vie, alors Dieu lui donne l’assurance en jurant par lui-même que ce qu’il a promis, c’est sûr qu’il l’accomplira. Et ainsi, l’assurance d’Abraham est en fait la conséquence de son obéissance. Ca ne veut pas dire qu’Abraham est sauvé par ses œuvres, car le salut est par la grâce seule au moyen de la foi seule. Mais la foi qui sauve n’est jamais seule et est toujours accompagnée d’œuvres de foi de sorte que les œuvres d’Abraham manifestaient que sa foi était véritable et ainsi il pouvait être assuré qu’il était un croyant véritable et que les promesses de Dieu était vraiment pour lui. Et donc son assurance que Dieu accomplirait ses promesses étaient la récompense de son obéissance qui était elle-même la conséquence du salut par la grâce au moyen de la foi par laquelle Abraham était sauvé.

Abraham a obéi en homme de foi, son obéissance a été récompensée par une confirmation très forte des promesses de Dieu, mais ce n’est pas tout. Nous avons vu l’obéissance d’Abraham et la confirmation de l’alliance, voyons maintenant :

III. La providence de Dieu

La conclusion de notre texte à partir du v.19 peut nous sembler un peu curieuse : « Abraham retourna vers ses serviteurs. Ils se levèrent et repartirent ensemble à Beer-Shéba. En effet, Abraham habitait à Beer-Shéba. Après cela, on annonça à Abraham : ‘Milca a aussi donné des fils à ton frère Nachor : Uts, son aîné, Buz, son frère, Kemuel, le père d’Aram, Késed, Hazo, Pildash, Jidlaph et Bethuel. Bethuel a eu pour fille Rebecca. Voilà les huit fils que Milca a donnés à Nachor, le frère d’Abraham. Sa concubine, appelée Réuma, a aussi mis au monde Thébach, Gaham, Tahash et Maaca’ ».

A première vue, on ne comprend pas trop pourquoi Dieu a pris la peine de mettre dans la Bible ces quelques versets. Je ne vais pas trop m’attarder sur ces versets, mais mettez-vous un instant à la place d’Abraham et Sara. Les plus grandes épreuves de leur vie sont derrière eux. Leur confiance est en Dieu pour le reste de leur vie. Dieu a promis que par Isaac, Abraham serait béni et qu’il aura une descendance, et Dieu a juré cela par lui-même. L’avenir est prometteur. Alors, Abraham et Sarah, la vie est belle, non ? Vous n’allez plus trop avoir de soucis, n’est-ce pas ?

Eh bien, il se trouve qu’ils avaient un dernier sujet de préoccupation. Comme le montre le chapitre 24, les parents d’Isaac se souciaient de la personne avec qui Isaac allait se marier. L’enjeu était important ! Après tout, c’est par Isaac que Dieu susciterait la descendance promise. Il fallait donc lui choisir la bonne femme, c’est-à-dire une femme qui ne le conduirait pas dans l’idolâtrie et qui ne le séparerait pas du seul vrai Dieu.

Alors que fait Dieu ? Eh bien, il se préoccupe de la descendance d’Isaac. Bien avant qu’Abraham n’envoie son serviteur chercher une femme pour son fils, Dieu est déjà en train de préparer l’avenir. Rébecca, la fille de Béthuel, deviendra en effet la femme d’Isaac. Ainsi, Dieu ne se contente pas de pourvoir un substitut à Isaac en envoyant un bélier pour être sacrifié à sa place, il lui pourvoit aussi providentiellement une épouse. Notre Dieu est le Dieu qui pourvoit, et si nous savons cela, alors nous pourrons être patient dans l’adversité, reconnaissant dans la félicité, et avoir bonne confiance pour notre avenir en notre Dieu et Père fidèle dont rien ne pourra nous séparer de l’amour.

L’obéissance d’Abraham, la confirmation de l’alliance, la providence de Dieu, voici ce que nous montre ce texte. Il nous reste à nous poser une dernière question, et la voici :

Quel profit pouvons-nous retirer de l’étude de ce texte ?

Quel effet ce texte doit-il avoir sur cette vie ? Que devons-nous retenir ? J’aimerais suggérer ici 3 ou 4 pistes.

1. Nous devons mettre Dieu à la première place dans tous les domaines de notre vie, comme Abraham l’a fait.

Alors bien sûr, Dieu ne nous demande pas comme à Abraham de sacrifier notre fils unique. Mais voici ce que Jésus réclame de chacun de ses disciples : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10.37). Autrement dit, ce que nous devons aimer de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force, ce n’est pas mon père ou ma mère, ou mon épouse ou mes enfants, ou mes loisirs, ou ma carrière, ou l’argent, ou le pouvoir, ou le sexe, ou quoi que ce soit d’autre. Ce qui doit être à la première place dans tous les domaines de la vie, ça doit être le Dieu d’Abraham.

Si nous ne faisons pas ça, alors nous ne sommes pas digne de Jésus, nous ne méritons pas d’être sauvés ou même d’être bénis par Dieu. En fait, il est possible que la raison pour laquelle Isaac devait être sacrifier, c’est qu’il ne méritait pas que Dieu fasse de lui l’héritier des promesses faites Abraham. Isaac ne méritait pas d’être le dépositaire des promesses de Dieu, en fait, il méritait plutôt le feu de la colère de Dieu, il méritait plutôt d’être frappé par lui. Et c’est la deuxième chose que nous devons admettre :

2. Nous ne sommes pas capables par nous-mêmes de mettre Dieu à la première place de notre vie.

Même avec la meilleure volonté du monde, nous serions incapables de mettre Dieu à la première place de notre vie. Il suffit de s’observer soi-même un peu pour constater que nous sommes des êtres égoïstes, centrés sur nous-mêmes. Nous avons la première place dans notre vie, et nous ne voulons pas laisser cette place à Dieu. Mais il s’agit là d’un crime grave, car nous refusons de laisser à Dieu la place qu’il mérite pourtant, nous méprisons sa grandeur, nous refuser de reconnaître sa valeur. Et par conséquent, comme Isaac, nous méritons de recevoir le feu de la colère de Dieu et d’être frappé par lui. Mais si nous méritons une telle condamnation, comment pourrions-nous y échapper et entrer à nouveau en grâce ? C’est la troisième chose qu’il faut faire avec ce texte :

3. Il faut laisser ce passage diriger notre regard vers une autre histoire où un Père a sacrifié son Fils.

Abraham a dû prendre son fils unique qu’il aimait pour le sacrifier sur une montagne du pays de Morija, de même Dieu le Père aimait son Fils unique, et il l’a envoyé dans le monde pour qu’il nous serve de sacrifice sur le mont du calvaire. Isaac a dû se charger du bois sur lequel il allait être offert en holocauste, de même Jésus a porté le bois de sa propre croix. Abraham a dû porter lui-même le feu et le couteau qu’il devait utiliser pour sacrifier son propre fils, de même Dieu le Père lui-même a déversé sa colère sur son propre Fils de sorte que celui-ci s’est senti complètement abandonné par Dieu sur la croix, c’est Dieu lui-même qui l’a puni, frappé et humilié, de sa propre main. Dieu a épargné Isaac en envoyant un bélier prendre sa place sur l’autel, de même Dieu nous épargne en envoyant Jésus qui est l’agneau qui ôte le péché du monde et qui prend notre place sur la croix, qui prend sur lui notre condamnation.

Notez ce qu’il se passe dans notre passage : au dernier moment, alors qu’Abraham s’apprêtait à égorger son fils, l’ange de l’Eternel a crié : « Ne porte pas la main sur l’enfant » ? Mais lors de la crucifixion de Jésus, aucune voit venu du ciel ne s’est fait entendre pour arrêter le massacre du Fils de Dieu.

Notez aussi qu’Abraham a retrouvé son fils par une sorte de résurrection. Mais Jésus-Christ, lui, a vraiment vaincu la mort, il est vraiment ressuscité.

Notez enfin qu’Abraham a mis Dieu à la première place de sa vie. Mais Jésus-Christ, lui, l’a fait encore mieux : il a vécu la vie que nous devrions vivre et a souffert la mort que nous devrions souffrir.

Le récit du sacrifice d’Isaac nous parle donc avant tout de Jésus, et c’est à lui que nous devons regarder.

Et c’est seulement lorsqu’on voit que Jésus a obéi comme Abraham que nous pouvons commencer à vivre comme Abraham. En effet, si nous savons que Dieu nous a déjà acceptés en Jésus-Christ, alors nous trouverons en lui les ressources nécessaires pour mettre Dieu à la première place.

Jésus a obéi comme Abraham, Jésus est la confirmation ultime de l’alliance, Jésus est la descendance d’Abraham par laquelle toutes les nations sont bénies et qui a dans sa généalogie Isaac et Rébecca que la Providence de Dieu avait préparé l’un pour l’autre. Comme tout l’Ancien Testament, ce texte nous parle de Jésus pour que nous le contemplions.

Prédication donnée le samedi 17 mai 2008 à l’Eglise Protestante Evangélique de la Rue des Ternes.


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