Le Christianisme, c’est bien, mais… je suis déjà quelqu’un de bien : pourquoi aurais-je besoin d’un sauveur ?
Le message du Christianisme peut se résumer en une toute petite phrase : « Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs ».
Imaginez la scène suivante : vous vous promenez dans Paris, sur les quais, le long de la Seine. Au moment de passer sous le Pont Neuf, un individu vous jette une bouée de sauvetage en vous criant : « Attrape la bouée de sauvetage pour être sauvé de la noyade ». Qu’est-ce que vous feriez dans ce cas là ? Moi, je me dirais que cette personne est complètement tarée : je ne risque pas de me noyer en ayant mes deux pieds sur la terre ferme, et je n’ai certainement pas besoin d’une bouée de sauvetage.
Maintenant, imaginez que quelqu’un vous pousse dans la Seine alors que vous ne savez pas très bien nager. Vous commencez à vous affoler, à vous débattre. Vous êtes emporté par le courant, vous buvez la tasse. Et là, au moment de passer sous le Pont Neuf, un individu vous jette une bouée de sauvetage en vous criant : « Attrape la bouée de sauvetage pour être sauvé de la noyade ». Qu’est-ce que vous feriez dans ce cas là ? Vous attraperiez la bouée de sauvetage, et une fois les pieds sur la terre ferme, vous remercieriez votre sauveur.
C’est un peu pareil avec le Christianisme. Si on se dit qu’on est déjà quelqu’un de bien, alors le fait que Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs ne semblera pas s’appliquer à nous. Mais si on sait qu’on n’est pas quelqu’un d’assez bon, alors le message du christianisme nous semblera tout d’un coup beaucoup plus pertinent.
Et ce que nous dit la Bible, c’est que même si on est déjà quelqu’un de bien, on a quand même besoin d’un Sauveur. Et j’aimerais vous le montrer à partir d’un épisode tiré de la vie de Jésus qu’on trouve dans l’Evangile de Jésus-Christ rapporté par Saint-Luc au chapitre 18, verset 18 à 27. C’est l’histoire de quelqu’un de bien sous tout rapport. Il n’a jamais trompé sa femme, il n’a tué personne, il n’a jamais rien volé, il n’a jamais menti contre son prochain pour lui faire du mal, il respecte ses parents, bref, c’est déjà quelqu’un de bien. Et pourtant, Jésus va lui montrer que même s’il est déjà quelqu’un de bien, il n’est pas assez bon et qu’il a quand même besoin d’un sauveur. Voici ce que nous dit la Parole de Dieu dans ce passage :
‘Un chef interrogea Jésus et dit : « Bon maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? ». Jésus lui répondit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne commettras pas de meurtre ; tu ne commettras pas de vol; tu ne porteras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère ». « J’ai respecté tous ces commandements dès ma jeunesse », dit-il. Après avoir entendu cela, Jésus lui dit : « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi ». Lorsqu’il entendit ces paroles, l’homme devint tout triste, car il était très riche. Voyant qu’il était devenu tout triste, Jésus dit : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! En effet, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Ceux qui l’écoutaient dirent : «Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondit : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ».’
J’aimerais vous montrer trois choses dans ce texte. Premièrement, ce dont les gens bien ne veulent pas : un sauveur. Deuxièmement, ce dont les gens bien ont quand même besoin : un sauveur. Et troisièmement, ce que Dieu donne même aux gens bien : un sauveur.
I. Ce dont les gens bien ne veulent pas, c’est un sauveur.
La religion naturelle de l’homme, c’est de considérer l’entrée au paradis comme un examen : si on fait les choses assez bien, si on a la moyenne, alors Dieu nous acceptera au paradis.
C’est exactement la manière d’aborder les choses que l’on trouve dans ce texte. V.18 : ‘Un chef interrogea Jésus et dit: «Bon maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ?»’. Voyez comment il formule sa question : « que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ?». Cet homme avait l’impression de pouvoir y arriver par lui-même. Il s’adresse à Jésus pour savoir quels sont les critères qu’il faut remplir pour hériter de la vie éternelle, pour mériter son paradis. Il veut juste savoir sur quoi il va être noté, et ensuite il va faire ce qu’il faut pour y arriver.
Cet homme nous ressemble, il est comme nous. Sa mentalité est la nôtre, il agit sur le principe du dicton ancien « Aide-toi et le ciel t’aidera » ou encore sur celui du slogan de Nike : « Just do it ! Fais-le ! ». C’est pour cette raison que les gens bien ne veulent pas d’un sauveur : ils croient qu’ils peuvent y arriver par leur propres moyens, ils croient qu’ils sont assez bons pour obliger Dieu à les accepter, ils croient qu’ils sont assez forts pour réussir l’examen d’entrée au paradis.
Alors que fais Jésus ? Il va lui répondre en lui montrant qu’il n’est pas quelqu’un d’aussi bien que ce qu’il pense.
D’abord, au v.19 : Jésus lui répondit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul’. En disant cela, Jésus oblige cet homme à préciser par le mot bon. On utilise le mot bon ou bien un peu de la même façon qu’on utilise le verbe aimer ou adorer. On dit à la fois « j’aime la pizza » et « j’aime ma femme », « j’adore le chocolat » et « j’adore Dieu ».
Cet homme pensait être bon, mais bien sûr il n’était pas bon comme Dieu est bon. Alors Jésus le force à comparer la bonté de Dieu avec sa propre bonté : « Tu crois être quelqu’un de bon ? Alors compare ta bonté avec la bonté de Dieu pour voir si tu es vraiment bon. Dieu seul est bon ». Et c’est ce que Jésus nous demande à nous aussi : « Vous pensez être quelqu’un de bien ? Mais est-ce que tu t’es comparé à Dieu avant penser que tu es quelqu’un de bien ? Dieu seul est bon ». Si on se compare à Dieu, si on sait qu’on devrait être aussi parfait que Dieu est parfait, alors on a tout de suite moins tendance à croire qu’on est quelqu’un de bien.
C’est seulement après avoir fait cela que Jésus présente à cet homme ce qu’il doit faire, au v.20 : ‘Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne commettras pas de meurtre ; tu ne commettras pas de vol; tu ne porteras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère’. Voilà ce qu’il faut faire. Et c’est là que les gens bien pensent qu’ils sont en bonne voie et qu’ils n’ont pas besoin d’un Sauveur. L’homme de cette histoire pense qu’il a les moyens de réussir l’examen d’entrée au paradis, il pense que s’il observe de manière extérieure tous ses commandements, il gagnera son paradis. Car voici la réponse qu’il fait à Jésus au v.21 : ‘«J’ai respecté tous ces commandements dès ma jeunesse», dit-il’.
Jésus va le montrer dans la suite du texte : cet homme se trompait sur lui-même. Il n’était pas quelqu’un d’aussi bien que ce qu’il pensait. Mais dans son orgueil, il s’aveuglait sur sa condition réelle. Et ce qu’il ne voulait surtout pas, c’était un sauveur. Il voulait y arriver par lui-même. Il croyait qu’il était assez bon, qu’il avait les capacités en lui-même pour aller à Dieu. Il voulait être son propre sauveur, et ne pas dépendre de quelqu’un d’autre pour hériter de la vie éternelle. Il ne voulait pas d’un sauveur. Ce dont les gens bien ne veulent pas, c’est un sauveur. Pourtant :
II. Ce dont les gens bien ont besoin, c’est un sauveur.
C’est ce que Jésus va montrer à cet homme. Jésus avait à sa disposition plusieurs façons de montrer à cet homme qu’il n’était pas aussi parfait qu’il ne le prétendait. Il aurait pu expliquer à cet homme que ce n’était pas vrai, qu’il n’avait pas respecté tous ces commandements dès sa jeunesse. Puisque Jésus savait tout, il aurait pu lui dire les différents moments où il n’avait pas honoré son père et sa mère.
Ou alors, Jésus aurait pu mieux expliquer que dans ces commandements, Dieu n’exigeait pas seulement de nous qu’on s’y conforme de façon externe, mais aussi de manière intérieure. Dans un autre passage, Jésus explique que celui qui convoite une femme qui est celle d’un autre, commet l’adultère dans son cœur ; et que celui qui insulte son frère mérite d’aller en enfer, car devant Dieu, il est un meurtrier.
Autrement dit, Dieu ne demande pas que nous observions des règles seulement, il demande aussi que notre cœur soit pur. Et il y a pire, non seulement Dieu réclame que nos mains et nos cœurs soient purs, mais en plus il réclame que nous soyons parfaits tout le temps. La moindre faute est éliminatoire. Il faut un 20/20 pour réussir l’examen d’entrée au paradis. 19,5/20 est une note éliminatoire.
Ca veut dire que si on convoite une seule fois une femme qui n’est pas la nôtre, si on est une seule fois furieux contre un autre être humain, si on a une seule fois été jaloux de ce que quelqu’un d’autre possédait, si on a dit un seul mensonge, si on a pensé une seule fois du mal de nos parents, alors on est disqualifié pour l’entrée au paradis.
C’est ça le niveau d’exigence que Dieu nous impose pour que nous héritions de la vie éternelle.
Jésus aurait pu expliquer tout ça à cet homme. Mais il ne l’a pas fait. Il a choisi ici une autre méthode. Au lieu de lui montrer l’énormité de ce que Dieu exige de nous, il va mettre le doigt là où ça fait mal. V.23 : ‘Après avoir entendu cela, Jésus lui dit : « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi »’.
Après avoir entendu dire cet homme qu’il appliquait les commandements de Dieu, Jésus lui lance un défi : « Puisque tu dis que tu appliques les commandements de Dieu, on va voir si tu es prêt à respecter le plus grand des commandements qui est d’aimer Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée».
Jésus lui demande de choisir : « sois tu choisi tes richesses, sois tu choisis Dieu, et tu me suis ». Autrement dit, cet homme n’aimait pas Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force parce que ses richesses étaient un sérieux concurrent au Dieu véritable. En fin de compte, son dieu à lui, c’était l’argent.
Alors, peut-être que vous n’êtes pas dans ce cas. Peut-être que vous avez un problème avec les biens matériels, ou peut-être pas. Mais une chose est sûre : nous avons tous nos petits dieux. Nos dieux, ce sont les choses qui comptent le plus pour nous, c’est ce qui remplit notre vie. Ca peut être l’argent, mais ça peut être aussi le sexe, le pouvoir, notre loisir préféré ou la personne qu’on aime. S’il y a des choses qui passent dans notre vie avant Dieu, alors c’est qu’on est idolâtre. Et laissez-moi vous le dire : nous sommes tous dans cette situation.
Comme l’homme riche de cette histoire, nous avons quelque chose dans notre vie qui prend la place de Dieu, la première place dans notre vie. Et si nous pensons être quelqu’un de bien, Jésus nous le montre ici : nous ne serons jamais quelqu’un d’assez bien, parce que Dieu n’est pas à la première place de notre vie. Et c’est pour ça que ce dont même les gens bien ont besoin, c’est d’un sauveur.
III. Ce que Dieu donne même aux gens bien, c’est un sauveur.
V.23 : ‘Lorsqu’il entendit ces paroles, l’homme devint tout triste, car il était très riche. Voyant qu’il était devenu tout triste, Jésus dit : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! En effet, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». Ceux qui l’écoutaient dirent : «Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondit : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ».’
La conclusion de cette histoire nous apprend deux choses. Premièrement, il est impossible aux hommes, même aux gens bien, d’hériter de la vie éternelle. L’homme riche est reparti tout triste, parce que son cœur était trop attaché à ses richesses pour s’en défaire. Et nous, de quoi sommes-nous esclaves ? En quoi plaçons-nous notre satisfaction ? Qu’est-ce qui nous donne le plus de joie dans cette vie ? La réussite professionnelle ? Notre vie amoureuse ? Notre réputation ? La maison qu’on rêve d’avoir ? Le regard que les autres ont sur nous ? Les études que vont faire nos enfants ? Notre niveau socio-professionnelle ? Notre appartenance religieuse ?
Il est difficile et même impossible à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu parce que sont cœur est attaché à ses richesses, mais Jésus aurait pu dire la même chose de nos propres idoles, quelles qu’elles soient. Nous ne pouvons pas hériter de la vie éternelle, nous ne pouvons pas gagner notre paradis, nous ne pouvons par réussir l’examen d’entrée au paradis par nous-mêmes. Nous avons besoin d’un sauveur, même si on pense être quelqu’un de bien.
Alors Dieu nous le donne. Il nous donne un sauveur. Car ‘ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu‘.
Le message du christianisme est différent de celui de toutes les autres religions. Dans les autres religions, il faut être quelqu’un de bien, il faut faire les bons rites, croire les bonnes choses. Si on fait bien les choses, alors on héritera de la vie éternelle, car on l’aura bien mérité.
Mais la Bible nous dit que ce que Dieu exige de nous pour nous accepter, ce n’est rien de moins que la perfection. Si nous ne sommes pas parfaits comme Dieu est parfait, alors il nous rejettera. Une seule erreur, et nous sommes perdus. Et donc, on est tous perdus, on est tous en train de se noyer, on a tous besoin d’une bouée de sauvetage.
Et voici le Bon Maître qui s’approche et qui se présente à nous comme celui qui nous sauve. Il est bon, comme seul Dieu est bon. Et c’est normal, parce qu’il est lui-même Dieu. Jésus-Christ est venu dans le monde pour vivre la vie que nous devrions tous vivre en mettant Dieu à la première place de sa vie, et pour souffrir la mort que nous devrions tous souffrir en tant que pécheurs qui refusons de mettre Dieu à la première place. Il a réussi l’examen d’entrée, il a eu 20/20.
Pour que des gens comme nous puissent être sauvés, il fallait que quelqu’un prenne notre place, qu’il se noie à notre place alors qu’il ne le méritait pas. Cette personne devait être à la fois vrai Dieu et un vrai homme qui soit juste. Il devait être vrai homme parce que la justice de Dieu exige que la nature humaine qui a péché paie pour le péché. Il devait aussi être juste parce que quelqu’un qui serait lui-même pécheur ne pourrait pas payer pour d’autres. Et il devait être vrai Dieu pour que par la puissance de sa divinité, il puisse supporter en son humanité le poids de la colère de Dieu. Ce que Dieu donne même aux gens bien c’est un sauveur, c’est Jésus-Christ. Les gens bien ne peuvent mériter leur paradis, mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu : il fait entrer aux paradis par les mérites du Christ ceux qui placent en Jésus leur confiance, ceux qui croient qu’il est le Sauveur. Merci de votre attention.
Prédication donnée le samedi 6 juillet dans le cadre du “camp amitié” des GBU dans les locaux de la rue Serpente et le dimanche 7 juillet dans l’église protestante évangélique de sannois.
Excellente pred, qui répond vraiment très simplement (mais sans simplifier) à la question de départ.
Merci !