Le sacrilège de la messe papale

7 03 2008

La question 80 du catéchisme de Heidelberg caractérise ainsi la différence entre la conception catholique et la conception protestante de l’eucharistie :

Q. 80 : Quelle différence y a-t-il entre la cène du Seigneur et la messe papale ?

La cène nous atteste que nous avons rémission entière de tous nos péchés par l’unique sacrifice de Jésus-Christ, qu’il a lui-même accompli une fois pour toutes sur la croix (He 7.26s. ; 9.12, 25-28 ; 10.10, 12-14 ; Jn 19.30 ; Mt 26.28 ; Lc 22.19s.), et que par le Saint-Esprit nous sommes incorporés à Christ (1 Co 6.17; 10.16), qui se trouve maintenant, avec son vrai corps, au ciel à la droite du Père (He 1.3; 8.1s.) et veut y être adoré (Jn 4.21-24; 20.17; Lc 24.52; Ac 7.55-56; Col 3.1; Ph 3.20s.; 1 Th 1.10).

La messe, en revanche, enseigne que les vivants et les morts n’ont la rémission des péchés par la passion de Christ que si Christ est en outre quotidiennement sacrifié pour eux par des prêtres qui célèbrent les messes ; de plus elle enseigne que Christ se trouve corporellement sous les espèces du pain et du vin et que, par conséquent, il doit y être adoré. Ainsi la messe n’est au fond rien d’autre qu’une négation de l’unique sacrifice et passion de Jésus-Christ (He 9.6-10; 10.19-31) et qu’une maudite idolâtrie.

Et voici les raisons qui soutiennent cette affirmation un peu trop polémique sans doute en cet âge oecuménique… Lire la suite »





Réflexions sur le rôle du prêtre au sein de la messe papale

29 02 2008

On peut dire sans se tromper que la messe est la cérémonie qui est au centre de la vie spirituelle du catholique pratiquant. On peut définir la messe comme la cérémonie liturgique au cours de laquelle les prêtres officiants célèbrent le sacrifice de l’eucharistie. Initialement, le terme de messe ne qualifiait que la deuxième partie du culte catholique. Mais puisque la raison principale pour laquelle les catholiques s’assemblent est précisément la célébration du sacrifice de l’eucharistie, les catholiques ont fini par dire qu’ils allaient à la messe.

La liturgie eucharistique (i.e. la deuxième partie de la messe qui aboutit à la consécration du pain et du vin) commence avec le dialogue suivant :

Le prêtre officiant : Le Seigneur soit avec vous.
L’assemblée : Et avec votre esprit.
Le prêtre officiant : Elevons notre cœur.
L’assemblée : Nous le tournons vers le Seigneur.
Le prêtre officiant : Rendons grâce au Seigneur notre Dieu
L’assemblée : Cela est juste et bon.

Cet extrait de la liturgie de l’eucharistie est significatif du rôle du prêtre catholique dans sa religion, et c’est là l’occasion pour moi de vous faire part de quelques réflexions… Lire la suite »





Où était la véritable Eglise ?

14 07 2007

Une question que posent assez régulièrement les catholiques romains aux protestants de toute dénomination – puisque les protestants par définition ne croient pas que l’Eglise Catholique Romaine est l’Eglise véritable – est de savoir si nous pensons que Jésus-Christ a été sans église dans le monde pendant toute la période où il n’y a eu pour seule église que la seule église romaine. Cette objection n’est pas nouvelle. Jean Calvin, le grand Réformateur français, s’était déjà senti obligé de répondre à cette objection dans l’Epître au Roi qu’il adressa en 1535 à François Ier et qui sert de préface à son Institution Chrétienne. Nous reproduisons ici la réponse qu’il apporte et qui nous semble être la meilleure réponse que nous puissions faire à cette objection : Lire la suite »





Catholiques et Protestants : quelle communion ?

26 01 2007

Q. Quelles sont les différences majeures entre Catholiques et Protestants ?

La première difficulté que l’on rencontrera pour répondre à cette question, c’est que d’un côté le Protestantisme est divers et que le catholicisme, s’il présente une forme d’unité extérieure, ne l’est pas moins. Le principe fondamental du Protestantisme, c’est celui du Sola Scriptura : les Saintes Ecritures sont la seule règle de la foi et de la vie du Protestant. Le problème, c’est que si la règle générale est Sola Scriptura, on rencontre au sein du protestantisme une variété d’école qui est dû au fait que, même si tous les Protestants adhèrent au principe des Ecritures seules, ils ne comprennent pas tous ces Ecritures de la même façon ou prennent des libertés par rapport à elles.

Par analogie, on pourrait dire que le principe fondamental du Catholicisme, c’est celui du Sola Ecclesia : le Magistère de l’Eglise Catholique Romaine est la seule règle de la foi et de la vie du Catholique. Le problème, c’est que si la règle générale est Sola Ecclesia, on rencontre au sein du Catholicisme une variété de croyances au niveau des individus qui est dû au fait que, même si tous les Catholiques adhèrent au principe du Magistère de l’Eglise, ils ne comprennent pas tous l’enseignement de l’Eglise de la même façon ou prennent des libertés avec.

La question des points communs et des différences entre Catholiques et Protestants est donc encore plus difficile à résoudre étant donnée la variété supplémentaire qu’ajoute l’individualisation des croyances.

Dans le cadre de cet article, je me limiterai à comparer ma conception (protestante) de la foi chrétienne à la doctrine officielle de l’Eglise Catholique.

Catholiques et Protestants se disent chrétiens et il est de bon ton de nos jours de s’accueillir les uns les autres comme des frères et sœurs en Jésus-Christ, même si nous sommes des frères et sœurs “séparés”. La question, néanmoins, mérite un peu plus réflexion, car avant de s’appeler mutuellement frères et sœurs, d’entrer en communion les uns avec les autres, il est sage de s’assurer d’abord que nous avons bien un même Dieu et Père, un même Christ, un même Esprit, un même Evangile et une même Croix au centre de nos vies.

Parler de “protestants” ne signifie pas forcément grand chose – nous l’avons vu plus haut – tant les courants qui traversent le protestantisme sont variés, les uns et les autres s’étant éloignés dans diverses directions des doctrines tenues par les Réformateurs au XVIème siècle. Mais c’est justement de ces doctrines de la Réformation que je me réclame et que je présente ci-dessous. Je me considère moi-même comme un “Réformé Evangélique” ; “Réformé” parce que je me situe dans la tradition théologique la plus en phase avec l’enseignement des Réformateurs ; “Evangélique” par opposition aux “Libéraux” (tous ceux qui se disent Réformés mais qui se sont éloignés de la confiance que les Réformateurs avaient dans la perfection de la Bible).

Je vais exposer ce qui unit Catholiques et Réformés Evangéliques et ce qui les séparent en considérant sept points de doctrine chrétienne qui me semble essentiels, et en examinant la compréhension réformée après avoir brièvement rappelé la compréhension catholique. Enfin, je me positionnerai sur la possibilité d’une communion œcuménique entre catholiques romains et réformés.

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