“Dieu prédestine au salut l’Eglise dans son ensemble, et non des individus”

9 04 2007

Certains théologiens (par exemple Robert Shank) ont avancé que Dieu n’élisait pas à salut des individus mais seulement des groupes. Voici leur argumentation : Jésus-Christ, disent-ils, est le seul individu qui a été prédestiné, et au fur et à mesure que des personnes viennent à la foi et entrent dans le corps de Christ, ils deviennent à leur tout “prédestinés”. Dans The Believer’s Conditional Security, l’arminien Daniel D. Corner compare le corps de Christ à un bateau. Le bateau est prédestiné à arriver au port céleste, mais c’est selon le libre choix de l’individu que celui-ci restera à bord du bateau ou non (p.viii). Selon cet enseignement, l’élection est conditionnée par la foi, ce qui revient à dire que nul n’est prédestiné inconditionnellement, car les personnes choisissent au contraire librement de croire en Christ : lorsqu’ils mettent leur foi en lui, ils deviennent membre du corps de Christ et c’est à ce moment-là qu’ils deviennent “prédestinés”. A strictement parlé, c’est donc l’Eglise en tant que corps qui est prédestiné ; les individus dans l’Eglise ne sont prédestinés que dans la mesure où ils croient et où ils sont devenus réellement membres de l’Eglise. Robert Shrank écrit dans Elect in the Son : “L’élection au salut est communautaire et ne concerne les individus que parce qu’ils se sont associés avec le corps élus et qu’ils en font partie” (p.48). Cet astucieux argument prétend prendre comme appui scripturaire Ephésiens 1.1-13 où nous lisons que les chrétiens ont été choisis “en Christ” (v.4, 11). Certains arminiens disent que le fait que nous ayons été choisis “en Christ” signifie que l’élection est communautaire et qu’elle est conditionnée par notre foi.
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“Dieu prédestine au salut l’Eglise dans son ensemble, et non des individus”

9 04 2007

Certains théologiens (par exemple Robert Shank) ont avancé que Dieu n’élisait pas à salut des individus mais seulement des groupes. Voici leur argumentation : Jésus-Christ, disent-ils, est le seul individu qui a été prédestiné, et au fur et à mesure que des personnes viennent à la foi et entrent dans le corps de Christ, ils deviennent à leur tout “prédestinés”. Dans The Believer’s Conditional Security, l’arminien Daniel D. Corner compare le corps de Christ à un bateau. Le bateau est prédestiné à arriver au port céleste, mais c’est selon le libre choix de l’individu que celui-ci restera à bord du bateau ou non (p.viii). Selon cet enseignement, l’élection est conditionnée par la foi, ce qui revient à dire que nul n’est prédestiné inconditionnellement, car les personnes choisissent au contraire librement de croire en Christ : lorsqu’ils mettent leur foi en lui, ils deviennent membre du corps de Christ et c’est à ce moment-là qu’ils deviennent “prédestinés”. A strictement parlé, c’est donc l’Eglise en tant que corps qui est prédestiné ; les individus dans l’Eglise ne sont prédestinés que dans la mesure où ils croient et où ils sont devenus réellement membres de l’Eglise. Robert Shrank écrit dans Elect in the Son : “L’élection au salut est communautaire et ne concerne les individus que parce qu’ils se sont associés avec le corps élus et qu’ils en font partie” (p.48). Cet astucieux argument prétend prendre comme appui scripturaire Ephésiens 1.1-13 où nous lisons que les chrétiens ont été choisis “en Christ” (v.4, 11). Certains arminiens disent que le fait que nous ayons été choisis “en Christ” signifie que l’élection est communautaire et qu’elle est conditionnée par notre foi.
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Dieu est tout-puissant pour sauver (Ac 22.1-21)

4 03 2007

Actes 22.1-22

Est-ce que vous vous êtes déjà dit que vous aimeriez avoir un témoignage extraordinaire ? Si, comme moi, vous avez grandi dans une famille chrétienne, votre témoignage n’est peut-être pas vraiment spectaculaire.

En général, on nous dit que pour faire un bon témoignage, il faut raconter (i) comment était notre vie sans Christ, (ii) comment nous avons rencontré Christ et (iii) ce que Christ a changé dans notre vie. Le problème, c’est que c’est un peu difficile pour moi de vous dire à quel moment j’ai rencontré Christ. Etait-ce à quatre ans, lorsque mes parents me lisaient la Bible et m’apprenaient à prier ? Ou à huit ans lorsque j’ai commencé à lire la Bible par moi-même et à prier ? Ou à seize ans, lorsque j’ai mieux compris que j’étais un pécheur et que j’ai demandé le baptême ? Dieu seul sait en fait à quel moment j’ai été sauvé.

En tous cas, je n’ai pas un témoignage extraordinaire. Mais le Seigneur m’a appris que mon cœur était aussi mauvais que celui des pires des pécheurs et qu’il est tout-puissant pour ceux sauver toute sorte de personnes, aussi bien extérieurement justes qu’injustes.

Dans notre texte, Luc rapporte le témoignage de Paul devant une foule de Juifs en colère qui cherchaient à le tuer avant que les Romains n’interviennent. Il s’agit ici du deuxième des trois comptes-rendus de la conversion de Paul que nous trouvons dans le livre des Actes. En incluant trois récits de cet événement dans ce livre, le Saint-Esprit souligne combien cet événement est important et nous apprend en particulier dans ce récit, et c’est l’idée principale de notre passage, que

Dieu est tout-puissant pour sauver des pécheurs.

Si une foule en colère avait cherché à me tuer et que j’en avais été délivré, la première chose que j’aurais voulu faire n’aurait pas été de leur prêcher l’Evangile. Mais nous voyons Paul demander ici à l’officier romain la permission de parler à la foule et il s’adresse à elle dans sa langue, commençant un discours en trois parties : (i) sa vie avant sa conversion (v.1-5), (ii) sa conversion (v.6-14) et (iii) sa mission de prêcher l’Evangile à tous les hommes y compris au non-juifs (v.15-21). Lorsqu’il prononça ce mot, “non-juifs”, la foule cessa de l’écouter et, réclamant sa mort, l’empêcha de finir son message.
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La “double” prédestination

25 12 2006

Q. Peut-on dire que Dieu a prédestiné certains à la perdition ?

En Romains 8.29, il est dit que “ceux que Dieu a connus d’avance, il les a aussi prédestinés (proorise) à être semblables à l’image de son Fils”. Le mot proorise est ici utilisé pour parler d’une prédestination à la sainteté et à la vie éternelle.

En Actes 4.27-28, il est affirmé que “contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et avec les peuples d’Israël, pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient arrêté d’avance (proorise)”. Ici le mot proorise est utilisé pour parler d’une prédestination au péché et à la perdition.

On peut donc tout à fait dire que Dieu a prédestiné certains à la perdition puisque c’est l’usage que l’on trouve dans la Bible. Si le Saint-Esprit a inspiré les auteurs du Nouveau Testament à employer le mot proorise pour désigner la nature de l’action de Dieu concernant aussi bien la prédestination des élus à la sainteté que la prédestination des non-élus à un péché tel que celui de crucifier le Seigneur de gloire, il faut alors se poser cette question : est-ce que Dieu agit de façon symétrique dans la prédestination à la vie et dans celle à la mort ?

Nous appelons élection la décision éternelle de Dieu concernant les pécheurs qu’il a choisi de sauver. Nous appelons réprobation la décision éternelle de Dieu concernant les pécheurs qu’il n’a pas élu à salut. Cette dernière décision est essentiellement la décision de ne pas les changer – alors que les élus, eux, sont destinés à changer – mais de les laisser dans leurs péchés selon leur propre volonté et de finalement les juger en les punissant selon ce qu’ils méritent. Ce décret de réprobation est une réalité biblique (Rm 9.14-24; 1 P 2.8).

La doctrine de la “double” prédestination est la combinaison des doctrines de l’élection et de la réprobation. Il ne faut pas voir une symétrie parfaite entre l’élection de certains pécheurs et la réprobation des autres, car si tel était le cas, alors nous ferions de Dieu l’auteur du péché. Mais comme le dit la Confession de Foi de Westminster :

De toute éternité et selon le très sage et saint conseil de sa propre volonté, Dieu a librement et immuablement ordonné tout ce qui arrive ; de telle manière, cependant, que Dieu n’est pas l’auteur du péché, qu’il ne fait pas violence à la volonté des créatures, et que leur liberté ou la contingence des causes secondes sont bien plutôt établies qu’exclues.

C’est pourquoi, il faut bien maintenir les distinctions suivantes :

  • L’élection et la réprobation reposent sur des fondements distincts : l’élection repose sur l’amour rédempteur de Dieu qui entreprend le salut de pécheurs alors que la réprobation repose sur la nécessité morale que Dieu a de manifester à l’univers la nature et les conséquences du péché pour des personnes morales.
  • Dieu met en oeuvre des moyens pour accomplir son dessein d’élection, mais il ne met en oeuvre aucun moyen pour accomplir son dessein de réprobation : le péché a simplement la permission de continuer son oeuvre dans le pécheur jusqu’à celui-ci reçoive le salaire qui lui est dû.
  • Les conséquences de l’élection sont dues à la grâce divine alors que les conséquences de la réprobation sont dues au péché personnel. Cela veut dire qu’alors qu’il est fait grâce à certains, il n’est cependant fait injustice à personne.
  • Alors que Dieu prend plaisir dans le salut des élus, il a juré par lui-même qu’il ne prend pas plaisir dans la mort du méchant.
  • Les élus sont destinés à former un seul corps alors que les réprouvés sont simplement coupés de l’arbre de l’humanité.

Ainsi, on peut parler (suivant l’exemple de la Bible) d’une prédestination à la perdition. Il est cependant peut-être préférable d’utiliser une termonologie distincte pour ne pas tomber dans une vision symétrique de la double prédestination. On pourra par exemple utiliser le mot “prédestination” pour parler de l’élection à la vie et parler de “pré-ordination à la mort” en ce qui concerne la prédestination des réprouvés.





Le blasphème contre le Saint-Esprit : au-delà de tout pardon (Mc 3.20-35)

23 12 2006

Q. Quelle explication et quelle place pour le péché contre le Saint Esprit (Matthieu 12:32, Marc 3:29 et Luc 12:10) dans la doctrine de la Prédestination ?

Je répondrais à cette question en posant deux questions préliminaires au compte-rendu de cet épisode par Marc :

Marc 3.20-35

A partir de notre texte, posons-nous trois questions :

  1. Existe-t-il un péché impardonnable ?
  2. Si oui, de quoi s’agit-il ?

I. Existe-t-il un péché impardonnable ?

Existe-t-il vraiment un péché impardonnable ? Le verset 29 nous dit que “quiconque blasphémera contre le Saint Esprit n’obtiendra jamais de pardon : il est coupable d’un péché éternel“. Cela me conduit à faire trois observations :

1) Le pardon dont Jésus parle ici est le pardon de Dieu : la meilleure nouvelle pour un pécheur, c’est d’apprendre que Dieu l’a pardonné. Symétriquement la pire nouvelle pour un pécheur, c’est d’apprendre que Dieu ne le pardonnera jamais.

2) Lorsque Dieu dit jamais, ça veut dire jamais : lorsqu’un humain déclare : “je ne te pardonnerai jamais”, jamais ne veut pas toujours dire jamais ; mais lorsque Dieu dit qu’il ne nous pardonnera jamais, ça veut vraiment dire jamais ! Dieu ne pardonnera le blasphème contre le Saint-Esprit ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir (Mt 12.32) : c’est donc un “péché éternel” (v.29).

3) La personne qui commet ce péché subira éternellement la colère de Dieu : il est coupable d’un péché éternel.

Conclusion 1 : il existe bien un péché impardonnable. Jésus l’appelle “péché éternel” ; c’est un péché qui ne peut être pardonné.

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Quelques questions concernant la doctrine de l’élection

19 11 2006

Voici quelques questions qu’une de mes amies m’a posé après avoir lu Romains 9 :

Q. 1 : Pourquoi Dieu choisit-il de faire grâce à certaines personnes et d’endurcir d’autres personnes ?

La réponse à cette question se trouve en Romains 9 :

Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition, et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire ? Ainsi nous a-t-il appelés, non seulement d’entre les Juifs, mais encore d’entre les païens… (Romains 9.22-24)

Nous trouvons une idée semblable en Proverbes 16.4 : “L’Éternel a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur”.

Autrement dit, la raison pour laquelle Dieu choisit de faire grâce à certains et d’endurcir les autres, c’est pour accomplir son but. Dieu veut montrer sa colère, faire connaître sa puissance et manifester sa patience ; c’est pourquoi il a choisi d’en endurcir plusieurs. Et Dieu veut aussi faire connaître la richesse de sa gloire, sa miséricorde pour ses élus ; c’est pourquoi il a choisi de faire grâce à quelques uns.

L’objectif de Dieu en toute chose est de se glorifier lui-même. Autrement dit, son but est de faire connaître la grandeur et l’excellence de tous ses attributs pour qu’il soit exalté pour ce qu’il est – c’est seulement ainsi que Dieu est glorifié. C’est pourquoi il élit certains au salut et en réserve d’autres pour sa colère. Ainsi, (i) la sainteté de Dieu est pleinement manifestée, car il démontre sa haine absolue du péché qui est en contradiction absolue avec sa sainteté ; (ii) la justice de Dieu est pleinement magnifiée ; (iii) les élus savent ce qu’ils méritent, et donc lorsqu’ils considèrent leur élection et la réprobation des perdus, ils apprécient mieux leur salut ; (iv) les élus sont ainsi plus reconnaissants envers le Dieu de leur salut ; (v) la miséricorde de Dieu pour ses élus est pleinement manifestée ; (vi) cela doit conduire les élus à avoir confiance dans le Dieu qui les sauve infailliblement et les encourager dans la pureté ; (vii) il est alors bien plus évident que le salut est complètement immérité, mais si tous étaient sauvés, le salut semblerait être un droit.

Q. 2 : Mais ne veut-il pas que tous les hommes soient sauvés en croyant en Jésus et en venant à lui ?

Dans un sens, Dieu veut réellement que tous les hommes soient sauvés (cf. 1 Tim 2.4, Ez 33.11). Mais dans un autre sens, Dieu ne veut pas que tous les hommes soient sauvés parce qu’il désire quelque chose de mieux. Considéré en-soi, le salut de tous les hommes est une idée qui plaît vraiment à Dieu, comme nous le voyons dans ces versets. Mais lorsque Dieu considère toutes choses, il ne veut pas que tous les hommes soient sauvés. En effet, s’il le voulait, rien n’empêcherait que tous les hommes soient sauvés, puisque Dieu fait tout ce qu’il veut (Es 46.10). Mais sa volonté ultime qu’il exécute, c’est de faire connaître sa gloire – et il a choisi de le faire sans sauver tous les hommes afin de manifester sa colère, sa puissance et sa patience.

Q. 3 : Pour moi, ce n’est pas ça la justice…

Je peux répondre à cette question de deux façons. D’abord en faisant remarquer :

  1. La Bible enseigne que Dieu est juste (Rom 9.14)
  2. La Bible enseigne que Dieu choisit de sauver certains hommes et de laisser les autres dans leurs péchés (Rom 9).
  3. Donc la Bible enseigne que Dieu est juste lorsqu’il choisit de sauver certains hommes et de laisser les autres dans leurs péchés.

Mais il est peut-être plus intéressant d’essayer de comprendre pourquoi Paul dit au v.14 que Dieu n’est pas injuste. Nous trouvons la réponse à cette question en déterminant comment Paul répond à l’objection “Dieu serait-il injuste ?” (v.14). “Que dirons-nous donc? Y a-t-il en Dieu de l’injustice? Loin de là! Car il a dit à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion”. A première vue, l’argumentation de Paul est assez déroutante car on a pas l’impression que ça explique pourquoi l’élection inconditionnelle est juste.

L’argument de Paul réside dans sa citation d’Exode 33.19 : Dieu n’est pas injuste dans son décret d’élection et de réprobation à cause de ce qu’il a dit à Moïse en Exode 33. Lorsque Moïse veut voir la gloire de Dieu, le Seigneur lui répond qu’il va lui montrer sa bonté, qu’il va lui montrer son nom ; et son nom, c’est de faire grâce à qui il fait grâce et miséricorde à qui il fait miséricorde. Autrement dit, Dieu est en train de dire à Moïse (ainsi qu’à nous) que sa gloire est manifestée par son nom, et que son nom manifeste sa liberté absolue dans le choix des personnes à qui il fait grâce et miséricorde.

Quel rapport avec la justice ? D’abord, il faut souligner que la justice n’existe pas en-dehors de Dieu. La justice est un attribut de Dieu. Dieu est donc la norme de toute justice. Et d’ailleurs on pourrait ainsi définir la justice : quelqu’un est juste lorsqu’il manifeste la gloire du nom de Dieu. Cette définition est valable pour les hommes (l’action d’un homme est juste si et seulement si il manifeste par son action la gloire du nom de Dieu), mais elle est aussi valable pour Dieu (Dieu est juste dans la mesure où il manifeste la gloire de son nom).

Or, le nom de Dieu, c’est d’être parfaitement libre dans le choix de ceux qu’il sauve. La nature de Dieu, c’est de sauver certaines de ses créatures selon son bon plaisir, sans que cela ne dépende ni de celui qui court, ni de celui qui veut (Rom 9.16). La gloire de Dieu, c’est d’être libre dans le salut des hommes. Mais si Dieu ne choisissait pas inconditionnellement les hommes qu’il sauve, alors il violerait sa propre nature, et ainsi il serait injuste car il ne manifesterait pas la gloire de son nom.

En résumé :

  1. L’injustice, c’est d’agir d’une façon qui contredit la nature de Dieu.
  2. C’est la nature de Dieu de faire librement grâce (ou de ne pas le faire) selon son bon plaisir (Romains 9.15 ; Exode 33.19).
  3. Par conséquent, par l’élection inconditionnelle (et par la réprobation inconditionnelle), Dieu agit selon sa nature en tant que Dieu absolument libre.
  4. C’est pourquoi dieu n’est pas injuste dans l’élection (et la réprobation) inconditionnelle. En fait, il semble que cela soit même nécessaire pour que Dieu soit juste.

Q. 4 : Ca me donne l’impression qu’on est des marionnettes puisque finalement on n’a pas vraiment le choix…

Il faut maintenir que les hommes font vraiment des choix. En fait, les êtres humains ne font que ce qu’ils désirent le plus, le plus librement du monde. Tout ce que nous choisissons, nous le choisissons sans y être contraints. L’homme est libre de faire tout ce qu’il veut.

Seulement, avant de naître de nouveau, notre volonté est totalement oposée à Dieu. Nos désirs nous font fuir Dieu. Nous sommes libres de choisir ce qui est bon, mais notre nature est si corrompue que nous ne le choisirons jamais, et nous ne chercherons jamais Dieu si lui-même ne nous a pas choisi.

Autrement dit, l’homme a le choix entre le bien et le mal – mais à cause de sa nature corrompue, il choisit toujours le mal. Nous ne sommes donc pas des marionnettes : nous faisons ce que nous voulons ! D’ailleurs il y a plein d’autres différences entre les êtres humains et les marionnettes :

  1. Les êtres humains ont une conscience, les marionnettes n’en ont pas.
  2. Les êtres humains font des choix, les marionnettes n’en font pas.
  3. Les êtres humains ont une raison, les marionnettes n’en ont pas.
  4. Les êtres humains ont des émotions, les marionnettes n’en ont pas.
  5. Les êtres humains ont des préférences, les marionnettes n’en ont pas.
  6. Les êtres humains agissent en fonction de leurs préférences, les marionnettes non.
  7. Les êtres humains font consciemment ce qu’ils sont déterminés à faire, les marionnettes font inconsciemment ce qu’elles sont déterminées à faire.
  8. Les êtres humains comprennent ce qu’ils sont en train de faire – ils agissent avec des motifs, les marionnettes non.
  9. Les marionnettes sont déterminées par nécessité physique, les êtres humains sont déterminés par nécessité morale.

Q. 5 : Mais en ce qui concerne ceux à qui il a fait grâce, ils peuvent choisir de ne pas croire en lui, n’est-ce pas ?

La Bible enseigne la doctrine de la grâce irrésistible.

Nous parlons de grâce irrésistible ou de grâce efficace lorsque le Saint-Esprit agit de façon efficace pour amener une personne à la foi. Si Dieu se propose d’amener une personne à Christ, Dieu ne peut absolument pas échouer dans cette tâche. Cela veut dire que Dieu peut sauver tous ceux qu’il veut sauver. Personne n’est assez endurci pour que Dieu ne puisse pas le sauver. Si une personne meure sans Christ, ce n’est pas parce que Dieu a fait de son mieux et qu’il n’a pas réussi à faire que cette personne croit. Au contraire Dieu avait le pouvoir d’amener cette personne à la foi en Christ et de le sauver, mais il n’a pas décidé qu’il en serait ainsi.

Alors, si Dieu décide de nous sauver, peut-on rejeter la grâce qu’il nous fait ?

Il faut d’abord reconnaître que nous sommes spirituellement morts (Ephésiens 2.1-3). Par conséquent, nous sommes incapables par nous-mêmes de mettre notre foi en Christ. La condition pour qu’une personne croit à salut, c’est si Dieu ressuscite cette personne d’entre les morts et lui donne foi en lui. C’est-à-dire la condition pour qu’une personne croit à salut, c’est que ce soit Dieu qui la fasse croire à salut.

Comment Dieu nous fait-il croire à salut ? C’est en nous rendant spirituellement vivant (autrement dit, en nous faisant naître de nouveau). Nous sommes par nature morts par nos péchés, nous n’avons naturellement aucune incvlination vers Dieu et nous le haïssons. Mais Dieu, dans sa grâce, enlève en nous la haine que nous lui vouons et la remplace par un désir de lui. Ainsi, c’est l’action de Dieu sur nos coeurs qui fait que nous voulons venir à Christ. Ainsi, par sa grâce efficace, Dieu ne force personne à venir à Christ, mais il transforme leurs désirs de telle sorte que c’est volontairement qu’ils viennent à Christ. C’est pourquoi les hommes en qui Dieu a mis le désir de venir à lui vont nécessairement venir à lui, car les êtres humains agissent toujours en fonction de leur plus grand désir. La condition nécessaire et suffisante pour que nous venions à lui, c’est que Dieu fasse de Christ notre désir le plus profond. C’est pourquoi il n’est pas possible qu’un homme que Dieu a décidé de sauver puisse rejeter cette grâce. Dieu ne peut pas échouer (cp. Rom 8.30, Jn 6.37, 39, 44-45, 61-65).

Q. 6 : Et le libre arbitre dans tout ça ?

L’homme est libre de faire ce qu’il veut. Tout ce qu’il fait, il le fait volontairement, car il agit en fonction de sa plus grande préférence. C’est dans ce sens seulement qu’on peut parler de liberté de l’homme.

L’homme est libre de faire ce qu’il veut, mais sa volonté elle-même n’est pas libre. Jésus, en s’adressant à des Juifs non-régénérés leur dit qu’ils sont esclaves du péché et qu’ils ont besoin d’en être libéré (Jn 8). L’homme ne devient libre qu’en Christ (Rom 6). Avant la régénération, la nature de l’homme n’est qu’un esclave au service du péché. L’homme est prisonnier de la corruption de sa nature, et sa volonté procède de sa nature corrompue. L’homme a une volonté et il fait des choix volontaires, mais cela ne veut pas dire que ses choix sont indéterminés. L’homme déchu choisit le péché par nécessité à cause de la corruption de sa nature. Il s’agit là d’un emprisonnement de notre volonté dont Christ doit nous délivrer.

Le fait que nous choisissions de pécher par nécessité ne nous décharge pas de notre responsabilité. Si nous empruntons 1 million d’euros et que nous dilapidons cette somme, alors notre incapacité à rembourser notre dette ne nous décharge pas de notre responsabilité. De même notre incapacité morale à obéir à Dieu ne nous décharge pas de la responsabilité de lui obéir (cp. Rom 3.20 et la Q.9 du Catéchisme de Heidelberg).

C’est pourquoi il vaut mieux éviter d’employer l’expression “libre-arbitre” qui laisse entendre que l’homme a la capacité de faire un choix et son contraire, d’aimer Dieu ou de le haïr, de lui obéir ou de se rebeller contre lui, de le rechercher ou de le fuir. Le seul choix que l’homme naturel fait par nécessité, c’est de haïr Dieu, de se rebeller contre lui et de le fuir. La volonté de l’homme n’est pas libre, elle est esclave du péché.

Sans l’oeuvre surnaturelle, miséricordieuse et efficace du Saint-Esprit envoyé par le Père pour transformer notre disposition naturelle d’hostilité contre Dieu en une inclination surnaturelle vers Dieu, personne ne recevrait Jésus-Christ (Jn 6.65). Car l’homme naturel ne peut pas comprendre les choses spirituelles (1 Cor 2.14).








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