C’est une chose d’accepter son sort avec résignation. C’en est une autre d’être capable de le vivre dans la joie.
Sur votre droite Job, cet homme dont l’histoire nous est racontée dans un des livres de l’Ancien Testament, cette partie de la Bible qui a été écrite avant la venue de Jésus. Sur votre gauche, Marie dont Luc nous raconte l’histoire dans le passage que nous avons lu. Ils ont un point commun : ils se sont tous les deux retrouvés dans une situation difficile, et ont tous les deux accepté leur sort.
Considérons d’abord Job, sur votre droite. C’était un homme très riche qui avait beaucoup d’enfants et qui était en bonne santé. Mais voilà, des malheurs successifs lui tombèrent dessus, et il perdu coup sur coup toutes ses richesses, tous ses enfants ainsi que sa santé. Sa réaction envers Dieu peut nous paraître assez étonnante, jugez-en donc par vous même, car voici ce qu’il a déclaré au milieu de son malheur : « C’est nu que je suis sorti du ventre de ma mère , et c’est nu que je repartirai. L’Éternel a donné, l’Éternel a repris. Que le nom de l’Éternel soit béni » (Job 1.21). Job avait accepté son sort parce qu’il savait que c’est l’Éternel qui gouverne toute chose.
Observons maintenant Marie, sur votre gauche. C’était une jeune fille d‘origine modeste. Elle avait jusqu’alors vécu une vie sans histoire, mais voici qu’un événement extraordinaire avait bouleversé sa vie. Un ange lui était apparu et lui avait annoncé qu’elle deviendrait enceinte et que l’enfant qu’elle porterait serait le Fils de David, le Roi de Dieu qui devait délivrer son peuple. Il s’agissait là d’une grande faveur. Mais lorsque Marie questionna l’ange sur la façon dont cela arriverait, étant donné qu’elle était encore vierge, l’ange lui répondit que l’enfant allait être conçu miraculeusement par la puissance de Dieu. Il s’agissait là d’une grâce extraordinaire, mais cela pouvait aussi apporter certains soucis légitimes à Marie. Elle allait devenir enceinte alors qu’elle n’avait pas connu d’homme ; mais qui croirait à son histoire ? Elle avait beaucoup à perdre. Que penserait Joseph, son fiancée ? Elle risquait de perdre l’homme de sa vie. Et tous les gens du village, comment allaient-ils la juger quand ils sauraient ? Elle allait perdre sa réputation de jeune fille pieuse et irréprochable.
Depuis notre point de vue occidental du 21è siècle, il nous est probablement difficile de concevoir la pression sociale, l’exclusion, le danger même qu’encouraient les femmes non mariées qui tombaient enceintes. C’était certainement un des meilleurs moyens de se mettre au ban de la société, d’être considérée comme une traînée, une fille sans honneur. Alors oui, Marie se trouvait dans une situation délicate. Mais c’était aussi une fille courageuse qui accepta la parole que Dieu lui adressait, même si cela risquait de lui gâcher sa vie. Voici la déclaration qu’elle fit et que nous trouvons au v.38 de notre chapitre : « Je suis la servante du Seigneur. Que ta Parole s’accomplisse pour moi ».
Sur votre droite, Job, celui qui accepte son sort avec résignation alors qu’il a tout perdu. Sur votre gauche Marie, celle qui reçoit la Parole du Seigneur avec foi alors que ça pourrait lui gâcher sa vie. Nous avons là deux personnes extraordinaires et qui se ressemblent. Pourtant il y a aussi une grande différence entre eux car c’est une chose d’accepter son sort avec résignation ; c’en est une autre d’être capable de le vivre dans la joie. Et la différence entre Marie et Job, c’est que la résignation de Job allait peu à peu se transformer en amertume et en dépression alors que la soumission courageuse de Marie à la Parole du Seigneur allait bientôt se transformer en une joie sans commune mesure.
C’est une chose d’accepter son sort avec résignation. C’en est une autre d’être capable de le vivre dans la joie.
Luc nous montre ici comment Marie est passée de la résignation au bonheur, de la simple acceptation de son sort à la félicité, de la soumission à Dieu à une pleine joie en lui, et une telle transformation doit nous interpeller.
Si vous connaissez un peu le Dieu de la Bible, vous savez qu’il est à la fois un Dieu bon et un Dieu Tout-Puissant et que cela implique que tout ce qui arrive sert à notre plus grand bien, y compris lorsqu’il s’agit de choses horribles dont nous ne pouvons concevoir que Dieu puisse en faire sortir quelque chose de bon. Pourtant, savoir intellectuellement que Dieu est tout-puissant et qu’il est bon n’est souvent pas suffisant pour que nous soyons consolés et capables de nous réjouir lorsque le malheur nous atteint.
Pour cette raison – parce qu’il est si dur de se réjouir lorsque nos circonstances sont difficiles – il est impératif que nous nous mettions à l’écoute de ce texte pour prendre exemple sur Marie et savoir comment réagir lorsque le malheur nous frappera.
Ce texte nous montre principalement trois choses :
I. L’élément déclencheur de la joie de Marie : sa rencontre avec Élisabeth (v.39-45).
II. La raison secondaire de la joie de Marie : son statut devant Dieu (v.46-49).
III. La raison principale de la joie de Marie : Dieu lui-même (v.49-52). Lire la suite »