Connaître l’homme, connaître Dieu, connaître le salut (Eph 2.1-10)

20 01 2008

Ephésiens 2.1-10

L’un des héros du film d’animation l’Age de Glace 2 est un mammouth. Il s’appelle Manfred et est en train de commencer une grosse dépression, et pour cause : alors qu’il voudrait bien fonder une famille, les autres animaux autour de lui lui font remarquer qu’il est peut-être le dernier survivant de son espèce. En fait, ce n’est pas tout fait vrai, car un peu plus tard dans le film, Manfred et ses compagnons vont rencontrer Ellie, une femelle de son espèce. Manfred exulte, mais il déchante très vite : la dernière femelle mammouth se prend pour un opossum – et il faut le dire, c’est assez ridicule, surtout quand Ellie essaie de dormir comme un opossum, c’est à dire la tête en bas et la queue accroché à un arbre.

L’Institution Chrétienne, l’œuvre majeure du grand Réformateur Jean Calvin, commence avec cette phrase : « Presque toute la totalité de notre sagesse, c’est-à-dire, celle qui mérite d’être qualifiée de vraie et entière sagesse, est composée de deux partie : c’est qu’en connaissant Dieu, chacun de nous aussi se connaisse ». Le texte que nous étudions aujourd’hui nous apporte ces deux choses : la connaissance de ce que nous sommes, et la connaissance de Dieu.

Nous commencerons par la connaissance de ce que nous sommes pour deux raisons : premièrement, parce que nous suivrions l’ordre du texte, et deuxièmement, parce que ce dont nous avons peut-être le plus besoin aujourd’hui, c’est de nous voir tels que nous sommes.

Eh bien nous, les êtres humains, sommes assez souvent comme Ellie. Nous prétendons être quelque chose, alors qu’en fait la réalité est tout autre. C’est pourquoi nous avons grand besoin de nous connaître tels que nous sommes.

L’humanité se voile souvent la face. Combien de fois les hommes ont-ils essayer de réformer la société, combien de fois ont-ils voulu changer le monde, combien de fois ont-ils voulu faire advenir une nouvelle humanité ? On voit le résultat à chaque fois qu’on ouvre le journal… Nous sommes désespérants.

Mais la connaissance de ce que nous sommes ne suffit pas, car en fin de compte elle mène au désespoir. Il nous faut donc aussi connaître Dieu. Puisque nous nous pouvons espérer en l’homme, mettons notre confiance dans le Dieu qui se révèle à nous par sa Parole, par la Bible. Et si nous prenons au sérieux ce qu’il nous dit de lui-même, alors nous découvrirons un Dieu grand et merveilleux en qui nous pouvons mettre notre espérance, et c’est en le connaissant lui et lui seul que nous connaîtrons le bonheur d’être sauvés. Tels sont les trois choses que nous enseigne notre texte : il nous faut connaître la misère de l’homme, il nous faut connaître la gloire de la grâce de Dieu, il nous connaître le bonheur du salut.

Dans son commentaire sur la lettre aux Éphésiens, John Stott résume bien ce que je veux dire ici : « Face au sombre tableau que présente notre monde, combien s’avère à propos le passage d’Éphésiens 2.1-10 ! La pensée de Paul alterne entre le pessimisme, lorsqu’il regarde à l’homme, et l’optimisme, lorsqu’il élève son regard vers Dieu. C’est cette combinaison de pessimisme et d’optimisme, de désespoir et de foi, qui donne à la Bible son réalisme si rafraîchissant. Dans le passage que nous allons étudier, Paul brosse un tableau saisissant de contraste entre ce que l’homme est par nature et ce qu’il peut devenir par grâce ».

Nous ne devons perdre de vue aucune de ces deux vérités. Chaque fois que nous oublions la grâce de Dieu et que nous nous focalisons sur la corruption de l’homme, nous tombons dans le désespoir et dans le cynisme. Mais lorsque nous ne faisons que parler de grâce et que nous négligeons de prendre en compte ce que nous sommes par nature, alors nous sommes coupables de naïveté et de présomption.

Remarquez le lien entre notre passage et le chapitre premier. Il vient de prier pour que Dieu nous fasse connaître « quelle est l’infinie grandeur de sa puissance », une puissance (1.20), qu’il « a déployé en Christ quand il l’a ressuscité et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes » et qu’il déploie aussi en ceux qu’il a « prédestinés selon son plan » de sorte que nous pouvons dire (2.5) qu’il « nous a rendus à la vie avec Christ » et (2.6) qu’il « nous a ressuscités et fait asseoir avec lui, dans les lieux célestes, en Jésus-Christ ». Autrement dit, la destinée de Jésus-Christ est devenue notre destinée !

S’il y a un parallèle entre la destinée du Christ et a nôtre, il y aussi également une grande différence, un contraste entre ce que nous étions lorsque nous n’avions pas Christ et ce que nous sommes maintenant alors que nous sommes unis à lui. Autrefois, nous étions morts, mais maintenant nous sommes vivants. Autrefois, nous vivions selon les principes de ce monde et sous la domination de Satan, mais maintenant nous sommes assis avec Christ dans les lieux célestes. Autrefois, nous étions destinés à connaître la colère de Dieu, alors que maintenant nous sommes les objets de sa compassion, de sa grâce, de son amour et de sa bonté.

Mettons-nous maintenant à l’écoute de ce passage et apprenons à connaître et à reconnaître la misère de l’homme, la gloire de la grâce de Dieu et le bonheur du salut. Lire la suite »








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