Le statut de la célébration religieuse du mariage d’un point de vue protestant

4 02 2007

Q. Si le mariage n’est pas un sacrement en théologie protestante, à partir de quel moment un homme et une femme sont-ils mariés : après le mariage civil ou après la cérémonie religieuse ?

Pour répondre à cette question, nous nous appuierons sur un article de Michel Johner, doyen de la Faculté libre de Théologie Réformée d’Aix-en-Provence, paru dans la Revue Réformée et que nous citerons constamment.

I. Où dit-on oui devant Dieu ?

Si l’on aurait tendance à penser que l’on dit “oui” devant la société à la mairie et “oui” devant Dieu à l’église, telle n’est pas la position classique au sein du Protestantisme. Michel Johner nous explique que :

Les réformateurs ont nourri conjointement la conviction que la juridiction du mariage appartient non à l’Eglise, mais à l’Etat, aux magistrats, au titre des pouvoirs particuliers qui leur sont conférés par Dieu (cf. Romains 13). C’est en grande partie par le biais d’une théologie de l’Etat que la théologie protestante a pensé et défini le mariage.

C’est sur le fondement de cette théologie de l’Etat que les Réformateurs et leurs successeurs ont défini le mariage comme un engagement civil que Dieu lui-même bénit. Ainsi :

Le mariage, en théologie protestante, est l’un des domaines privilégiés dans lesquels se “visibilise” l’articulation du spirituel et du social. De son point de vue, le “oui” devant le maire est aussi le “oui” devant Dieu. Il n’y a pas de dichotomie entre les deux. Il n’y a pas de “oui” civil auquel viendrait s’ajouter un “oui” religieux, pas plus qu’il n’y a de “oui” religieux qui ne serait aussi un “oui” civil. C’est aussi la raison pour laquelle l’obligation légale de l’antériorité du mariage civil sur le mariage religieux n’a jamais été ressentie, par le protestantisme, comme une entrave ou une contrainte.

Ainsi, le rôle de la célébration religieuse du mariage n’est pas de marier les intéressés, puisqu’ils sont déjà passés devant le maire et qu’ils sont ainsi engagés devant la société à laquelle ils appartiennent. Dès lors, à quoi sert une célébration religieuse ? Michel Johner répond à cette question en soulignant que :

Le pasteur (et la communauté chrétienne avec lui) a sans doute pour vocation de les accompagner, de leur apporter un enseignement, de leur rappeler les promesses de l’Evangile relatives à leur choix de vie, de prier et d’intercéder pour que Dieu leur donne les ressources dont ils auront besoin pour mener à bien leur projet conjugal, mais certainement pas de les “marier” au sens propre du terme.

On voit ici que la conception protestante du mariage est très différente de la conception catholique puisque pour les Protestants la cérémonie religieuse n’est pas constitutive d’un vrai mariage si bien que ceux-ci reconnaissent la validité d’un mariage qui n’auraient été célébré qu’à la mairie.

Lire la suite »








Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.