On m’a plusieurs fois demandé : A quoi sert-il de baptiser un enfant ? C’est pourquoi il me semble nécessaire de conclure cette série d’articles sur le pédobaptisme en répondant à cette question. Le baptême est pour les adultes un moyen de grâce ; il en est de même pour les enfants. Cela étant dit, je ne suppose pas par là que les enfants reçoivent, à proprement parler, quelque bénéfice que ce soit au moment même où ils sont baptisés ; cependant, le baptême est administré à l’enfant pour attirer l’attention des parents, et des personnes de la communauté, concernant leur responsabilité par rapport à la prochaine génération. Je considère les enfants baptisés comme des personnes faisant leur entrée dans une école ; et je considère que les parents, les anciens, les diacres et plus généralement tous les membres de l’église comme étant les personnes chargées d’instruire ses enfants, lesquels seront leurs élèves au fur et à mesure qu’ils deviendront capables d’apprendre les vérités de la religion chrétienne. Dans cette perspective, baptiser son enfant est quelque chose d’extrêmement important. Si l’on regarde au-delà de l’incapacité du nouveau-né, le baptême d’enfant est donc loin d’être sans importance.
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L’utilité pratique du pédobaptisme
22 03 2007Commentaires : 10 Commentaires »
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Le mode du baptême
15 03 2007La controverse sur le baptême ne tient pas tant au mode du baptême qu’aux sujets auxquels il faut l’administrer. Nous avons déjà examiné les arguments des deux côtés concernant les personnes qu’il convient de baptiser, et nous reconnaissons que c’est un sujet moins important de savoir de quelle manière il convient de baptiser. Certains des Baptistes les plus convaincus admettent volontiers que le mode du baptême n’est pas essentiel, et je ne doute pas si je suis parvenu jusqu’ici à faire changer d’avis un Baptiste sur la question du baptême des enfants, il me sera alors relativement facile de lui faire abandonner l’idée que seul l’immersion convient au baptême.
Pour ce faire, nous examinerons d’abord quels sens le terme “baptiser” peut avoir dans le Nouveau Testament ; nous regarderons ensuite les circonstances entourant les exemples de baptême pour savoir quel mode de baptême était le plus probable ; enfin, nous regarderons les possibles allusions au mode du baptême que nous trouvons dans le reste du Nouveau Testament. L’immersion est-elle essentielle au baptême ? C’est à cette question que nous nous attelons ici.
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Une étude de cas proposée aux Baptistes
8 03 2007Avant d’aborder le sujet du mode de baptême, j’aimerais soumettre à mes amis baptistes une étude de cas très simple. Chacun sait que pour le temps présent, il y a deux sacrements institués par notre Seigneur. La première de ces institutions se trouve dans l’Ecriture sous le nom de deipnon et désigne notre Sainte-Cène ; la deuxième institution se trouve sous le nom de baptisma et désigne notre Saint-Baptême. Le sens propre du mot deipnon est celui d’un festin ou d’un repas, comme en Marc 6.21 ou en Jean 21.20 ; le sens propre de baptisma est celui de l’immersion d’un corps tout entier. Voici le cas que je propose à mes amis baptistes :
Si l’on ne peut pas dire d’une personne, pour la raison que le sens propre de baptisma est celui de l’immersion d’un corps tout entier, qu’elle n’a pas été baptisée si elle ne l’a pas été par immersion, puisque pour qu’un baptême soit valide, il faut que le sens propre du mot baptême soit accomplie – si cela est vrai, alors j’aimerais savoir si l’on peut dire d’une personne, pour la raison que le sens propre de deipnon est celui d’un festin ou d’un repas, qu’elle a pris la cène si elle n’a pris qu’un morceau de pain d’un demi-centimètre cube et bu l’équivalent d’une cuillère à café de vin, ce qui ne correspond ni à la définition d’un festin, ni même à celle d’un simple repas…
Adapté de Candid Reason for renouncing the principles of anti-paedobaptism écrit en 1795 par Peter Edward, ancien pasteur baptiste expliquant à son ancienne congrégation pourquoi il était devenu pédobaptiste.
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Synthèse de la controverse sur le baptême des enfants
23 02 2007Après avoir examiné aussi bien les arguments des Antipédobatistes que ceux des Pédobaptistes, il me paraît bon de donner une vue d’ensemble de la controverse afin que le lecteur puisse comparer les deux positions et voir quelle position est la plus solide – et donc vraie. C’est pour cette raison que je présente dans le tableau suivant l’argumentation des uns et des autres.
Synthèse de la controverse sur le baptême des enfants
1. Chacun des deux côtés ont en commun de croire, sur le fondement des Ecritures, qu’il faut baptiser les adultes croyants (Mt 3.6 ; Mc 16.16 ; Ac 2.41 ; 8.27).
2. Les deux côtés diffèrent donc non sur la question du baptême des adultes, mais sur celle du baptême des enfants :
| ARGUMENTS CONTRE LE BAPTÊME D’ENFANTS. | ARGUMENTS POUR LE BAPTÊME D’ENFANTS. | |
|---|---|---|
| 1. On ne peut pas baptiser les enfants de croyants parce qu’il n’y a ni commandement ni exemple explicites dans la Bible de baptême d’enfant. 2. Dans la Bible, la foi et la repentance sont toujours préalables au baptême. Or, comme les enfants sont incapables de se repentir et de croire, ils ne doivent pas non plus être baptisés. |
1. Dans l’Eglise de l’Ancien Testament, les enfants de croyants étaient admis par Dieu comme membres de son Eglise ; Dieu leur a donné le signe visible de la circoncision pour signifier leur admission dans l’Eglise visible. 2. Les enfants de croyants ne se sont jamais vus retirer leur droit à être admis comme membres de l’Eglise de Dieu ; Dieu, au contraire, maintient en vigueur leur participation à l’alliance de grâce. Corollaire – Puisque Dieu admet les enfants de croyants comme membres de son Eglise, ils doivent être reçus comme tels. Dilemme – Puisque les enfants de croyants doivent être reçus comme membres de l’Eglise, ils doivent être admis soit par le baptême soit sans le baptême ; mais puisque personne ne peut être reçu dans l’Eglise sans le baptême, c’est qu’il faut donc les baptiser. |
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Les arguments en faveur du baptême des enfants de croyants
18 02 2007Nous prouverons que les enfants de croyants ont le droit et le devoir d’être baptisés de la même manière que nous prouvons que les femmes qui ont foi en Christ ont le droit et le devoir de prendre la Sainte-Cène. Pour ce qui est de l’admission des femmes à la Sainte-Cène, tous les Baptistes la justifient par déduction ou par analogie ; et bien que cela soit non-cohérent avec le raisonnement baptiste, ils ne peuvent prouver le bien-fondé de cette pratique d’aucune autre façon.
Voici la méthode toute simple que j’adopterai pour donner la preuve que le baptême des enfants de croyants est la pratique que la Bible nous impose : tout d’abord, et c’est quelque chose que même les Baptistes reconnaissent, nous montrerons que les enfants étaient dans l’Ancien Testament membres de l’Eglise de Dieu ; ensuite, nous donnerons la preuve qu’ils ont jusqu’à maintenant conservé ce droit d’être membre de l’Eglise de Dieu ; nous nous retrouverons alors placés devant un dilemme : puisque les enfants de croyants ont le droit d’être reçus comme membre de l’Eglise, doivent-ils l’être avec ou sans le baptême ? S’ils ne peuvent être reçus sans le baptême, cela veut dire qu’il est nécessaire de les baptiser, sans quoi ils ne sauraient être considérés comme membres de l’Eglise. J’attirerai l’attention du lecteur sur chacun de ces points et dans cet ordre.
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Les arguments contre le baptême des enfants de croyants
11 02 2007Il n’y a en fin de compte que deux arguments contre le baptême des enfants de croyants. Nous les étudierons tous deux ici et en éprouverons la validité. Le premier argument consiste à dire qu’on ne peut pas baptiser les enfants de croyants parce qu’il n’y a ni commandement ni exemple explicites dans la Bible de baptême d’enfant. Le deuxième argument avance que dans la Bible, la foi et la repentance sont toujours préalables au baptême ; comme les enfants sont incapables de se repentir et de croire, ils ne doivent pas non plus être baptisés. Ces deux arguments que j’avançais moi-même jusqu’à récémment me semblent fondamentalement biaisés et fallacieux.
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Pédobaptisme et antipédobaptisme : Introduction
3 02 2007Introduction : une évaluation des enjeux de la discussion.
Thèse I.
Dans n’importe quelle discussion, la seule chose qui devrait compter, c’est de répondre à la question “quelle est la vérité ?”. Celui qui désire trouver la vérité fera tout son possible pour adopter une démarche qui lui permettra d’atteindre son but le plus rapidement possible. Il y a deux choses qui faciliteront grandement notre quête – et cela est valable pour tous les sujets controversés : premièrement, nous mettrons de côté toutes les choses sur lesquelles nous sommes déjà d’accord et nous nous concentrerons uniquement sur ce sur quoi il peut y avoir différence d’opinion ; et deuxièmement, il nous faudra exprimer ces différences de la manière la plus simple, la plus facile à comprendre. Quiconque cherche a établir la vérité ne contestera avec aucun de ces deux principes.
Thèse II.
En ce qui concerne cette discussion que nous avons entre ceux qu’on peut appeler Pédobaptistes et Antipédobaptistes, il convient, afin d’établir en quoi ils diffèrent sur la question du baptême, de donner les sentiments de chacun sur le sujet. Les Antipédobaptistes considèrent que le baptême sied à ceux dont on présume qu’il ont mis leur foi en Christ, et à eux seulement. Les pédobaptistes sont d’accord avec eux en ce que le baptême sied aux croyants, mais ils nient que les croyants sont les seuls personnes à qui il convient d’administrer le baptême. Ils pensent en effet que, aussi bien que les croyants adultes qui n’ont pas encore été baptisé, les enfants de croyants ont un droit à être baptisés aussi bien que leurs parents.
J’ai récemment eu des conversations avec plusieurs Baptistes qui connaissaient si mal les sentiments de leurs frères qu’ils supposaient que le baptême des adultes étaient entièrement rejeté par les Pédobaptistes ; et lorsque j’ai tenté à partir des confessions de foi de ces derniers de convaincre mes amis baptistes que les Pédobaptistes tenaient tout autant au baptême des adultes qu’eux-mêmes, certains m’ont cru et s’en sont étonnés mais d’autres ont continué à douter de cela.
Thèse III.
Après examen des sentiments de chacun, il apparaît que les deux parties sont d’accord en ce qui concerne le baptême des adultes ; nous devrons donc mettre de côté ceci dans la suite de notre discussion : il ne sera d’aucune utilité d’essayer de prouver quelque chose sur laquelle l’autre partie est déjà d’accord. Nous nous rendons donc compte que la différence entre eux concernent uniquement les enfants de croyants. La question qu’il nous reste a étudié est donc la suivante : “Convient-il ou non de baptiser les enfants de croyants ?”. C’est sur cette question uniquement que se fera la discussion. Les Pédobaptistes répondent par l’affirmative alors que les Antipédobaptistes répondent par la négative.
Thèse IV.
La question étant maintenant simplement énoncée, “Convient-il ou non de baptiser les enfants de croyants ?”, il apparaît clairement que les passages qui parlent du baptême des croyants ne pourront rien prouver en faveur des Baptistes, pour la bonne raison que ces passages n’ont rien à voir avec la question que nous posons. Pour illustrer cela, je pose à un Baptiste la question “Convient-il de baptiser les enfants de croyants ?”. “Non”, me répond-il. “Pourquoi ?” “Parce que les Ecritures disent : repentez-vous et que chacun de vous soient baptisés, et : si tu crois de tout ton coeur, cela est possible”. Je l’interrompt et dit : “Votre réponse n’a rien à voir avec ma question. J’ai demandé : Convient-il de baptiser les enfants de croyants ? Vous me répondez qu’un adulte pénitent peut être baptisé. Mais je n’ai pas posé aucune question concernant les adultes et votre réponse n’a rien à voir avec la question. Si je devais vous demandais si un enfant est un être rationnel, serait-ce une bonne réponse de dire que les adultes sont des êtres rationnels ?”. Aucune réponse ne peut être bonne si elle n’est pas donnée directement en lien avec la question posée, car alors, à proprement parler, il ne s’agit pas d’une réponse à la question. C’est pourquoi, si je demande si le baptême convient aux enfants de croyants et que quelqu’un réponde en apportant vingt passages qui prouvent que les adultes qui croient doivent recevoir le baptême, comme cela n’a rien à voir avec la question posée, rien n’aura été ainsi prouvé que ce soit en faveur ou contre la baptême des enfants de croyants.
Nous devrons donc examiner la solidité de chacune des deux positions en rapport avec la question posée. Les Pédobaptistes n’auront une position plus solide que les Baptistes que dans la mesure où leurs arguments en faveur du “oui” seront plus forts. Et les Baptistes n’auront une position plus solide que les Pédobaptistes que dans la mesure où leurs arguments en faveur du “non” seront plus solides. Quelques soient les arguments qu’un Baptiste pourra avancer pour prouver qu’il est mal de baptiser les enfants de croyants, il faudra que ces arguments soient réellement des réponses à la question posée. Car, comme il ne s’agit pas de prouver que la baptême convient aux adultes (puisque les deux parties le croient et l’administrent, et que par conséquent il ne s’agit de l’objet de cette discussion), les arguments qui prouvent qu’il faut baptiser les adultes croyants ne seront d’aucune utilité. Si nous respectons ces principes, nous pourrons évaluer le plus justement possible laquelle des deux partie a la vérité de son côté.
Thèse V.
Quelque soit dans les faits la force de l’argumentation de chacune des parties, il ne fait qu’aucun doute que la partie qui est du côté de la vérité, en ce qui concerne notre question, sera celle dont les arguments auront le plus de poids. Si les arguments en faveur du baptême des enfants de croyants sont plus forts que ceux qu’on peut avancer en sa défaveur, alors c’est qu’il faut baptiser les enfants de croyants. Ainsi, la façon la plus simple et la plus sûre de trancher la question, c’est de collecter les arguments des deux parties, d’éprouver leur validité et de les comparer les uns aux autres. C’est ce que je vais tenter de faire dans la crainte de Dieu. Premièrement, j’exposerai les arguments contre le baptême des enfants de croyants et les examinerai au fur et à mesure. Ensuite, j’exposerai les arguments en faveur du baptême des enfants de croyants. Et après tout cela je les comparerai les uns aux autres. Par cette démarche, qui est la plus juste que je connaisse, nous connaîtrons si ce sont les Baptistes ou si ce sont les Pédobaptistes qui ont la vérité de leur côté.
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