Une vie motivée par l’Evangile !

29 03 2007

Par quoi êtes-vous motivés ? Il est dans la nature humaine d’aimer les techniques qui nous permettront de réussir dans la vie. Il suffit de regarder d’aller chez un grand libraire et d’aller au rayon entreprise : “comment motiver”, “comment diriger”, “comment manager” ; ou alors au rayon religieux : “comment prier”, “comment jeûner”, “comment méditer” ; ou au rayon psychologie : “comment écouter”, “comment pardonner”, “être heureux, comment ?” ; etc.

Même si on peut se moquer de cette tendance à vouloir tout mettre dans des manuels, on est tous un peu comme ça. Le principe de Loi nous attire : dites-moi ce que je dois faire pour réussir, et je le ferai. C’est la nature humaine. La Loi de Dieu nous est innée, elle est dans notre conscience, elle fait partie de notre constitution morale, et qu’on le veuille ou non, on sait qu’il y a des principes qui, si nous les respectons, nous aideront bien à réussir dans nos entreprises. S’imposer des exercices physiques et un régime alimentaire sérieux peut nous être bénéfiques. Suivre les conseils d’un manuel de finance “pour les nuls” peut faire fructifier notre compte en banque. Alors, pourquoi n’en serait-il pas ainsi aussi pour la vie religieuse ? Après tout, si on peut recevoir de très bons conseils de son banquier pour le bien-être de nos finances, de très bons conseils de remise en forme de son prof de gym pour le bien-être de notre corps, pourquoi ne devrait-on pas attendre du pasteur de très bon conseil pour le bien-être de notre âme ?

Lorsque les chrétiens dise leur avis sur ce qu’il faut faire (Loi), les non-chrétiens, même lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec ce qu’ils préconisent, se rendent bien compte que nous parlons un langage qu’ils comprennent, que nous parlons leur langage. J’imagine que c’est pour ça que les prédications et les enseignements dans nos églises sont aussi souvent moraliste. On considère que la Bible a des choses intéressantes à nous conseiller (Loi) pour vivre une meilleure vie.

Pourtant, il ne faut pas qu’il en soit ainsi. L’Eglise de Dieu ne doit pas être l’endroit où la vanité de l’homme est flattée, où on lui fait croire qu’il peut lui-même améliorer sa vie en réformant ce qui ne va pas. L’Eglise n’est pas le lieu où la vieille nature retrouve des forces pour la semaine à venir. Au contraire, elle doit y être annihilée, afin que Christ soit formé en nous, en notre nouvelle nature. L’Eglise ne doit pas prêcher une version édulcorée de la Loi, comme si la Bible était un manuel de bons conseils pour améliorer notre vie. L’Eglise doit prêcher la Loi dans toute sa force, de telle sorte que l’homme le plus sûr de lui soit jeté à terre, que son orgueil soit renversé. C’est là l’usage principal de la Loi. Les objectifs (Loi) que Dieu nous fixent servent avant tout à nous montrer que nous avons besoin de grâce. Dans un second temps, les objectifs (Loi) pourront orienter notre vie de chrétien mais pas la “motiver”.

Dès lors, lorsque Rick Warren prétend nous faire découvrir le vrai sens de la vie en ce que notre vie doit être “motivée par l’essentiel”, c’est-à-dire par cinq objectifs (l’adoration, la communion fraternelle, la maturité, le ministère, l’évangélisation), il ne fait qu’induire les chrétiens et les non-chrétiens en erreur : les chrétiens ne sont pas motivés par des objectifs (Loi), ils le sont par les promesses de Dieu (Evangile). Les cinq objectifs (lois) de Warren ne peuvent aucunement nous “motiver”, et nous conduiront au contraire soit au désespoir, soit au sentiment de propre-justice. Warren évite cependant l’écueil du légalisme flagrant en donnant une version allégée de la Loi : “Hé les gars, j’ai trouvé quelques principes utiles tirés du manuel d’instruction donné par Dieu qui vous aideront à avoir une vie victorieuse”. Même si la vie motivée par l’essentiel de Rick Warren se distingue des autres livres de psychologies en insistant sur le fait que nous avons été créé par Dieu et pour sa gloire, il ne cesse d’énoncer des principes qui s’ils sont appliqués, nous promet-il, nous donneront la victoire dans la vie de tous les jours. Il s’agit là, à mon avis, d’une confusion entre la Loi et l’Evangile. Et la conséquence ultime de cette erreur, c’est de ne plus prendre plaisir en Dieu mais d’avoir des ressentiments à son égard.

Ces objectifs suivent le principe de la Loi, mais cela ne les rend bien sûr pas mauvais pour autant. Nous avons besoin d’objectifs ! Personne ne peut vivre sans but. Néanmoins, il faut noter que les objectifs et les buts sont des choses que nous atteignons par nous-mêmes. Pour y parvenir, nous mettons en place des stratégies et des tactiques. Tout ceci est bon tant que nous nous rendons compte qu’il s’agit d’un principe de Loi et non d’Evangile : commandements et promesses sont aussi nécessaires les uns que les autres, mais ils ne doivent pas être confondus.

La Loi nous dit ce que nous devons faire, soit en nous mettant en face de la colère de Dieu (la Loi dans toute sa force), soit en nous montrant que nous sommes en train de gâcher notre merveilleux potentiel (version édulcorée de la Loi). La promesse de Dieu, au contraire, créé la vraie foi, laquelle créé les vrais oeuvres. Les impératifs que nous nous imposons (y compris les objectifs de Warren) tendent à nous rendre encore plus tournés sur nous-mêmes (soit parce qu’on se désespère soi-même, soit parce qu’on s’enorgueillit de ses réussites) alors que les promesses de Dieu nous détournent de nous-mêmes. La vie chrétienne d’après l’Ecriture est orientée par des objectifs, mais elle est motivée par des promesses. Les deux passages que nous examinons ci-dessous nous conduisent à cette conclusion.
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L’Evangile selon Warren

26 03 2007

Juillet 2005

Personne n’illustre mieux l’approche du “tiré par le marché” (market-driven) que Rick Warren, pasteur de l’énorme église de Saddleback en Californie du Sud et auteur de L’Eglise : une passion, une vision (en anglais : The Purpose-driven Church) et d’Une vie motivée par l’essentiel (en anglais : The Purpose-Driven Life). Alors même que Warren manifeste franchement sa façon de voir les choses, sa stratégie et ses méthodes, les choses ne sont pas toujours telles qu’elles apparaissent. Par exemple “motivé par l’essentiel” (purpose-driven) sonne mieux que “tiré par le marché” (market-driven), mais il s’agit essentiellement de la même chose. Dans son livre Une vie motivée par l’essentiel, Warren commence, dans la version française, en disant “ce n’est pas vous qui décidez” (it is not about you), puis il retourne sa veste et écrit un livre qui ne parle que de “vous”. Il déprécie la psychologie, et pourtant il en fait la promotion, mais en ne l’appelant pas par son nom. Il dénonce l’enseignement de Robert Schuller, puis il ressort quelques unes des choses les plus laides que Schuller a enseigné depuis trente ans. Il revendique un attachement aux Ecritures, mais il les sape presque à chaque fois qu’il les utilise. Il déclare qu’il n’est pas en train d’altérer le message de la Bible mais qu’il réorganise les méthodes, mais en fait, il a tellement modifié le message qu’il est devenu méconnaissable.

Cela nous mène à l’altération la plus problématique qui soit : celle de l’Evangile. Accuser Warren de modifier l’Evangile est une accusation effroyable qu’on ne doit pas faire à la légère. Quelles preuves avons-nous pour faire une telle mise en accusation ? Examinez ce qui suit :

Dans la vidéo qui accompagne les “40 jours motivés par l’essentiel”, Warren conduit ses auditeurs dans la prière à la fin de la première session. Voici ce qu’il prie :

“Cher Dieu, je veux connaître la raison d’être de ma vie. Je ne veux pas fonder le reste de ma vie sur les mauvais fondements. Je veux faire les premiers pas pour te connaître et ainsi me préparer pour l’éternité. Jésus-Christ, je ne comprends pas beaucoup de choses, mais j’en sais assez pour dire que je veux t’ouvrir ma vie et te recevoir. Deviens réel pour moi. Et utilise dans ma vie cette série pour m’aider à savoir ce pourquoi tu m’as fait”. Warren continue alors en disant : “Si vous avez prononcé cette prière pour la toute première fois, bravo ! Bienvenue dans la famille de Dieu !”.

Warren serait en difficulté s’il lui fallait trouver un appui biblique à cette présentation de l’évangile. Nous n’y trouvons rien à propos du péché, de la grâce, de la repentance, de la personne de Christ, du Calvaire, de la foi, du jugement ou encore de la résurrection. C’est là le nec plus ultra de l’évangile mutilée des églises “adaptées aux personnes en recherche” (seeker-sensitive) : la personne en recherche vient à Christ pour trouver le sens de sa vie et non pour recevoir le pardon de ses péché et la justice de Dieu. Déclarer ensuite que quelqu’un est un membre à part entière de la famille de Dieu parce qu’il a prononcé une telle prière (fondée sur une compréhension minimaliste ou inexistante de la personne et de l’oeuvre de Christ) est plus que tragique.

Warren fait-il mieux dans le livre lui-même, Une vie motivée par l’essentiel ? Un peu mieux, mais pas beaucoup… A propos de l’éternité, il déclare à ses lecteurs : “Si vous apprenez à aimer et à croire (love and trust) le Fils de Dieu, Jésus, vous serez invité à passer le reste de l’éternité en sa compagnie. A l’inverse, si vous rejetez son amour, son pardon et son salut, vous serez pour toujours séparé de lui ensuite” (p.38). Il y a là juste assez de vérité pour pouvoir nous dérouter, mais le Nouveau Testament ne dit jamais qu’il faut apprendre à aimer et à croire Christ. Ce qui est exigé de nous, c’est non pas “d’apprendre à aimer et à croire Jésus”, mais c’est que nous nous repentions (Ac 17.30) et que nous mettions notre foi en lui (Eph 2.8-9). De toute façon, comment un incroyant apprendra-t-il à aimer et à croire Jésus ? Il s’agit là des fruits de la régénération et non des moyens qui y conduisent.

Aux pages 62-63, Warren donne peut-être la présentation la plus complète de l’Evangile que l’on trouve dans Une vie motivée par l’essentiel. Il dit là à ses lecteurs qu’ils doivent d’abord croire que Dieu les aime et qu’il les a choisi pour avoir une relation avec Jésus qui est mort sur la croix pour eux. Warren écrit : “la vraie vie commence par une consécration totale à Jésus-Christ”. Je ne contesterai pas ceci, mais comment allons-nous nous consacrer totalement à Christ ? Warren écrit : “Dès à présent, Dieu vous invite à vivre à sa gloire en remplissant les objectifs qu’il vous a fixés… Il vous suffit de le recevoir et de le croire… Voulez-vous accepter l’offre de Dieu ?”. Puis à nouveau il propose un échantillon de prière : “Je vous invite à courber la tête et à murmurer tout bas la prière qui changera votre éternité : ‘Jésus, je crois en toi et je te reçois’”. Warren promet alors : “Si vous avez prononcé cette prière du fond du coeur, bravo ! Bienvenue dans la famille de Dieu ! Vous voilà prêt à découvrir le plan de Dieu pour votre vie et à vivre en conformité avec lui”. Il est intéressant de noter que cette présentation de l’évangile est faite lors du 7ème jour (du voyage des 40 jours). Nous devons donc supposer que ce qui a été dit pendant les 6 premiers jours ont conduit à cette invitation à recevoir Christ. Nous devons présumer que ce que Warren pense que le pécheur doit savoir pour faire partie de la famille de Dieu a été présenté lors de la première semaine du voyage. Mais Warren n’a pourtant rien dit à propos de la personne de Jésus, de la raison pour laquelle il est mort sur le Croix, de la manière dont il est leur sauveur, de la puissance purificatrice du sang de Christ, de la repentance ou de la confession des péchés, des conséquences du péché, ou encore, de la résurrection de Christ. A une époque post-chrétienne où les gens sont des analphabètes de la Bible, on ne peut se permettre de supposer que l’incroyant savent quoi que ce soit de tout cela. Cela est encore plus troublant si on l’examine à la lumière du message central de Warren : trouvez Dieu, et vous vous trouverez vous-mêmes (en trouvant votre raison d’être). Puisqu’il s’agit indéniablement de la thèse d’Une vie motivée par l’essentiel et de la campagne des Quarante jours motivés par l’essentiel, l’incroyant sera naturellement amené à conclure qu’il prononce une prière qui résoudra le manque de sens de sa vie. Où est-ce que dans l’Ecriture l’Evangile est-il présenté comme Warren le présente ? Nous avons bon espoir que Warren lui-même ne nie pas personnellement les éléments fondamentaux de l’Evangile, mais il ne leur donne certainement pas l’importance qu’ils méritent et laisse beaucoup de liberté à l’imagination de ses lecteurs.

John MacArthur est en plein dans le mille lorsqu’il écrit qu’à “écouter aujourd’hui un prédicateur évangélique ‘adapté aux personnes en recherche’, on croirait que c’est facile de devenir chrétien. Dites juste ces quelques mots, prononcez cette prière, et pouf !, vous faites maintenant partie du club”. Il faut en convenir : le salut se reçoit par la foi seule en Jésus-Christ seul, et non en débitant une courte prière à laquelle il manque un contenu et une compréhension biblique, et par laquelle on dit qu’on souhaite trouver le sens de sa vie. En fait, un leader évangélique aurait donné à l’un de ses sermons écrits en réaction à l’évangile “adapté au personnes en recherche” le titre suivant : “Comment remplir son église d’ivraie”.

MacArthur nous avertit : “Les gens entrent et sortent de ces grandes salles confortables et accueillantes avec tous leurs bagages, leurs propres besoins, leurs estimes d’eux-mêmes, et leur désir d’épanouissement personnel et d’auosatisfaction. Et le pire, c’est qu’ils pensent qu’ils vont aller au paradis”.
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Evaluation d’”une vie motivée par l’essentiel” (2/2)

25 03 2007

Novembre/Decembre 2003

Dans mon dernier article, j’ai fait une évaluation du livre de Rick Warren, Une vie motivée par l’essentiel, en me concentrant presque entièrement sur son utilisation – sa mauvaise utilisation – de l’Ecriture. Bien trop souvent, Warren fait les quatre cents coups avec la Parole de Dieu, et il le fait d’une façon assez innovante de sorte que beaucoup ne s’en rendent pas compte. Continuons à examiner plusieurs exemples de l’utilisation créative que Warren fait de l’Ecriture.
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Evaluation d’”une vie motivée par l’essentiel” (1/2)

19 03 2007

Octobre 2003

Dans notre dernier article, j’ai identifié trois types de nouveaux sujets de préoccupation en ce qui concerne les Ecritures. Premièrement, il existe de nouvelles approches herméneutiques qui soit mettent l’accent sur l’interprétation subjective de l’Ecriture plutôt que sur son interprétation objective, soit qui permettent à des compréhensions préalables d’être importées dans la Parole. La conséquence, c’est que le lecteur devient celui qui juge du sens du texte plutôt que celui qui écoute la Parole parler pour elle-même. Ensuite, j’avais examiné quelque traductions modernes dont la philosophie n’était plus l’approche littérale mais l’approche par équivalent dynamique. J’avais soutenu que plus la traduction prenait de liberté, plus l’interprétation devient le fait des traducteurs et que cela se fait souvent au dépend de la signification objective du passage.

Ces deux sujets d’inquiétudes m’ont naturellement conduit au troisième. Si le lecteur est libre d’altérer la signification du texte biblique objectif selon sa propre subjectivité et ses propres présuppositions ; et si les traducteurs sont libres d’altérer le texte biblique objectif sous prétexte de le rendre plus lisible ou plus pertinent ou moins choquant (c’est particulièrement vrai des paraphrases telles que celle de The Message) ; alors, pourquoi une église locale ou un leader chrétien ne pourrait-il pas faire de même en ce qui concerne leur enseignement ? Si toute compréhension de l’Ecriture est bonne à prendre ; si votre compréhension est aussi bonne que la mienne ; si le texte a plus d’une signification et si toutes les significations se valent, alors à quoi bon étudier la Bible ? Pourquoi ne pourrait-on pas inventer ce que l’on a envie d’enseigner et aller ensuite vers les Ecritures pour essayer de trouver des passages qui soutiennent nos idées ? Evidemment, ce genre de pratique est déjà devenu bien trop courante, et cela depuis des années. Mais actuellement, nous sommes en train de franchir une nouvelle étape. Lorsqu’un leader veut développer certaines idées et qu’il veut les trouver dans les Ecritures mais qu’il n’y a aucun passage compris objectivement qui soutient cette opinion, comment peut-il faire ? Il pourra forcer un texte à dire ce qu’il ne dit pas en le sortant de son contexte, en l’interprétant mal et en espérant que personne ne s’en rendra compte. Ou il pourra allégoriser, spiritualiser le passage, lui ajoutant ainsi une signification qu’il n’a pas. Mais cela, on le faisait déjà avant. Une nouvelle possibilité, et qui marche sans doute bien mieux, c’est d’être créatif et de trouver la traduction ou la paraphrase qui confirmera votre idée – même si cette traduction tord sérieusement le sens du passage. Cette dernière méthodologie présente l’avantage d’avoir l’Ecriture comme autorité en soutien de nos idées et la certitude que peu de gens s’embêteront à vérifier dans quelle mesure la justesse de la citation du passage et/ou de son contexte. Tout cela me fait penser au commentaire de Pierre concernant les personnes ignorantes et instables qui tordent le sens des Ecritures pour leur propre destruction (2 P 3.16). Le mot “tordre” dans ce verset signifie littéralement “torturer”. Il y a là l’idée de tordre l’Ecriture de telle façon à lui faire dire quelque chose qu’elle ne veut pas dire, et la fin de tout cela, c’est notre propre destruction.

Cette dernière accusation semble au mieux mesquine, mais les faits montrent qu’une telle démarche fait actuellement fureur. La première fois que j’ai découvert ce nouvel engouement, c’est lorsque j’ai visité quelques églises évangéliques “tirés par le marché” (market-driven). Il s’agissait d’églises qui, à ma connaissance, continuent de prêcher l’évangile et de garder la plupart des éléments essentiels de la foi. Leurs cultes sont remplis et pleins d’enthousiasme. La vie spirituelle semble débordante lorsque l’assemblée entonne les refrains de louange. Mais il manquait quelque chose : les bibles… Dans une église de 400 personnes, je n’ai vu qu’une poignée de personne venir avec leur Bible. Je me suis demandé pourquoi jusqu’à ce que je m’assoie pendant le culte et que je me rende compte qu’on n’avait pas besoin de bible. Les Ecritures ne furent jamais ouvertes, jamais lues. Lorsque le pasteur prêcha, au moins ouvrit-il sa Bible, mais il ne demanda à personne d’ouvrir la leur et ne s’attendait d’ailleurs pas à ce que qui que ce soit le fasse. Il prêcha un message vaguement fondé sur l’Ecriture et au cours de son sermon, les idées principales apparaissaient sur grand écran ainsi que quelques rares versets de l’Ecriture. Bien que perturbé par la superficialité du message et par le manque de bibles dans l’assemblée, je pensai qu’il prêchait à partir de la Bible et qu’au moins quelques verset étaient projetés sur les écrans. Cependant, une église sans bibles ouvertes me laissait un parfum de mort spirituelle. N’étais-je pas là un peu dur ? Après tout, beaucoup de ceux qui viennent à l’Eglise sont des analphabètes de la Bible. Ils peuvent à peine trouver Genèse, alors Ezéchiel… Peut-être que cette méthode présentait des avantages.

Après avoir fait quelques recherches et avoir reçu les contributions d’autres, j’ai commencé à me rendre compte que ce que j’avais vécu n’était pas quelque chose d’inhabituel. Partout des églises de ce pays suivent les mêmes méthodologies. Apparemment, les spécialistes de “la croissance d’église” avaient recommandés cette approche et leurs disciples avaient sauté le pas – dans beaucoup cas, peut-être, sans avoir évaluer sérieusement cette méthodologie. Mais il est dangereux pour des chrétiens de fermer leur Bible. Qu’est-ce que les Béréens peuvent faire sans Bible ? Et que se passe-t-il si les conducteurs de l’église ont un programme à promouvoir et qu’ils abusent des Ecritures pour se faire ? Qui examinera la Parole pour “voir si ce qu’on leur dit est exact” (Ac 17.11) ? Ceci me semblait être une tendance dangereuse.
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