L’échange de l’usage naturel contre celui qui est contre nature (Rm 1.23-28)

16 02 2007

Romains 1.23-28

Trois fois dans ce passage, Paul répète le même type d’explication : (i) les êtres humains ont préféré rendre gloire à la créature plutôt qu’au Créateur ; (ii) Dieu nous livre à ce que nous préférons ; (iii) Nos relations sexuelles expriment extérieurement, corporellement et de façon imagée la condition intérieure, spirituelle de notre déchéance qui consiste en ce que nous avons échangé la gloire de Dieu contre l’image de la créature :

I. Première séquence (v.23-24)

(i) “Ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible…” (v.23).

(ii) “C’est pourquoi Dieu les a livrés à l’impureté, selon les convoitises de leurs coeurs…” (v.24).

(iii) “… en sorte qu’ils déshonorent eux-mêmes leur propre corps” (v.24) : en réaction au refus des hommes de chérir sa gloire, Dieu a rendu trouble leur rapport au corps et les a livré à des actes par lesquels ils déshonorent eux-mêmes leur propre corps. Le désordre qui règne dans la sexualité du genre humain est un jugement de Dieu pour avoir échangé sa gloire contre l’image de la créature.

II. Deuxième séquence (v.25-27)

(i) “Eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur…” (v.25) : cf. le verset 23 où la gloire de Dieu est échangée contre des images ; la “vérité de Dieu”, c’est qu’il est glorieux et désirable plus que tout autre chose ; le “mensonge” que nous préférons en tant qu’humains c’est que la créature est préférable à Dieu.

(ii) “C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes…” (v.26) : cf. le verset 24.

(iii) “Car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes” (v.26-27) : cf. le verset 24 ; le déshonneur du corps auquel Paul pense au verset 24 doit, à cause de ces versets, être plus particulièrement la pratique homosexuelle. Ainsi, le désordre sexuel, et particulièrement l’homosexualité, serait, selon l’apôtre Paul, un jugement de Dieu pour avoir échangé la vérité de Dieu contre un mensonge.

III. Troisième séquence (v.28)

(i) “Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu…” (v.28) : cf. les versets 23 et 25 où la gloire et la vérité de Dieu sont échangées contre des images de créatures et un mensonge ; ici, cela est réformulé comme le fait que, purement et simplement, les hommes ne veulent pas de Dieu.

(ii) “Dieu les a livrés à leur sens réprouvé…” (v.28) : cf. les versets 24 et 26 ; la réaction de Dieu à l’échange de sa gloire contre des choses de moindre valeur, c’est de nous livrer encore plus à notre propre corruption.

(iii) “… pour commettre des choses indignes” (v.28) : cf. les versets 24 et 26-27 où il est parlé de relations homosexuelles masculines et féminines ; pour Paul, avoir des relations homosexuelles est équivalent au (ou est un exemple du) déshonneur du corps et au fait de commettre des choses indignes.

Conclusion

Le plus grand problème de notre vie, ce n’est pas notre sexualité désordonnée (hétéro- ou homo-sexuelle) mais c’est que nous échangeons la gloire de Dieu contre des images, sa vérité contre un mensonge, que nous ne nous soucions pas de Dieu. Notre problème fondamental ce n’est pas notre sexualité désordonnée, mais c’est plutôt notre adoration désordonnée du seul vrai Dieu.

Le caractère désordonné de notre sexualité (hétéro- ou homo-sexuelle) n’est donc qu’un symptome de notre condition misérable d’hommes déchus. Un tel désordre en nous est une forme de jugement de la part de Dieu parce que nous avons échangé sa gloire pour des substituts de moindre valeur. Ce qui nous amène à la conclusion qu’il est très faux de dire des choses du genre que le SIDA est un jugement de Dieu contre la débauche sexuelle : c’est en effet la débauche sexuelle elle-même qui est la punition.

D’après un sermon de John Piper.





L’idolâtrie : la gloire de Dieu échangée contre des images de créatures (Rm 1.21-23)

9 02 2007

Romains 1.21-23

Les hommes, ayant connu Dieu, retiennent injustement la vérité captive et échangent la gloire de Dieu contre des images de créatures : c’est ce qu’on appelle “idolâtrie”.

I. Cet échange de la gloire de Dieu contre des images de créatures montre que les pensées de l’homme se sont perdus dans la spéculation (v.21)

Ayant connu Dieu, les hommes ne l’ont pas glorifié comme Dieu ni ne lui ont rendu grâces ; au contraire, ils se sont égarés dans leurs spéculations absurdes. Dieu a donné aux hommes la capacité de raisonner, d’imaginer, de spéculer, de penser, de réfléchir afin que nous utilisions cette capacité pour le connaître, pour le glorifier comme Dieu et pour lui rendre grâces. Mais tout ce que nous faisons naturellement de notre intelligence, c’est de spéculer de manière vaine en nous faisant notre propre image de notre propre Dieu.

II. Cet échange de la gloire de Dieu contre des images de créatures montre que le coeur des hommes est dans les ténèbres (v.21)

Les hommes se sont égarés dans leurs spéculations absurdes et leur coeur sans intelligence a été plongée dans les ténèbres. Nos coeurs ne peuvent être dans la lumière que si Dieu l’éclaire (cf. 2 Cor 4.16) puisque nous n’avons pas de lumière en nous-mêmes (cp. Mt 6.22). Mais puisque nous échangeons la réelle gloire de Dieu contre des fausses images que nous nous faisons de Dieu, nous nous séparons de la seule source de lumière qui puisse nous éclairer.

III. Les hommes se croient sages d’échanger la gloire de Dieu contre des images de créatures (v.22)

Les hommes, se vantant d’être sages, sont devenus fous : pour l’homme naturel dont le coeur est dans les ténèbres, il n’y a rien de plus sage que de se faire soi-même son propre Dieu plutôt que de se soumettre au vrai Dieu. De cette façon, l’homme se croit sage, manifestant devant tous sa créativité et son intelligence (cp. avec la déclaration courante d’incroyants “c’est ainsi que je m’imagine Dieu”) et se faisant ainsi dieu au-dessus de son Dieu imaginaire (l’homme devenant celui qui crée son dieu…).

III. En échangeant la gloire de Dieu contre des images de créatures, les hommes se croient sages, mais ils ne manifestent là que leur stupidité (v.22)

Les hommes, se vantant d’être sages, sont devenus fous. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre compte que, premièrement, les hommes ont échangé Dieu contre des créatures, quelque chose d’une valeur infinie (la gloire de Dieu) contre quelque chose d’une valeur limitée, et que, deuxièmement, les hommes ont échangé la gloire du Dieu incorruptible contre des images de créatures corruptibles… Un beau marché de dupes !

D’après un sermon de John Piper.





La manifestation de Dieu dans la création rend tous les hommes inexcusables (Rom 1.18-21)

2 02 2007

Romains 1.18-21

Il y a quelques semaines (avant d’étudier 2 Pierre) nous nous étions arrêtés au verset 18 de Romains 1 ; nous avions alors vu que les pécheurs que nous étions avions besoin du don gratuit de la justice de Dieu (v.16-17) pour la raison que “la colère de Dieu se révèle du haut du ciel devant toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent la vérité captive”. Une question qui se pose, c’est de savoir si cela s’applique aux personnes qui n’ont pas entendu l’Evangile : est-ce que Dieu est aussi en colère contre eux pour avoir supprimé la vérité le concernant s’ils n’ont jamais entendu l’Evangile ? La réponse de Paul, c’est que Dieu est effectivement en colère contre eux et qu’ils ont aussi besoin d’un Sauveur.

I. La puissance et la divinité de Dieu sont évidentes (v.19-20)

La raison de Paul pour dire que la puissance et la divinité de Dieu sont évidentes pour tous les hommes sans exception, c’est que “Dieu les leur a fait connaître” (v.19). Comment ça ? “Quand on les considère dans ses ouvrages” (v.20). La puissance éternelle de Dieu et sa divinité – ce qu’on peut connaître de Dieu – a toujours pu, depuis la création du monde, être considérées dans ses ouvrages : la création du monde est la preuve évidentes et manifestes de la divinité et de la puissance de Dieu.

II. Par conséquent, tous les hommes ont connu Dieu (v.21)

Dieu a manifesté dans la création pour eux tout ce qu’on peut connaître naturellement de lui (sa puissance éternelle et sa divinité). C’est pourquoi Paul explique que les hommes sont des “ayant connus Dieu” (v.21) : tous les hommes sans exception connaissent Dieu d’une certaine façon – il leur suffit d’observer la nature pour savoir que Dieu est puissant, éternel et divin.

III. Pourtant, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu (v.21)

Ayant connus Dieu (tous sans exception), ils ne l’ont pourtant pas reconnu comme leur Dieu ni ne lui ont rendu grâce. En fait, personne sur cette terre ne rend à Dieu la gloire et la gratitude qu’il mérite : nous supprimons de nos consciences la vérité que Dieu mérite d’être au centre de notre vie.

Conclusion : tous les hommes sont inexcusables (v.20)

Paul nous explique dans ce passage que même les hommes qui n’ont jamais entendu l’Evangile ont besoin d’un sauveur parce qu’ils ont eux aussi supprimé la vérité concernant Dieu qui est visible et manifeste dans la création. Ils ont donc eux aussi besoin de l’Evangile, même s’ils connaissent Dieu d’une certaine façon, ils sont sous sa colère et ont besoin d’être justifiés par la foi.

D’après un sermon de John Piper.





La colère de Dieu contre ceux qui retiennent la vérité captive (Rom 1.18)

24 11 2006

Romains 1.18

I. La vérité que nous retenons captive.

La vérité que, par nature, nous retenons captive c’est que Dieu existe (v.19), qu’il est éternel et infiniment puissant, que c’est de lui que nous recevons tout ce que nous avons (v.20). La vérité que nous supprimons, c’est que notre raison d’être, c’est de lui être reconnaissant pour tout ce qu’il nous donne et de le glorifier par nos pensées, nos sentiments, nos paroles et nos actes (v.21, cp. Ps 50.23).

Autrement dit, la vérité que nous cherchons à supprimer, c’est que l’univers est radicalement centré sur Dieu. L’univers a été créé par Dieu et existe pour manifester la gloire de Dieu. C’est pourquoi les hommes sont censés glorifier Dieu en le mettant au centre de leur vie – non en cherchant à travailler pour Dieu comme s’il lui manquait quelque chose, mais en étant reconnaissant envers lui pour ce qu’il nous donne et en nous réjouissant de toute la grâce qu’il nous accorde. Le v.21 nous donne les deux grands devoirs de l’homme : (i) nous devons nous réjouir de la bonté que Dieu manifeste à notre égard, nous lui devons reconnaissance ; (ii) nous devons refléter, manifester sa gloire. Cela veut dire que Dieu a créé un univers où nous recevons des bénédictions et où il reçoit la gloire. Et Dieu est glorifié lorsque nous nous réjouissons de lui parce qu’il est le généreux donateur de toutes choses.

II. Nous retenons cette vérité captive par notre injustice.

Nous ne rendons pas grâce à Dieu et nous ne le glorifions pas parce que nous sommes injustes. Autrement dit, notre impiété est la conséquence de notre injustice. Ailleurs dans les Ecritures, nous lisons d’ailleurs que ceux qui sont séduits par l’iniquité périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés mais qu’ils ont pris plaisir à l’injustice (2 Th 2.10-12). Donc la raison pour laquelle nous rejetons la vérité, c’est parce que nous aimons l’injustice. Si nous aimons le péché, nous ne pouvons pas aimer la vérité et nous chercherons à la supprimer.

Ainsi, la question de la vérité est plus une question morale qu’une question intellectuelle. Si mon coeur aime l’indépendance, l’auto-exaltation et les plaisirs du péché, alors mon esprit cherchera inévitablement à tordre la vérité, à la supprimer afin de protéger les idoles de mon coeur. Pour que nous changions, il ne faut donc pas seulement réformer notre intelligence, il faut d’abord qu’un nouveau coeur nous soit donné avec des nouvelles passions et des nouveaux désirs (cp. Jn 3.19-21).

Conclusion : notre faiblesse n’est pas intellectuelle mais morale.

La raison pour laquelle nous supprimons de notre esprit la vérité concernant Dieu, ce n’est pas parce que nous sommes faibles intellectuellement, mais parce que nous le sommes moralement. Nous aimons notre péché, notre capacité à nous déterminer nous-mêmes et c’est pourquoi nous supprimons la vérité que Dieu est Dieu, que nous dépendons de lui et que notre vie sert à le glorifier.

Et c’est pourquoi la colère de Dieu se révèle du ciel. Il est en colère parce que dans notre amour pour l’injustice nous supprimons la vérité de sa gloire, de sa puissance, de sa divinité, de sa bonté. C’est pourquoi nous devrions trembler.

D’après un sermon de John Piper.





La colère de Dieu contre l’impiété et l’injustice (Rom 1.18)

17 11 2006

Romains 1.18

I. Nous avons besoin de l’Evangile parce la colère de Dieu est révélée.

Au versets 16-17, Paul parle de la justice de Dieu qui se révèle dans l’Evangile. Au verset 18, il parle de la colère de Dieu qui est révélée du haut du ciel. Il y a un lien de cause à effet entre ces versets : Nous avons besoin de l’Evangile comme puissance de salut pour ceux qui croient car sinon nous sommes sous la colère de Dieu qui se révèle depuis le ciel. Le but de Paul à partir du verset 18 (1.18-3.20) est de nous parler du péché afin que nous comprenions de quoi l’Evangile nous sauve. Nous sommes injustes (v.18) mais Dieu révèle sa justice (v.17), c’est pourquoi nous avons besoin d’un Evangile qui nous sauve (v.16).

II. La colère de Dieu de Dieu contre l’impiété et l’injustice se manifeste de trois façons.

La colère de Dieu contre l’impiété et l’injustice est révélée du ciel. L’épître aux Romains nous montre trois façons par lesquelles Dieu manifeste sa colère.

1. La mort des hommes manifeste la colère de Dieu.

La mort est le jugement de Dieu contre l’impiété et l’injustice de l’humanité qui est en Adam. En Romains 5.15 nous lisons que “par la faute d’un seul [Adam], la multitude a connu la mort” et au verset suivant, la mort est considérée comme un jugement et une condamnation de Dieu : “Le jugement, à partir d’un seul, aboutit à la condamnation” et au verset 18 : “par une seule faute, la condamnation s’étend à tous les hommes”. Donc en Romains 5, la mort humaine est considérée par Paul comme un jugement de Dieu contre ceux qui sont en Adam.

2. La futilité et la souffrance de la vie des hommes manifestent la colère de Dieu.

La futilité de la vie et les souffrances que nous y trouvons sont un jugement de Dieu contre l’impiété et l’injustice de l’humanité. En Romains 8.18-20, nous trouvons que les souffrances sont inévitables dans ce monde (v.18) pour la raison que la création a été soumise à la futilité (v.20). Ce verset déclare que c’est Dieu qui a soumis la création à la futilité, car celui qui l’y a soumise l’a soumise à la futilité avec une espérance (ce que ni Satan, ni Adam n’aurait pu faire par leur péché). La futilité de la vie et les souffrances qui en découlent sont un jugement de Dieu qui manifeste sa colère.

3. L’embourbement progressif des hommes dans le péché manifeste la colère de Dieu.

Nous voyons en Romains 1.24-28 que Dieu livre les hommes à leurs propres convoitises. Par trois fois, nous trouvons que “Dieu les a livré à l’impureté, par les désirs de leur coeur, de sorte qu’entre eux ils déshonorent leur propre corps” (v.24), que “Dieu les a livrés à des passions déshonorantes” (v.26) et que “Dieu les a livrés à leur manque de jugement” (v.28).

D’après un sermon de John Piper.





Comment l’Evangile sauve les croyants ? (Rom 1.16-17)

10 11 2006

Romains 1.16-17

I. L’Evangile nous dit de quoi nous avons besoin d’être sauvés.

L’Evangile est la puissance qui sauve les croyants de la colère de Dieu (Rom 2.5, 5.9). Comment l’Evangile nous sauve-t-il de la colère de Dieu ? Le verset 17 nous dit que l’Evangile est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit parce qu’en lui – dans l’Evangile – est révélée la justice de Dieu.

Le problème, c’est que la justice de Dieu punit l’injustice des hommes. Donc l’Evangile qui révèle la justice d’un Dieu qui nous punit n’est pas à première vue une si bonne nouvelle que cela. Nous sommes injustes et nous supprimons injustement la vérité et donc nous sommes sous la condamnation de Dieu (Rom 1.18).

Dieu exige de nous que nous soyons justes. C’est sa nature d’exiger cela de nous et c’est ce que sa loi – qui exprime sa nature – nous ordonne. Il est juste. Mais nous ne le sommes pas. Nous sommes donc coupables devant Dieu, condamnés par lui, séparés de lui et sans consolation dans ce monde. Alors en quoi l’Evangile est-il une bonne nouvelle s’il révèle la justice de Dieu qui nous condamne ?

II. L’Evangile sauve les croyants en leur révélant la justice de Dieu – par la foi.

La bonne nouvelle, l’Evangile, c’est que la justice que Dieu exige de nous, il nous l’impute lui-même. L’Evangile est la puissance de Dieu pour le salut des croyants parce que, jour après jour tout au long de nos vies, nous y voyons clairement la bonne nouvelle de la mort et de la résurrection de Christ qui sert de substitut à la justice que Dieu exigeait de nous.

L’Evangile manifeste donc la justice de Dieu non seulement en ce qu’il nous révèle ce dont nous avons besoin d’être sauvés (dans sa justice, Dieu est en colère contre les injustes que nous sommes) mais aussi en ce qu’il nous révèle comment Dieu nous sauve de notre injustice : c’est en mettant à notre crédit la justice de Christ.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Paul cite Habacuc 2.4 au verset 17. La justice de Dieu est “selon qu’il est écrit : le juste vivra par la foi”. La justice de Dieu est manifestée en ce que le juste vivra par la foi. La justice de Dieu consiste en ce qu’il met sa propre justice au crédit de l’homme qui vit par la foi. La justice de Dieu est donc révélée par l’Evangile, car c’est par l’Evangile que cette justice est donnée gratuitement aux pécheurs. La justice de Dieu dont parle ici Paul est la justification du croyant (cp. Rom 3.20-21 où justification du croyant et justice de Dieu sont équivalent).

III. L’Evangile sauve les croyants en affermissant leur foi.

La justice de Dieu est révélée “par la foi et pour la foi”. L’Evangile est la puissance pour le salut de ceux qui croit et qui continue à croire (il s’agit d’un temps continu en grec) ; de même la justice de Dieu qui est révélée par la foi a pour but d’affermir la foi de ceux qui ont déjà la foi. Ce qui sauve, c’est une foi persévérante. Et l’Evangile est ce qui nous permet de persévérer dans la foi. L’Evangile sauve les croyants en affermissant leur foi et en les faisant ainsi persévérer. Par l’Evangile il nous est rappelé chaque jour que nous ne pouvons pas nous tenir devant lui avec notre propre justice, mais seulement avec sa propre justice qu’il met à notre compte par sa grâce. Par l’Evangile notre foi est renouvellée et maintenue. Par l’Evangile, nous savons que Dieu nous aidera dans cette vie et qu’il nous sauvera de la colère à venir, car il nous assure chaque jour par l’Evangile (qui est le message de la Bible toute entière) qu’il nous accepte en sa présence non à cause de notre justice mais grâce à la sienne.

Donc, à chaque fois que la Bible exige quelque chose de nous, nous ne devrions pas penser : “Je dois faire cela afin de me faire pardonner ou pour être juste aux yeux de Dieu”. Au contraire, nous devrions plutôt penser : “Je vais le faire parce que je suis déjà pardonné, que Dieu m’a déjà déclaré juste de sa justice, et donc je sais que Dieu est pour moi et qu’il m’assistera. Donc je vais lui faire confiance, je vais prendre le risque de lui obéir et manifester ainsi dans ma vie la gloire de Dieu. Je serai alors de plus en plus proche de lui dans la communion avec ses souffrances et dans la joie de sa présence à mes côtés”.

D’après trois sermons de John Piper : 1, 2, 3.





Du Juif d’abord, mais aussi du Grec… (Rom 1.16)

3 11 2006

Romains 1.16

I. Paul annonce que le salut est pour tous ceux qui croient…

L’Evangile est la puissance pour le salut de quiconque croit ! Tous ceux qui croient seront sauvés ! Peu importe ce qui ne va pas en nous : ce n’est ni notre famille, ni notre milieu social, ni notre éducation, ni notre langage, ni notre appartenance ethnique, ni notre culture, ni notre orientation sexuelle, ni notre déchéance morale qui pourront nous exclure de la possibilité du salut. La seule chose qui nous en exclut, c’est de ne pas croire en Jésus. Mais pour tous ceux qui croient, Juifs ou Grecs, civilisés ou non, l’Evangile est la puissance pour le salut. Mais alors, pourquoi Paul dit-il que l’Evangile est d’abord pour les Juifs ?

II. …mais qu’il est pour les Juifs d’abord…

Les Juifs sont le peuple élu historique de Dieu choisi en Abraham (Ge 12, Néh 9.7, Dt 14.2, Am 3.2, Rm 11.28-29, cf. Dt 7.7-8). C’est eux que Dieu a choisi pour être les dépositaires de la révélation spéciale de Dieu : l’Ancien Testament (Rm 3.1-2, 9.4) qui témoignait déjà de Christ. Ils ont ainsi eux accès à l’Evangile avant les païens. De plus, Jésus Christ était lui-même issu, selon la chair, des Juifs (Rm 9.5, 1.3) : il était Juif venu d’abord pour les Juifs (Mt 10.5-6, 15.24). Donc pendant sa vie sur terre, ce sont les Juifs d’abord qui ont pu voir Jésus-Christ accomplir ses oeuvres.

C’est pourquoi, il est dit que le salut vient des Juifs (Jn 4.22) : Israël est comme un olivier sur lequel ceux qui entrent dans la nouvelle alliance sont greffés (Rm 11.17-24). Les païens qui ont foi en Jésus sont ainsi incorporés au vrai Israël et deviennent participant aux promesses faites à Abraham, et sont eux-mêmes déclarés descendants d’Abraham (Gal 3.7). L’ordre normal des choses est donc que les Juifs physiques soient ceux à qui l’Evangile est annoncé en premier (Ac 13.46) car ce sont eux qui seront d’abord jugés ou récompensés au dernier jour (Rm 2.9-10, cf. Lc 12.48).

Les Juifs, pourtant, ne sont pas plus justes ou plus méritants que les païens (Rm 3.9-10, 22-23). Les Juifs et les Grecs sont sauvés exactement de la même façon : par la foi (Rm 3.29-30, 10.12-13). Les Juifs ne sont en fait pas même pas plus participants à l’alliance de grâce que nous, païens (Eph 2.12-13, 18-19, 3.4-6). Le salut est pour le Juif d’abord, mais aussi pour le Grec !

III. … afin d’humilier tout le monde !

Pourquoi Paul déclare-t-il que l’Evangile est la puissance pour le salut de quiconque croit, pour le Juif d’abord mais aussi pour le Grec ? A la lumière de Romains 11.17-32, on se rend compte que le but de Paul c’est que les Juifs comme les païens restent humble, que leur salut dépend de la miséricorde et de la grâce de Dieu et non pas de leur appartenance ethnique.

Paul rappelle aux païens que le salut vient des Juifs, que nous sommes sauvés par le salut qui vient d’un petit peuple sémitique méprisé. C’est pourquoi : “Si tu fais le fier, n’oublie pas toi qui porte la racine mais que c’est la racine qui te porte” (Rm 11.18). Les païens ne sont sauvés qu’en devenant spirituellement juifs (Rm 2.28-29) si bien que nous n’avons aucune raison de nous glorifier et que la gloire de notre salut revient à Dieu seul.

Mais en ce qui concerne les Juifs, ils sont également remis à leur place : le salut n’est pas seulement pour ceux qui sont extérieurement Juifs. En fait, Dieu pourrait prendre des pierres pour en faire des enfants d’Abraham (Mt 3.9) et c’est ce qu’il a fait avec nous païens. Le moindre des païens qui croit en Jésus est tout aussi sauvé que le meilleur des Juifs qui croient en Jésus. Paul aide ainsi les Juifs à rester humbles et à ne se prévaloir d’aucun de leurs privilèges pour démontrer qu’ils sont meilleurs !

D’après un sermon de John Piper.





L’Evangile est la puissance de Dieu pour le salut (Rom 1.16)

27 10 2006

Romains 1.16

1. La puissance de l’Evangile est ce qui nous libère de la honte.

Jésus a triomphé de la honte en ayant en vue la joie qui lui était réservée. De même ici, Paul n’a pas honte de l’Evangile car c’est la puissance pour le salut qui nous conduit dans la félicité éternelle, dans la présence du Dieu de sainteté et de gloire. Se rendre compte de cela doit nous rendre fier de l’Evangile, car son message est ce qui permet à des millions de personnes d’être sauvés et de vivre pour l’éternité dans la joie de Dieu.

2. Le salut dont Paul parle dans ces versets est encore à venir.

Le mot “salut” dans ce verset doit être ici défini comme le triomphe final de l’Evangile qui amène les croyants à la sécurité et à la joie éternelles dans la présence du Dieu de sainteté et de gloire. Le salut est donc ici considéré comme un événement futur et cela est également vrai aussi bien dans les autres écrits de Paul (2 Thess. 2.13, 2 Cor. 7.10, 2 Tim 3.15) que chez les autres auteurs du Nouveau Testament (Héb 9.28, 1 P 1.5). Quelques chapitres plus tard, Paul écrit d’ailleurs : ” A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang [c'est l'aspect présent du salut], serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés [c'est l'aspect présent du salut], serons-nous sauvés par sa vie” (Rom 5.9-10). Autrement dit, l’expérience définitive du salut est encore à venir : “maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru” (Rom 13.11).

3. La condition du salut est de continuer à croire.

L’Evangile est la puissance pour le salut de quiconque croit. Ce qui est intéressant à noter dans la langue originale – et qui n’est pas traduit dans les traductions françaises – c’est que le temps utilisé pour le verbe croire est un temps progressif (ou continu) qui souligne la poursuite de l’action : l’Evangile est la puissance pour le salut de quiconque continue de croire. L’Evangile n’est donc pas seulement pour le début de la vie chrétienne (cf. 1 Cor 15.1-2), car c’est la vérité qui nous conduira, si nous y demeurons attachés jour après jour, à la sécurité et à la joie éternelles dans la présence de Dieu de sainteté et de gloire.

4. L’Evangile est utile aussi pour les croyants.

Paul voulait prêcher l’Evangile aux chrétiens de Rome (v.15), pour la raison qu’il n’a pas honte de l’Evangile, parce que c’est la puissance pour le salut de quiconque continue à croire. C’est la puissance de Dieu pour le salut parce que c’est la seule vérité qui ne nous laissera pas tomber à travers les épreuves. C’est ce qui nous soutiendra au travers des tentations, de la persécution, de la mort et du jugement qui précèdent la sécurité et la joie éternelles dans la présence du Dieu saint et glorieux.

D’après un sermon de John Piper.





Pas honte de l’Evangile (Rom 1.16)

20 10 2006

Romains 1.16

I. De quoi avons-nous honte ?

Lorsqu’on fait du karting et qu’on termine dernier de la course, c’est un peu la honte… Ou lorsqu’on est invité à une soirée et qu’on se pointe là-bas sans avoir vu sur le carton d’invitation qu’une tenue correcte était exigée, c’est aussi la honte ! Ou lorsqu’on a des amis qui se comportent d’une façon odieuse dans la rue, on peut avoir honte de les connaître. Ou lorsqu’on a un tout petit rôle dans une pièce de théâtre et qu’on se retrouve sur scène avec un trou de mémoire devant 400 personnes, c’est tellement la honte qu’on peut avoir envie de disparaître de la planète ! Bref, nous avons honte lorsque nous nous retrouvons dans des situations qui nous déshonorent, qui entachent notre réputation. Ainsi, lorsque nous ne voulons pas avoir honte, il suffit de garder sa réputation intacte, de toujours se présenter sous son meilleur jour. Est-ce que c’est ce que Paul dit ici lorsqu’il dit ne pas avoir honte de l’Evangile ? Ce n’est pas comme cela qu’il faut comprendre la phrase de Paul car :

II. L’Evangile est une cause d’humiliation…

L’expérience de Paul, c’est que croire et annoncer l’Evangile peut conduire à des situations où nous serons publiquement humiliés (cf. 2 Cor 11.23-26) et qui justement peuvent nous faire ressentir de la honte.

Paul reconnaissait qu’il avait une dette envers tous les hommes (v.14) et qu’il ne pouvait s’en acquitter qu’en leur annonçant l’Evangile (v.15). Malheureusement, peu de personnes croient lorsqu’on leur annonce l’Evangile, qui demeure pour les perdus un scandale et une folie (cf. 1 Cor 1.22-23). C’est pourquoi, Paul était souvent :

III. Humilié… mais pas honteux !

Lorsque Paul déclare qu’il n’a pas honte de l’Evangile, même si l’Evangile est pour lui une cause d’humiliation continuelle, il est en fait en train d’imiter Jésus qui, “en vue de la joie qui lui était proposée, a enduré la croix, méprisant la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu” (Héb 12.2). Jésus a méprisé la honte en vue de la joie à venir. Alors que Jésus était humilié, il n’a pas eu honte de son Dieu et Père. Pour quelle raison ? Parce que Dieu avait la puissance de le ressusciter et de lui donner la bienheureuse gloire d’être à sa droite pour l’éternité.

De même, Paul déclare qu’il n’a pas honte de l’Evangile – même si en fait cela lui attire des moqueries et des oppositions bien humiliantes. Alors pourquoi Paul n’a-t-il pas honte de l’Evangile ? C’est parce que c’est la “puissance de Dieu pour le salut”.

Application : Comment vaincre le sentiment de honte qui peut nous assaillir lorsqu’on nous humilie parce que nous croyons et annonçons l’Evangile ? C’est en considérant que l’Evangile est la puissance qui apporte le pardon aux pécheurs et qui leur permet d’accéder à la vie éternelle. Nous pourrons être incompris, nous pourrons être humiliés, nous pourrons souffrir, mais nous n’aurons plus honte. Si nous avons en vue la joie à venir, alors nous prendrons notre croix, nous suivrons Jésus, et lorsque nous serons humiliés, nous mépriserons la honte.

Quand on essaiera de nous nous faire honte pour la raison que nous annonçons l’Evangile et qu’on nous accusera d’être intolérant et arrogant – parce que nous prétendons détenir la vérité – nous devrons fermement nous rappeler qu’il n’y a qu’un seul chemin qui mène au père (Jn 14.6), un seul sauveur (Ac 4.12) et que l’Evangile est la seule puissance capable de faire entrer des pécheurs dans la joie du Père.

D’après un sermon de John Piper.





La dette de Paul (Rom 1.11-15)

18 10 2006

Romains 1.11-15

I. La dette de Paul, c’est d’annoncer l’Evangile

Ce que déclare Paul au v.14, c’est qu’il a une dette envers tous les hommes (civilisés ou non, intelligents ou non). Et ce qu’on voit au v.15, c’est qu’il paie sa dette envers eux en leur annonçant l’Evangile. Pourquoi Paul considère-t-il qu’il a une dette envers tous les hommes ?

Il faut noter que Paul n’a pas ici de dette envers Dieu, mais seulement envers les hommes. Cela est normal, car si la grâce de Dieu devait être remboursée, ce ne serait plus une grâce. La grâce, c’est en fait plutôt ce qui efface notre dette à l’égard de Dieu et que nous avions contracté préalablement – en lui volant sa gloire. La grâce de Dieu ne nous rend pas débiteur envers Dieu, mais envers tous ceux qui ont autant besoin de grâce que nous. Pourquoi cela ? C’est parce que, si, lorsque nous recevons la grâce de Dieu, nous n’annonçons pas à notre tour l’Evangile de grâce dont les autres ont besoin, c’est comme si nous considérions que ces personnes ne méritent pas qu’on leur annonce la bonne nouvelle, alors que nous, nous le méritions ! Mais lorsqu’on pense qu’on mérite la grâce de Dieu, on rend manifeste le fait qu’on a rien compris à la grâce. Etre quelqu’un d’éduqué et d’intelligent ne nous fait pas mériter la grâce de Dieu. Et être ignorant ou stupide n’élimine pas toute chance de salut.

Paul ne doit donc pas quelque chose aux autres parce que ceux-ci le méritent. Personne ne mérite d’être sauvé. Personne ne mérite de recevoir la grâce de Dieu. Paul doit quelque chose aux autres parce que ceux-ci ne méritent rien, et parce que lui-même ne méritait rien et que pourtant Dieu lui a fait grâce. Et il s’acquitte de sa dette en donnant gratuitement ce qu’il a reçu gratuitement.

II. Le désir de Paul, c’est de venir à Rome annoncer l’Evangile aux croyants.

Au v.15, nous voyons Paul veut rencontrer les chrétiens de Rome pour leur annoncer la bonne nouvelle. Paul veut annoncer l’Evangile à des croyants ! Pourquoi cela ? C’est parce que son but est d’amener les nations à l’obéissance de la foi (v.5). Et l’obéissance de la foi vient de la foi – la foi en la grâce gratuite de Dieu par Jésus-Christ. Et la foi vient de ce qu’on entend par l’Evangile de Christ (Rom 10.17). La prédication de l’Evangile, c’est ce qui a produit en nous la foi qui sauve. Et la prédication de l’Evangile, c’est aussi ce qui produit en nous l’obéissance de la foi.

Le but de Paul, ce n’est pas seulement la conversion des païens – leur foi, c’est aussi leur sanctification (Rom 15.15-16) – leur obéissance de la foi (v.5). Et la façon dont il atteint son but, c’est en servant l’Evangile (Rom 15.16) et en l’annonçant à nouveau aux chrétiens pour réveiller leur souvenir de la grâce de Dieu (Rom 15.15).

III. La raison pour laquelle Paul désire venir à Rome, c’est l’édification mutuelle.

Au v.11-13, Paul explique aux Romains qu’il compte les rencontrer pour qu’ils puissent s’encourager mutuellement. Cela signifie qu’il n’y a pas que les prédicateurs qui sont chargés d’annoncer l’Evangile aux autres chrétiens (comme aux non-croyants d’ailleurs). Même l’apôtre Paul espérait être encouragé par les gens normaux de l’église de Rome ! Alors nous-mêmes qui sommes bien plus petits que Paul, à combien plus forte raison pouvons-nous nous encourager les uns les autres afin de nous inciter mutuellement, par l’utilisation des dons de spirituels (Rom 1.11, 12.6-8), à mieux comprendre l’Evangile de Jésus-Christ et à produire ainsi l’obéissance de la foi, car c’est ainsi que nous nous acquittons de notre dette d’amour (Rom 13.8) les uns envers les autres.

D’après un sermon de John Piper.








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